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Que se passe-t-il avec les titres à revenu fixe?

Cinq piles de pièces de monnaie, de la plus grande à la plus petite

Points à retenir

  • Depuis le début de l’année, les obligations canadiennes sont dans le rouge.
  • Le pire est probablement passé, et les choses devraient s’améliorer avec le temps.
  • La gestion active de nos positions en titres à revenu fixe a ajouté de la valeur aux portefeuilles des clients.

L’inflation est à la hausse partout dans le monde. Résultat : les banques centrales comme la Banque du Canada et la Réserve fédérale des États-Unis ont enclenché le processus de majoration des taux d’intérêt et de resserrement quantitatif pour tenter de juguler l’augmentation des prix.

On assiste parallèlement à une vaste liquidation des obligations. L’indice des obligations universelles FTSE Canada (un indicateur pour les obligations canadiennes) a perdu plus de 10 % depuis le début de l’année. Ce recul s’explique par le fait que le marché absorbe les interventions récentes des banques centrales ainsi que les hausses de taux et le resserrement prévus en 2022. De 8 à 10 majorations de taux se reflètent déjà dans le prix des obligations canadiennes et américaines. Au moment d’écrire ces lignes, on s’attend à ce que le taux directeur atteigne 2,9 % au Canada et 2,8 % aux États-Unis d’ici la fin de l’année.

Le pire trimestre depuis 1994 : la faute aux attentes déçues

Malheureusement, comme les taux obligataires ont augmenté, les placements en titres à revenu fixe ne sont pas profitables depuis le début de l’année. Les obligations canadiennes ont enregistré une performance sur trois mois de -6,97 % au 31 mars 2022. Il faut remonter à 1994 et à 1980 pour trouver pires trimestres.

De façon générale, les titres à revenu fixe ont offert des rendements positifs et constants pendant très longtemps. Pour les investisseurs, la chute récente représente une cassure entre leurs attentes (rendements positifs et constants sur une longue période) et la réalité actuelle. Et c’est d’autant plus vrai après les gains substantiels de 2020, quand les banques centrales ont abaissé les taux d’intérêt à des niveaux records en guise de mesure de soutien extraordinaire et instauré des programmes d’achat d’actifs plus ambitieux que ceux de la crise financière mondiale (2007-2009).

Amortir le choc et exploiter la répartition tactique de l’actif

Malgré les piètres résultats des derniers mois, nous persistons à croire que les titres à revenu fixe sont une composante essentielle d’un portefeuille multiactif. De tout temps, les rendements des titres à revenu fixe ont montré une faible corrélation avec la performance générale des marchés boursiers. On n’a qu’à penser aux cas où la composante de titres à revenu fixe d’un portefeuille a prouvé sa valeur en offrant une protection contre les baisses des marchés boursiers. Par exemple, quand les marchés boursiers mondiaux ont plongé de 44,1 % entre juin 2007 et février 2009, les titres à revenu fixe canadiens ont augmenté de 10,3 %1. Ce fut le cas aussi entre mars 2000 et novembre 2002 : les actions mondiales ont chuté de 37,4 %, alors que les titres à revenu fixe canadiens ont grimpé de 23,0 %1. En fait, on ne compte que 7 trimestres depuis 20 ans (80 trimestres) où les actions et les titres à revenu fixe canadiens ont enregistré simultanément des rendements négatifs2.

Cela dit, nous gérons activement la portion de titres à revenu fixe des portefeuilles des clients. Étant conscients que les taux obligataires pourraient augmenter et que le cours des obligations pourrait chuter avec le retrait des politiques monétaires accommodantes de 2020, nous avons adopté une approche visant à préserver le capital.

Notre positionnement tactique défensif a ajouté de la valeur aux portefeuilles des clients en diminuant le risque de taux d’intérêt (durée financière). Dans le Fonds d’obligations MD et le Fonds collectif d’obligations GPPMD, notre approche dynamique de la durée, courte de préférence, est le facteur ayant le plus aidé à préserver le capital et à surpasser l’indice de référence au cours de la période.

Nous avons aussi fait appel à d’autres stratégies non traditionnelles pour accroître le potentiel de rendement total tout en assurant une bonne gestion du risque. Pour ce faire, nous avons investi davantage dans des obligations de sociétés à rendement élevé et des obligations à rendement réel comme moyen de protection contre le risque d’inflation.

Bien que d’autres secousses demeurent possibles, vu le nombre de hausses de taux que le marché a déjà intégrées, nous pensons que le pire de la liquidation des obligations est probablement chose du passé. Mais le plus important, ce sont les possibilités intéressantes que laissent entrevoir les marchés de titres à revenu fixe.

Le pire est probablement passé…

La forme de la courbe des taux – assez plate présentement (peu de différence de rendement entre les obligations de courte durée et celles de longue durée) – implique notamment que la forte inflation actuelle résulte davantage des contraintes sur l’offre mondiale que de la demande. La situation pourrait se résorber au fil du temps avec la diminution des cas de COVID-19 et l’allègement du confinement dans les grandes villes chinoises.

Par ailleurs, comme le marché tient déjà compte en bonne partie du resserrement monétaire, il nous semble peu probable que les taux obligataires augmentent encore beaucoup, à moins que la forte inflation persiste à long terme.

Il convient aussi de souligner que le nombre de hausses de taux d’intérêt à venir ne peut dépasser ce que l’économie est capable de supporter. Si l’on tient compte des grandes tendances qui ont fait baisser les taux d’intérêt au cours des dernières décennies (manque de capacité de production, utilisation accrue de la technologie et vieillissement de la population), il est probable que les taux obligataires aient atteint un plafond, en particulier au Canada.

… et les choses devraient s’améliorer

Passons maintenant aux bonnes nouvelles! Les hypothèses de rendement futur des titres à revenu fixe sont plus encourageantes. Les taux obligataires sont un excellent prédicteur des rendements futurs. Comme ces taux ont atteint un creux sans précédent en 2020 en raison de la politique monétaire mise en place en réponse à la pandémie, le rendement prévisionnel était exceptionnellement faible.

L’augmentation récente des taux obligataires signifie que détenir actuellement des obligations à haut rendement devrait offrir un portage plus élevé dans l’avenir. Nous pensons que ce portage additionnel se traduira par de meilleurs rendements et une plus grande valeur ajoutée pour les portefeuilles des clients.

D’ici là, nous continuerons de privilégier la préservation du capital, la diminution de la volatilité et, s’il y a lieu, l’augmentation des revenus dans la gestion de nos obligations. Si vous avez des questions à propos des événements qui ont touché récemment les marchés, du positionnement des portefeuilles ou d’éventuelles conséquences pour vous, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseillère ou conseiller MD*.

1 Bloomberg et Gestion d’actifs 1832. Le rendement des actions mondiales est représenté par l’indice mondial MSCI, en dollars canadiens, et celui des titres à revenu fixe canadiens, par l’indice des obligations universelles FTSE Canada.

2 Morningstar et Gestion d’actifs 1832, au 31 mars 2022. Le rendement des actions canadiennes est représenté par l’indice composé S&P/TSX et celui des titres à revenu fixe canadiens, par l’indice des obligations universelles FTSE Canada.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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