Hausse du taux de la Banque du Canada : signe d’une économie canadienne en santé

July 13, 2018 Wesley Blight

 

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Comme la plupart des observateurs s’y attendaient, la Banque du Canada a relevé le 11 juillet 2018 son taux directeur de 0,25 % pour le porter à 1,50 %. La Banque a invoqué une solide croissance mondiale conforme aux prévisions; la vigueur des exportations canadiennes soutenues par la forte demande mondiale et par l’augmentation des prix des produits de base; l’augmentation des investissements des entreprises canadiennes et la stabilisation du marché du logement au pays.

Cette majoration est la quatrième depuis juillet 2017. Selon le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, elle était nécessaire pour maintenir l’inflation au taux cible de 2,0 % fixé par la Banque. La décision est dans une large mesure conforme aux annonces précédentes de la Banque et laisse présager de nouvelles majorations dans les 12 prochains mois.

Une décision soutenue par les statistiques

Voici quelques-uns des motifs qui expliquent la décision de la Banque du Canada :

  1. L’économie canadienne continue de tourner presque à plein régime et, selon les prévisions, la croissance à venir amènera l’économie au-delà de son potentiel.
  2. La transition de l’économie canadienne d’une croissance tributaire des dépenses des ménages à une croissance attribuable en plus grande partie aux exportations et aux dépenses des entreprises est bien engagée et devrait se poursuivre.
  3. Le marché de l’emploi demeure sain, avec un taux de chômage stable et près de son plus bas niveau des 40 dernières années.
  4. Finalement, la croissance économique plus forte que prévu aux États-Unis dynamise l’économie mondiale.

Facteurs à surveiller

Malgré sa décision de majorer les taux cette semaine, la Banque du Canada surveille de près quelques risques qui, s’ils se concrétisaient, pourraient conduire à de futures majorations plus modestes :

  1. Malgré la vigueur des statistiques sur l’emploi et la forte expansion économique générale, la croissance des salaires demeure obstinément inférieure aux attentes.
  2. L’escalade des tensions commerciales crée de l’incertitude et pourrait compromettre les perspectives économiques mondiales. Soulignons cependant que les entraves commerciales déjà en place sont prises en compte dans les plus récentes projections de la Banque, tout comme la perte de confiance créée par les menaces de sanctions commerciales.

Une décision attendue par les marchés

Comme nous l’avons mentionné dans notre réaction initiale, les marchés n’ont nullement été surpris par la décision de la Banque. Dans le sillage immédiat de l’annonce, le dollar canadien s’est apprécié par rapport au dollar américain, mais a depuis reculé. Les taux de rendement des obligations du gouvernement canadien n’ont augmenté que modérément, et l’indice composé S&P/TSX a rapidement repris le terrain perdu lors de la séance du 11 juillet.

La Banque du Canada ayant fixé à 2,0 % le taux cible de l’inflation, on s’attend à ce que l’inflation globale dépasse temporairement cette cible. Elle devrait toutefois redescendre aussitôt, et ce facteur n’a aucunement influé sur la décision du 11 juillet.

Maintien de notre stratégie actuelle

Pour l’instant, nos décisions de placement demeurent conformes à nos commentaires précédents et à l’annonce du 11 juillet. Notre portefeuille de titres à revenu fixe demeure positionné en fonction de modestes hausses des taux d’intérêt au Canada. Nous continuons de privilégier les obligations à long terme, car les taux de rendement des obligations à court terme devraient augmenter davantage que ceux des titres de créance à long terme, ce qui exercera une pression sur les prix des obligations à court terme.


Sans surprise, la Banque du Canada hausse son taux directeur

Comme prévu, la Banque du Canada a fait passer son taux d’intérêt de 1,25 % à 1,50 % ce matin. Dans son annonce officielle, publiée plus tôt aujourd’hui, la Banque a fait état de la vigoureuse croissance mondiale, conforme aux prévisions, des exportations canadiennes qui sont soutenues par une forte demande mondiale ainsi que des prix plus élevés des produits de base, de l’augmentation des investissements des sociétés canadiennes et de la stabilisation du marché immobilier au pays.

Malgré tout, le dollar canadien demeure faible, ce qui témoigne des préoccupations relatives aux récentes restrictions commerciales. La Banque estime que les tarifs imposés par les États‑Unis ainsi que les contre-mesures adoptées par le Canada n’auront qu’un effet modeste sur la croissance et l’inflation au pays, mais prévient que le protectionnisme commercial est la principale menace à l’égard des perspectives mondiales.

Les marchés ont réagi de diverses façons dans la suite de l’annonce. On a constaté une légère hausse du huard et des taux d’intérêt des obligations canadiennes. Cependant, l’indice composé S&P/TSX a glissé encore plus bas que ce qu’il était ce matin.

Nous publierons une analyse plus approfondie de cette annonce, du dernier rapport sur la politique monétaire et de ce qu’il en est pour vos portefeuilles. À suivre!

 

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et des fonds à catégories d’actifs multiples de MD.

 

A propos de l'auteur

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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