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La Réserve fédérale des États-Unis relève ses taux d’intérêt de 0,75 %

Une statue d'un aigle blanc sur le mur de la réserve fédérale des Etats-Unis.

Points à retenir

  • La fourchette cible du taux des fonds fédéraux a été majorée de 0,75 % (1,50 % à 1,75 %).
  • La Réserve fédérale continuera d’alléger son bilan.
  • La Réserve fédérale serre la vis : de nouvelles majorations de taux sont à prévoir.

Dans sa quête du plein emploi et d’un taux d’inflation moyen à long terme de 2 %, la Réserve fédérale (Fed) a annoncé qu’elle relevait la fourchette cible du taux des fonds fédéraux de 0,75 %, la hausse la plus importante depuis 1994. La fourchette cible se situe maintenant de 1,50 % à 1,75 %. Il est intéressant de mentionner qu’un membre du Federal Open Market Committee a voté pour une majoration de seulement 0,50 %.

La Fed a aussi répété qu’elle « s’attendait à ce que plusieurs hausses d’affilée s’imposent » et qu’elle « continuera de délester son portefeuille de bons du Trésor, et de titres de créance et de titres hypothécaires d’organismes publics ».

La Réserve fédérale est déterminée à revenir à sa cible d’un taux d’inflation moyen de 2 %

Dans ses projections économiques, la Réserve fédérale révise ses hypothèses et situe maintenant l’inflation à 5,2 % en 2022 (4,3 % en mars dernier), à 2,6 % en 2023 (précédemment, 2,7 %) et à 2,2 % en 2024 (précédemment, 2,3 %). À plus long terme, elle maintient sa prévision que l’inflation reviendra à la normale et se rapprochera de sa cible, soit un taux moyen de 2 %.

Au nombre des causes principales de cette forte inflation, la Réserve mentionne de nouveau la forte demande et le déséquilibre de l’offre lié à la pandémie, les prix élevés de l’énergie et l’augmentation générale des prix attribuable à l’invasion russe de l’Ukraine. La Réserve réitère les propos exprimés dans son communiqué de mai dernier dans lequel elle indiquait « que l’invasion et les événements connexes ajoutent aux pressions à la hausse sur l’inflation et pèsent sur l’activité économique mondiale ». Par ailleurs, les confinements liés à la COVID en Chine risquent de perturber les chaînes d’approvisionnement encore davantage.

Les prévisions de croissance à court terme du PIB américain demeurent positives, mais sont revues à la baisse

Après s’être contractée au premier trimestre, l’économie américaine semble avoir effectué un certain rattrapage. De plus, la création d’emplois a été robuste et le chômage demeure faible. Malgré cette inversion de la tendance, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse à 1,7 % plutôt que 2,8 % pour 2022, à 1,7 % plutôt que 2,2 % pour 2023 et à 1,9 % plutôt que 2,0 % pour 2024.

Poussée plus forte et plus rapide des taux d’intérêt

En se fondant sur les dernières prévisions économiques, la Fed s’attend maintenant à ce que le taux médian des fonds fédéraux s’établisse à 3,4 % d’ici la fin de 2022, à 3,8 % en 2023, à 3,4 % en 2024 et à 2,5 % à plus long terme. La différence est considérable par rapport aux prévisions publiées en mars dernier qui étaient respectivement de 1,9 %, 2,8 %, 2,8 % et 2,4 %.

Les réactions à l’annonce ont été relativement mesurées. Les marchés avaient intégré par anticipation en début de semaine une importante majoration des taux (plongeon des cours boursiers). L’indice S&P 500 s’était déjà apprécié mercredi avant même l’annonce et a continué de le faire après l’annonce à 14 h. Les taux de rendement des obligations américaines sont demeurés élevés, toutes échéances confondues, et le dollar américain s’est déprécié par rapport aux autres monnaies fortes.

Positionnement des portefeuilles en fonction du niveau de risque actuel

Nous maintenons la surpondération des titres liquides et la sous-pondération des actions dans nos portefeuilles, car les conditions financières et la politique monétaire continuent de se resserrer et les risques associés à la pandémie et à l’invasion de l’Ukraine persistent.

Nous surpondérons légèrement les actions américaines et sous-pondérons les actions canadiennes, les actions internationales et les actions des marchés émergents.

En ce qui concerne les titres à revenu fixe, nous continuons de penser que la courbe des taux de rendement va s’aplatir en Europe (la Banque centrale européenne abandonnera probablement sous peu ses taux d’urgence) et que la duration augmentera (sensibilité aux taux d’intérêt) en Amérique du Nord (les taux de rendement des titres à plus long terme devraient augmenter à mesure que l’économie ralentit et que les banques centrales resserreront les conditions de crédit).

Si les taux d’intérêt ont augmenté substantiellement en 2022, il faut se rappeler que dans une perspective historique, ils demeurent très bas. Cependant, si vous voulez mieux comprendre l’incidence des majorations de taux sur vos finances, au-delà de vos placements, vous trouverez des réponses dans l’article intitulé Hausse des taux d’intérêt et conséquences pour les médecins. Si vous avez des questions concernant cette annonce, notre positionnement ou les éventuelles conséquences pour vous, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseillère ou conseiller MD*.

La prochaine annonce de la Réserve fédérale sur les taux d’intérêt est prévue le 27 juillet 2022.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

RICHARD SCHMIDT, CFA, est gestionnaire de portefeuille adjoint dans l’équipe Gestion multiactif. Il s’occupe principalement des fonds et des fonds collectifs d’actions nord-américaines.

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