S’adapter à la nouvelle normalité créée par la pandémie de COVID-19

June 1, 2020 Craig Maddock

Maintenant que les restrictions mises en place pour lutter contre la COVID-19 s’assouplissent un peu en Amérique du Nord et que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à reprendre leurs activités, nous espérons tous un retour « à la normale ». Mais en l’absence d’un vaccin, les protocoles de distanciation physique, le resserrement des mesures d’hygiène, le port d’un couvre-visage et l’incertitude persistante sur les marchés mondiaux nous rappellent que nous sommes encore bien loin de la véritable normalité.

Au moment où nous cherchons à nous adapter, il nous semble approprié de faire le bilan des événements depuis le dernier sommet des marchés qui a coïncidé avec l’éclosion du virus pour tenter de discerner ce vers quoi nous nous dirigeons au fil de l’assouplissement des restrictions.

La variable fondamentale : l’incertitude des bénéfices

La pandémie a évidemment eu un impact profondément négatif sur le rendement des placements. Voici un sommaire de l’évolution des grands indices boursiers depuis le début de la pandémie de COVID‑19 :

Sommet du marché : 19 février

Indice composé plafonné S&P/TSX

Indice S&P 500 (en $ US)

Indice MSCI EAEO (en $ US)

Indice MSCI marchés émergents (en $ US)

Février

-6,1 %

-8,4 %

-9,2 %

-5,4 %

Mars

-19,8 %

-11,1 %

-13,9 %

-17,3 %

Avril

10,5 %

12,7 %

6,3 %

9,0 %

25 mai

2,0 %

1,5 %

0,4 %

-1,5 %

Écart entre le sommet et le 25 mai

-16,0 %

-12,7 %

-19,1 %

-20,5 %

Rendement cumulatif annuel

-11,7 %

-8,5 %

-18,3 %

-18,2 %

Source : Bloomberg (25 mai 2020)

Comme je l’ai expliqué en détail dans un épisode récent du balado L’Analyste MD, au début de 2020, l’économie semblait reposer sur des bases solides… qui se sont effritées avec la propagation du virus. Partout dans le monde, les décideurs mondiaux ont fermé les frontières, imposé des restrictions sur les voyages et confiné les gens à leur domicile. Fondamentalement, l’économie mondiale s’est arrêtée et l’incertitude croissante a été accompagnée d’une grande volatilité et suivie d’un effondrement des cours boursiers à la fin de février et pendant les deux premiers tiers du mois de mars.

Les gouvernements et les banques centrales se sont empressés de lancer des programmes de soutien monétaire et budgétaire. Mon collègue Ed Golding a très bien expliqué les formes de l’aide accordée, en quoi elle est utile et pourquoi elle est si importante. En bref, les décideurs distribuent de l’argent aux particuliers et aux entreprises, et ont abaissé les taux d’intérêt à des planchers historiques. Les immenses efforts coordonnés des gouvernements partout dans le monde ont permis à l’économie mondiale d’absorber le choc comme en témoigne le tableau ci‑dessus et laissent entrevoir une possible sortie de pandémie plus ou moins là où nous en étions lorsqu’elle a frappé.

Toutefois, si tant est que l’on voit les marchés boursiers comme un mécanisme d’établissement des prix qui au moyen de l’information disponible quantifie les bénéfices potentiels des entreprises, les perspectives sont plus sombres maintenant qu’au début de l’année : les bénéfices seront plus maigres et sont plus incertains que jamais.

Soulignons également que la pandémie n’a pas frappé aussi durement partout. L’indice S&P 500 s’en sort nettement mieux que les autres grands indices internationaux, peut-être grâce au rendement solide de valeurs sûres dans plusieurs secteurs (consommation discrétionnaire, consommation courante, communications et technologies de l’information) à qui le changement de comportement des consommateurs lié à la pandémie a profité.

