Pour une amitié qui comblera vos attentes

July 27, 2018 Edward Golding

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Il arrive souvent que des amis ou des membres de ma famille me demandent mon avis sur l’état des marchés ou sur une action donnée.

Leurs questions portent habituellement sur les sociétés les plus en vogue du moment dont l’action est propulsée par un chiffre d’affaires et des bénéfices vertigineux. Depuis un an, les questions les plus fréquentes portent sur les sociétés canadiennes de marijuana comme Canopy Growth, les sociétés technologiques américaines comme Amazon et Facebook, et sur les sociétés de marchés émergents comme Alibaba et Tencent, pour n’en nommer que quelques-unes.

Je ne rechigne jamais à donner mon avis, mais avant, je pose toujours une question importante : « Quel pourcentage de votre portefeuille l’action de cette entreprise représente-t-elle? »

Entre amis, on peut se le dire : trop de Facebook peut être nocif

Il est tentant de faire le plein de ces actions au taux de croissance exponentiel. Au cours des 12 derniers mois, elles ont été nombreuses à faire la manchette en raison de leur rendement exceptionnel. En monnaie locale, les gains des actions d’Amazon (79,2 %), de Netflix (94,1 %), de Salesforce.com (64,3 %), de Canopy Growth (266,9 %), de Shopify (88,5 %), d’Alibaba (30,0 %) et de Tencent (26,2 %) ont été faramineux.

Puis, vint le cas Facebook.

À la clôture des marchés le mercredi 25 juillet, Facebook a publié ses résultats du deuxième trimestre. Pour un observateur non averti, ils paraissaient solides. Sur un an, les revenus sont en hausse de 42 % à 13,23 milliards de dollars; le bénéfice par action a augmenté de 32 % à 1,74 $, le nombre d’utilisateurs actifs mensuellement a augmenté de 11 % à 2,23 milliards et le nombre d’utilisateurs actifs quotidiennement est en hausse de 11 % à 1,47 milliard.

Très peu d’entreprises aux États-Unis peuvent prétendre à un tel niveau de croissance et pourtant, l’action de Facebook vaut aujourd’hui presque 20 % de moins qu’il y a deux jours. Quelque 150 milliards de dollars de valeur boursière se sont subitement évaporés! Comment est-ce possible?

Des attentes de revenus déçues

Après avoir généré pendant plusieurs années un rendement supérieur aux attentes des analystes, Facebook a soudainement cessé de le faire. Ses résultats et le nombre d’utilisateurs actifs ont été inférieurs aux attentes. La croissance à venir de ses revenus pourrait aussi diminuer. Or, les indications prospectives ont un effet déterminant sur le rendement des actions des sociétés en forte croissance.

Malgré un bénéfice par action supérieur aux attentes, Facebook a déclaré des revenus de 13,23 milliards de dollars, ce qui est moins que les 13,3 milliards de dollars prévus et un nombre d’utilisateurs actifs mensuellement de 2,23 milliards inférieur par rapport à des attentes de 2,25 milliards et finalement, un nombre d’utilisateurs actifs quotidiennement de 1,47 milliard inférieur aux attentes de 1,48 milliard.

Par ailleurs, Facebook a prévenu que le taux de croissance de ses revenus ralentira de « près de 10 % » au cours des prochains trimestres.

À attentes non comblées, lendemains difficiles

Facebook a raté de peu les attentes de revenus et d’utilisateurs actifs. La différence n’est vraiment pas si grande et elle ne justifie pas une amputation de 18,96 % de la valeur détenue par les investisseurs. Pourtant, à la clôture des marchés le jeudi 26 juillet, telle était la situation.

Malgré leurs tressaillements à court terme, les marchés boursiers s’inscrivent dans la durée. Les évaluations sont fondées sur des projections établies au moyen de données comme le chiffre d’affaires, le bénéfice, la rentabilité et, dans le cas de Facebook, le nombre d’utilisateurs actifs.

Avant que Facebook publie ses résultats trimestriels, son évaluation boursière était astronomique : son action se négociait à près de 30 fois le bénéfice prévu de 2018, une prime substantielle par rapport à l’indice de référence S&P 500 qui lui, se négocie à presque 18 fois le bénéfice prévu de 2018.

Pour justifier cette évaluation élevée, la croissance devait dépasser les attentes des analystes. Comme Facebook n’y est pas arrivée, les analystes ont revu à la baisse leurs projections de revenus, de bénéfice et d’utilisateurs actifs, d’où le plongeon de son évaluation boursière. Même après cette amputation de 20 %, l’action continue de se négocier à 24 fois le bénéfice prévu de 2018.

Une amitié des premiers jours payante avec un rendement annualisé de 37 %

Le Fonds américain de croissance MD et le Fonds collectif d’actions américaines GPPMD contiennent des actions de Facebook depuis le jour de son entrée en bourse le 18 mai 2012. Nous avions alors la conviction que la croissance potentielle à venir attribuable à la stratégie de miser sur une plateforme publicitaire mobile justifiait la forte évaluation du titre. Ce choix a rapporté puisque depuis notre achat initial, notre position dans Facebook a généré un rendement annualisé de 37 %.

Le risque de placement que représente Facebook peut toutefois être substantiel et depuis mai 2012, nous avons donc maintenu notre exposition moyenne au titre à 1,70 % du Fonds américain de croissance MD et à seulement 0,97 % du Fonds collectif d’actions américaines GPPMD.

Depuis cinq ans, les investisseurs privilégient fortement les entreprises dont le chiffre d’affaires est en forte croissance dans un contexte de faible croissance économique. À défaut d’affecter au moins une partie de votre portefeuille à des titres de sociétés à forte croissance, il est difficile d’obtenir un rendement comparable à celui des indices de référence.

Comme le confirment plusieurs études, sur une longue période, la croissance des bénéfices est un puissant moteur de rendement. Toutefois, sur une plus courte période, comme nous l’avons constaté avec Facebook, les attentes des analystes peuvent aussi influer fortement sur le rendement d’une action, surtout celles de sociétés à forte croissance.

Lorsque je demande à un ami ou à un membre de ma famille quel pourcentage de son portefeuille représente une action donnée et qu’il me regarde avec un air absent caractéristique, je sais qu’il n’en a pas la moindre idée.

Pour bien connaître tous les risques et les ramener à des proportions gérables, il est essentiel d’appliquer une méthode exhaustive de gestion du portefeuille.

En résumé, les titres à forte croissance de sociétés d’excellente qualité comme Facebook doivent être détenus dans un portefeuille bien diversifié, car à défaut, les attentes non comblées peuvent vous faire rater vos objectifs financiers.

Si vous ne savez véritablement pas quelle proportion de votre portefeuille représente l’action de Facebook, il serait peut-être temps de parler à votre conseiller afin de le savoir.

Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions canadiennes, de dividendes et d’actions américaines de MD.

A propos de l'auteur

Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs de titres canadiens, de dividendes et d’actions américaines de MD.

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