Sans surprise, la Banque du Canada maintient son taux de financement à un jour

May 31, 2019 Wesley Blight

           

Encore une fois, la Banque du Canada n’a surpris personne et a maintenu son taux de financement à un jour à 1,75 %, une décision qui s’inscrit dans la tendance des derniers mois.

Dans son annonce de cette semaine, la Banque souligne que les données récentes sur l’économie canadienne cadrent avec les projections formulées dans le Rapport sur la politique monétaire d’avril. La Banque juge aussi que le ralentissement de la fin de 2018 et du début de 2019 était temporaire et qu’une reprise s’est engagée au deuxième trimestre de 2019.

L’annonce n’a eu que des effets minimes sur les marchés.

Reprise du secteur pétrolier et forte croissance de l’emploi

Après l’instabilité de l’automne dernier, le secteur pétrolier commence à se relever et la production est à la hausse. La situation s’améliore dans le secteur du logement : les indicateurs se stabilisent à l’échelle nationale malgré la faiblesse dans quelques régions. La progression de l’emploi demeure forte, ce qui donne à penser que les baisses récentes étaient de simples accidents de parcours. Les dépenses de consommation, les exportations et les investissements des entreprises se sont aussi raffermis, mais il ne faut pas oublier que les stocks ont augmenté fortement au premier trimestre, ce qui peut peser sur la croissance de la production.

Les tarifs nuisent aux exportations canadiennes

Rien n’a changé spectaculairement au sein de l’économie mondiale, qui évolue comme prévu. Les conflits commerciaux accentuent l’incertitude et les restrictions commerciales imposées par la Chine ne sont pas sans effet, notamment sur les exportations canadiennes de canola. Par ailleurs, l’abolition récente des tarifs américains sur l’acier et l’aluminium et la ratification possible de l’ACEUM auront assurément des conséquences positives sur les exportations et les investissements canadiens.

Les données économiques récentes renforcent le point de vue de la Banque qui estime que le ralentissement de la fin de 2018 et du début de 2019 n’était que temporaire. À propos justement des données économiques, la Banque a répété qu’elles continueraient d’être à la base de ses décisions de politique monétaire et qu’elle accorderait une attention particulière à l’évolution des dépenses des ménages, des marchés pétroliers et de l’environnement commercial international.

L’inflation demeure inférieure au taux cible de la Banque

Concrètement, qu’est-ce que tout cela signifie? L’inflation globale a graduellement augmenté pour atteindre le taux cible de 2,0 % fixé par la Banque. Le taux d’inflation de base (1,5 %), qui exclut les produits aux prix plus volatils comme l’énergie, reste cependant inférieur au taux cible. Parmi les facteurs qui pourraient stimuler l’inflation, mentionnons une croissance économique plus forte que prévu aux États-Unis, une augmentation de la consommation au Canada et un apaisement des tensions commerciales mondiales.

L’augmentation des dépenses de consommation pourrait aussi contribuer à l’inflation, car les taux d’emprunt demeurent bas et l’emploi reste dynamique. Ce risque de hausse de l’inflation est contrebalancé par l’incertitude créée par les conflits commerciaux en cours et leurs effets sur les dépenses prévues des entreprises et les conditions financières mondiales.

Peu de réactions sur les marchés, mais la courbe des taux de rendement est révélatrice

L’indice composé S&P/TSX était en baisse en début de séance et est demeuré relativement stationnaire le reste de la journée. Dans le sillage de l’annonce, le dollar canadien s’est aussi légèrement déprécié par rapport au dollar américain et aux autres devises fortes.

Nous observons avec intérêt que la courbe des taux de rendement des obligations canadiennes est actuellement inversée et que les acteurs du marché s’attendent à ce que la Banque du Canada réduise ses taux d’intérêt clés d’ici la fin de l’année. C’est donc dire que les taux d’emprunt à court terme sont actuellement plus élevés que les taux à long terme. J’en déduis qu’il serait très difficile pour la Banque du Canada de majorer ses taux dans un proche avenir et que la croissance économique au Canada sera probablement freinée par des vents contraires, des résultats qui contrasteront avec les actuels résultats à court terme transitoires.

Dans l’ensemble, l’annonce de la Banque ne nous réservait donc aucune surprise. Comme toujours, nous continuerons d’évaluer l’état des marchés et, le cas échéant, d’apporter des changements. Pour obtenir des précisions sur l’annonce de la Banque du Canada ou sur votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD.

A propos de l'auteur

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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