Sommet du marché : 19 février

Amazon ($ US)

General Mills ($ US)

Netflix ($ US)

Google ($ US)

Microsoft ($ US)

Nvidia ($ US)

Adobe ($ US)

Février

-6,22 %

-6,17 %

6,94 %

-6,53 %

-4,83 %

14,23 %

-1,71 %

Mars

3,50 %

7,69 %

1,75 %

-13,24 %

-2,65 %

-2,40 %

-7,79 %

Avril

26,89 %

13,49 %

11,81 %

15,90 %

13,63 %

10,88 %

11,12 %

25 mai

-1,50 %

0,12 %

2,26 %

4,94 %

2,40 %

23,53 %

8,94 %

Écart entre le sommet et le 25 mai

12,29 %

12,62 %

11,17 %

-7,32 %

-2,01 %

14,73 %

0,52 %

Rendement cumulatif annuel

31,88 %

11,95 %

32,68 %

5,51 %

16,37 %

53,44 %

16,81 %

Source : Bloomberg (25 mai 2020)

Bien s’adapter aux risques

Nous pensons qu’une compréhension intime de vos objectifs de placement est essentielle pour connaître du succès, car elle permet de maintenir dans votre portefeuille la répartition stratégique appropriée (c.-à-d. la combinaison à long terme de titres afin d’obtenir un rendement précis au cours d’une période donnée) essentielle à l’atteinte desdits objectifs. Nous nous efforçons par ailleurs de profiter des occasions tactiques d’ajouter de la valeur, et plus important encore, de gérer les risques qui se présentent.

 

Au fil des événements récents, nous avons pris des mesures importantes, mais mesurées, pour réduire le niveau de risque des portefeuilles en réduisant leur exposition aux marchés boursiers au profit de titres liquides ou à revenu fixe. Le billet de blogue de Wes Blight paru à la fin de mars explique très bien les mesures que nous avons prises. Au fil des vagues successives de mesures d’aide des décideurs mondiaux, nous avons commencé à réduire la surpondération des titres liquides tout en maintenant une position défensive.

Voici le rendement du Portefeuille équilibré modéré Précision MD au cours de cette période :

 

Portefeuille équilibré modéré Précision MD, série A

Groupe de fonds pairs par Morningstar

(fonds équilibrés neutres mondiaux)

Février à avril*

-4,9 %

-5,9 %

Rendement cumulatif annuel*

-1,7 %

-4,2 %

* Morningstar publie les rendements par catégorie seulement à la fin de chaque mois.

Source : Morningstar, 25 mai 2020

Plus récemment, nous avons décidé de cesser de sous-pondérer les actions et ramené nos portefeuilles en position neutre. Avec la réouverture des économies un peu partout dans le monde, les éléments fondamentaux nécessaires à la reprise seront probablement soutenus au cours des 12 à 18 prochains mois. Historiquement, les périodes qui suivent les grandes perturbations sur les marchés sont souvent les plus lucratives pour ceux qui ont maintenu leurs placements. À ce jour, le rebond est important, mais nous ne sommes pas encore tirés d’affaire, car la confiance et l’économie mondiale demeurent fragiles.

L’important train de mesures monétaires et budgétaires mises en place devrait limiter l’exode des capitaux. Toutefois, la situation demeure très risquée. Il est notamment impossible d’exclure une éventuelle deuxième vague de la pandémie (surtout aux États-Unis où le nombre de nouveaux cas continue d’augmenter).

De nombreux sujets de réflexion

Dans nos efforts pour entrevoir ce que nous réserve l’avenir, nous devons analyser de nombreuses tendances à long terme pour nous assurer de bien nous adapter à la nouvelle normalité :

  • Tendances de la vente au détail – les détaillants en ligne ont gagné en popularité pendant la pandémie qui a donc accéléré une tendance déjà présente.
  • Fabrication et commerce – une réévaluation des partenaires commerciaux et manufacturiers doit avoir lieu, surtout pour les produits essentiels.
  • Comportement du consommateur – comment se déroulera la réacclimatation aux sorties, aux voyages, au travail, à l’épargne, etc.?
  • Effet à long terme de l’aide publique – les coûteuses mesures d’aide entraîneront des déficits importants.

Cette liste est loin d’être exhaustive et les facteurs à prendre en compte seront nombreux. Pendant que nous nous ressaisissons tous sur les plans personnel et professionnel, nous devons demeurer vigilants, car plusieurs inconnues persistent. Même si notre point de vue est aujourd’hui plus optimiste qu’en mars dernier, une prudence extrême reste de mise. Nous continuerons de scruter les statistiques liées à la réponse des autorités à la pandémie de COVID-19, l’évolution du processus de réouverture partout dans le monde et le succès relatif de la relance chinoise.

Si vous avez des questions ou souhaitez obtenir plus d’information, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller MD*

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

Craig Maddock

CRAIG MADDOCK, CFP, CFA, CIM, MBA, is Vice President, Senior Portfolio Manager and Head of the Multi-Asset Management team at MD Financial Management. He leads the team of portfolio managers and investment analysts responsible for managing the firm’s mutual funds and investment pools.

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