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Que nous réserve 2021 : un retour à la santé et à la prospérité économique?

Un homme se fait vacciner.

Le Nouvel An nous donne une bonne occasion de réfléchir sur l’année absolument inimaginable qui se termine, une année rendue inoubliable par la pandémie de COVID-19, la pire crise sanitaire mondiale en plus de 100 ans.

De nombreuses régions du monde, y compris de grandes parties du Canada, sont au cœur de la deuxième vague de l’épidémie, et les autorités sont forcées d’imposer de nouveau un confinement strict pour ralentir la transmission du virus, un rappel que la crise est loin d’être terminée. L’évolution du virus dictera le sort de l’économie mondiale et des marchés financiers en 2021 et influera donc considérablement sur nos perspectives.

Espoirs de vaccin

Sur le plan positif, la science nous a offert plus qu’une simple lueur d’espoir en développant de multiples vaccins efficaces. L’horizon temporel le plus court sur lequel notre équipe de gestion multiactif se concentre est celui de 12 à 18 mois et ces vaccins pourraient mettre un terme à la pandémie mondiale à l’intérieur de cet horizon.

C’est dans cette optique que nous portons notre regard au-delà de ce risque économique à court terme pour nous concentrer sur une vision plus optimiste à long terme qui s’appuie sur la capacité démontrée de l’économie de s’adapter rapidement à des circonstances changeantes. L’administration de vaccins efficace sauvera non seulement des vies, mais atténuera les effets de la pandémie sur les secteurs de l’économie les plus durement touchés par les confinements, d’où l’espoir d’une croissance plus viable en 2022.

Rendement boursier n’est pas synonyme de rendement économique

La pandémie a accéléré plusieurs développements annoncés depuis fort longtemps, notamment la numérisation de l’économie, qui se révèle de manière évidente à l’analyse du comportement des marchés boursiers. Le 22 décembre 2020, l’indice NASDAQ affichait des gains annuels cumulatifs surréels de 42 % même si à ce moment les prévisions les plus récentes du Fonds monétaire international faisaient état d’une contraction probable de 4,4 % de l’économie mondiale, ce qui équivaut plus ou moins à la contraction causée par la crise financière mondiale.

Cette disparité entre l’économie réelle et les marchés boursiers vient surtout des actions qui ont offert les rendements les plus élevés ces dix dernières années et de quelques nouvelles venues : Apple, Amazon, Microsoft, Tesla, Nvidia, Facebook, PayPal, Alphabet (Google), Netflix et Shopify. Par ailleurs, dans certains secteurs comme le transport aérien, les grands magasins, l’immobilier, le voyage et le tourisme, les actions se sont fortement dépréciées depuis le début de l’année. Le fait que les actions du premier groupe représentaient en début d’année une proportion beaucoup plus forte de la valeur boursière globale que celles des secteurs qui ont souffert explique le rendement si nettement supérieur des marchés boursiers par rapport à celui de l’économie réelle.

À notre avis, certains de ces gains surdimensionnés pourraient se répéter au fil de l’affaiblissement de la pandémie et nous avons commencé à positionner nos portefeuilles en prévision des occasions qui pourraient se présenter en grande partie ailleurs qu’aux États-Unis, soit sur les marchés internationaux développés et sur les marchés en émergence.

Aide coordonnée des décideurs politiques

L’évolution vers une plus grande coordination de la politique monétaire (masse monétaire et taux d’intérêt) et de la politique budgétaire (dépenses publiques) est un autre thème qui a émergé de la pandémie. La détermination apparemment sans limite des banques centrales à appuyer l’émission de titres de créance par les États (afin d’assurer la régularité des flux de capitaux) pour financer les programmes d’aide d’urgence pourrait être le présage d’une coordination future qui prévaudrait aussi bien en temps normal qu’en temps de crise.

