Se fier aux cycles du marché ou non?

October 20, 2017 Patrick Ercolano

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Il y a bientôt dix ans, les marchés nord-américains s’enfonçaient, emportés par la crise financière de 2007-2008. Aujourd’hui, les indices américains frôlent des sommets historiques et il est raisonnable de se demander si le cycle en cours touche à sa fin. La phase haussière peut-elle se prolonger encore bien longtemps?

La réponse facile à cette question consisterait à dire que les cycles du marché ont leur propre rythme, surtout lorsqu’on les envisage dans une perspective mondiale plutôt que simplement nord-américaine.

Pas de calendriers fixes pour les marchés mondiaux

En Europe, au cours des 10 dernières années, les investisseurs ont dû traverser une récession à double creux et la reprise ne s’est amorcée qu’en 2012. Le cycle actuel n’y est donc en cours que depuis cinq ans.

Les investisseurs japonais se trouvent dans un autre continuum temporel! Malgré une reprise vigoureuse depuis 2012, les marchés boursiers japonais ne sont toujours pas revenus à leur sommet de la fin des années 1980. Le cycle actuel dure donc depuis 30 ans, et se poursuit!

Des facteurs sous-jacents globalement encourageants

La réponse plus complexe à notre question est qu’au bout du compte, ce sont les interactions entre les facteurs économiques fondamentaux qui animent les marchés : croissance, bénéfices, taux d’intérêt, etc. Or, les conditions actuelles continuent pour la plupart de soutenir les marchés boursiers mondiaux.

Les économies de la zone euro ont finalement réussi à conforter leurs assises et sont à notre avis sur une lancée durable dans un contexte où le risque politique tend à s’estomper.

Du côté américain, il existe bien une possibilité ténue de récession au cours des 12 prochains mois, mais l’augmentation des bénéfices des sociétés appuie le maintien des évaluations élevées.

À l’échelle mondiale, les taux d’intérêt suivent une tendance générale à la hausse modérée. L’inflation mondiale suit une courbe ascendante depuis un an, mais elle reste nettement inférieure aux taux cibles des banques centrales. Le resserrement des politiques monétaires, Réserve fédérale en tête, se poursuivra, mais à un rythme lent et mesuré.

La grande différence entre la situation actuelle et celle de l’an dernier à la même date réside dans la volonté exprimée par d’autres banques centrales de retirer les mesures d’urgence mises en œuvre dans le sillage de la crise financière. Les deux majorations de taux d’intérêt de la Banque du Canada, par exemple, ont contribué à la remontée du dollar canadien par rapport à la plupart des autres devises, dont le dollar américain, mais elles ont miné le rendement des actions étrangères pour les investisseurs canadiens.

Les taux de rendement des titres à revenu fixe demeurent structurellement très bas, ce qui va dans le sens de notre préjugé favorable aux actions, lui-même attribuable à l’amélioration au cours des neuf derniers mois des résultats des sociétés dans tous les pays et secteurs.

Une diversification mondiale justifiée

Le rendement des marchés et portefeuilles canadiens n’est en rien comparable à la poussée spectaculaire des marchés américains et il a traîné toute l’année derrière celui de la plupart des autres marchés du monde à cause de facteurs allant des prix de l’énergie aux évaluations boursières relativement faibles.

Au cours du dernier trimestre, nous avons assisté au retour de l’expansion économique synchronisée, un facteur favorable aux actions et à la croissance, tant au Canada qu’à l’étranger, et pas seulement aux États-Unis. Les actions de marchés émergents ont aussi amorcé une remontée après quelques années de rendements inférieurs à la moyenne.

Alors cette phase haussière : simple ralentissement ou retour à la case zéro?

La phase haussière en cours a survécu au Brexit, aux salves d'échanges intempestifs sur Twitter, aux multiples catastrophes naturelles, aux actes terroristes, aux faits alternatifs et à la menace nucléaire constante. Quels que soient les événements imprévisibles susceptibles de faire décrocher (ou non) les marchés, sur une période de 12 mois, les cours boursiers tendent à revenir au niveau dicté par les facteurs économiques fondamentaux sous-jacents.

Or, puisque les facteurs fondamentaux continuent de reposer sur des bases solides, nous pensons que les marchés boursiers devraient continuer d’offrir un rendement supérieur à celui des titres à revenu fixe pendant un certain temps, même si l’époque des rendements supérieurs à 10 % est probablement révolue.

Patrick Ercolano

Patrick Ercolano, CFA, MBA, est gestionnaire de portefeuille principal au sein de Gestion de placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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