La Réserve fédérale des États-Unis a d’ailleurs revu ses objectifs, un signe explicite de sa volonté de laisser libre cours à l’inflation si jamais celle-ci se manifestait et de maintenir une politique monétaire accommodante aux étapes ultérieures du cycle économique afin de stimuler l’emploi. Voilà notamment pourquoi nous pensons en ce début d’année que la courbe des taux de rendement s’accentuera (c.-à-d. que la différence entre les taux de rendement des obligations à court et à long terme s’élargira), car les taux de rendement obligataires augmenteront modérément à l’extrémité de la courbe des échéances longues et stagneront aux niveaux très bas où les banques centrales les maintiennent à l’extrémité des échéances courtes.

Ce thème sous-tend bon nombre de nos attentes stratégiques selon lesquelles le rendement potentiel global des actions demeurera relativement attrayant par rapport à celui des obligations, à court ou à long terme. Même si les actions se négocient actuellement à des cours très élevés dans une perspective historique, les taux de rendement obligataires extrêmement bas font en sorte que les obligations coûtent encore plus cher sur une base relative.

Notre position sur les devises, les produits de base et l’inflation

Nos prévisions sur les mesures que prendront les décideurs influent sur notre vision du marché des devises. Le dollar américain a continué de se déprécier ces derniers mois après s’être fortement apprécié au sommet de la crise, car les conditions financières se sont resserrées et les capitaux ont inondé les marchés les plus solides et les plus liquides (« l’exode vers la sécurité »). À notre avis, il est plausible que cette tendance se maintienne, car le dollar américain demeure relativement cher et il sera donc préférable de détenir des positions courtes en dollars américains par rapport aux autres devises plus volatiles, notamment le dollar canadien et l’euro.

Les marchés des produits de base ont retrouvé un peu de résilience surtout grâce au dynamisme de l’économie chinoise et à la croissance vigoureuse d’une grande partie des pays asiatiques, grands consommateurs de produits de base. La demande d’énergie devrait se rétablir du choc créé par le virus et les contraintes liées à l’offre ouvrent la voie à une possible augmentation surprise significative des cours pétroliers. Comme les investissements dans ce secteur étaient déjà en baisse importante avant même la pandémie, le vieil adage selon lequel la surabondance de l’offre à court terme crée souvent à long terme des pénuries pourrait bien être confirmé une fois de plus.

Plusieurs éléments de nos perspectives semblent annoncer une résurgence de l’inflation, un scénario auquel nous croyons dans la mesure où la distinction est faite entre un éventuel rebond de l’inflation et une hausse structurelle de celle-ci. Au début de la crise, les perspectives d’inflation étaient nulles et rien n’indique que la pandémie ait modifié cette tendance structurelle.

La soi-disant « démocratisation » des marchés boursiers par les plateformes de courtage sans commission est au nombre des autres faits marquants de l’année. Dans le contexte de cette tendance, on a vu certains spéculateurs soutenir des actions de sociétés en faillite. Les cryptomonnaies qui, comme le bitcoin, se sont dépréciées encore plus que les titres boursiers au plus fort de la crise pour ensuite rebondir de près de 400 % (au 22 décembre) suscitent un engouement qui ne se dément pas. Reste à voir si malgré leur volatilité, elles peuvent devenir une véritable monnaie de remplacement. Une chose est cependant sûre : elles ne cessent d’intriguer.

L’importance d’avoir un plan financier

Globalement, nous maintenons notre approche de toujours dans la gestion des portefeuilles de nos clients et les conseils que nous leur donnons : avoir un plan financier; détenir un portefeuille bien diversifié et assez robuste pour résister aux multiples conjonctures possibles, bonnes ou mauvaises; rester dynamique face aux perspectives sans cesse changeantes des marchés financiers; et profiter des possibilités à plus long terme en émergence comme les placements privés et l’immobilier lorsqu’il est sensé de le faire dans le contexte de sa stratégie de placement.

En rétrospective, l’année 2020 aura été favorable aux investisseurs malgré la pandémie. Il importe maintenant de comprendre ce qui est derrière nous et les événements ayant un effet sur les cours boursiers, et ce, tout en nous positionnant pour l’avenir. Cela étant dit, comme bon nombre d’entre vous, je souhaite que les espoirs que suscite l’année 2021 sur le plan de notre santé et de notre prospérité collectives se concrétisent.

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

Ian Taylor, CFA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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