Placements : de l’importance de contrôler ses émotions

April 12, 2018 James Virgo

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Dans un billet de blogue précédent, je vous parlais des avantages de se nourrir sainement, de faire régulièrement de l’exercice et de maintenir une stratégie de placement rigoureuse. Sur les marchés, l’année 2018 a commencé en force, mais la volatilité est ensuite revenue à un niveau plus normal et les gains de début d’année se sont évanouis. Chez MD, nous nous étions préparés à cette possibilité et même si nous croyons encore dans la supériorité du potentiel des actions par rapport à celui des titres à revenu fixe, nous avions positionné plus défensivement nos portefeuilles d’actions.

Nous savons que la volatilité des marchés crée un sentiment d’inconfort et d’impuissance chez l’investisseur. Dans ces moments, celui-ci doit tenter d’oublier les fluctuations du marché pour se concentrer plutôt sur les facteurs qu’il contrôle : un plan financier qui, tout en réduisant au minimum les risques, lui permettra d’atteindre ses objectifs financiers.

L’inconfort peut entraîner la prise de décisions émotives. Or, certaines émotions, notamment la peur et l’avidité, nuiront beaucoup plus que les fluctuations des marchés à l’atteinte de vos objectifs financiers à long terme. Je ne dis pas qu’il faut ignorer ses émotions, mais qu’il importe d’en comprendre les causes afin de les canaliser d’une manière plus productive.

Voici quelques-uns des pièges qui attendent l’investisseur enclin à céder à ses émotions et les meilleurs moyens de les éviter.

Piège 1 : Vendre à bon marché et acheter au prix fort

De nombreux investisseurs adoptent inconsciemment ce comportement clairement contreproductif. L’être humain est programmé pour éviter à tout prix les pertes. En économie comportementale, on parle « d’aversion à la perte », une théorie développée en 1979 par les psychologues Amos Tversky et Daniel Kahneman selon laquelle l’humain tend naturellement à privilégier l’évitement des pertes à l’accumulation possible de gains, parce que l’impact psychologique d’une perte est deux fois plus important.

L’aversion à la perte n’est pas toujours négative. Elle nous éloigne parfois des placements douteux. Toutefois, lorsque les marchés plongent, bien des investisseurs ressentent le besoin émotif de vendre la totalité de leur portefeuille dans l’espoir d’éviter toute nouvelle perte. Ces mêmes investisseurs se disent qu’ils reviendront sur le marché lorsque les prix rebondiront.

Malheureusement, il est très difficile de choisir le moment idéal pour sortir du marché et y revenir. Vous risquez ainsi de rater les journées les plus rentables d’un cycle et vous compromettez vos objectifs financiers.

Coût lié aux « meilleures journées ratées » de l’indice S&P 500 (1990 à 2017)

Le risque est réel. Les rendements annualisés peuvent être considérablement amoindris.

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Source : Bloomberg

L’expérience démontre que le maintien des placements accroît les chances de succès à long terme. Maintenir ses capitaux dans un portefeuille bien réparti et résister à la tentation d’essayer de « battre le marché » sont deux des facteurs qui influent le plus sur vos chances de succès, car ils vous éviteront de vendre à bon marché et d’acheter au prix fort.

Piège 2 : Accorder trop d’importance aux manchettes

Votre stratégie de placement ne devrait jamais reposer sur les manchettes du jour. L’objectif des médias est de vous inciter à consommer leur contenu; ils présentent donc leurs histoires sous l’angle le plus susceptible de créer de l’intérêt. Il faut éviter de se laisser tenter par le placement à la mode tant vanté dans une émission de télévision spécialisée ou de vendre tous vos placements parce que les journaux affirment que le marché « s’effondre ».

N’accordez pas trop d’importance aux manchettes du jour et tenez-vous-en à vos objectifs de placement à long terme. Sur une longue période, les marchés vont connaître des hauts et des bas. Les baisses sont souvent plus spectaculaires que les gains, mais elles sont aussi moins fréquentes. Les manchettes vous distrairont de vos objectifs en déclenchant des sursauts émotifs inutiles susceptibles de nuire à la poursuite de vos objectifs de placement à long terme.

Restez concentré sur vos objectifs à long terme. Vous ressentirez une plus grande stabilité émotionnelle et vous prendrez de meilleures décisions de placement.

Marchés à long terme : Croissance d’un placement de 10 000 $

À long terme, les marchés tendent toujours à s’apprécier, sans égard aux manchettes du jour.

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Source : Thomson Reuters

Piège 3 : Ne pas diversifier son portefeuille

La diversification réduit le niveau de risque d’un portefeuille. Une combinaison judicieuse de placements vous protégera contre les risques particuliers à une entreprise, un secteur, un marché, une économie ou un pays donné. La diversification est fondamentale pour tirer de son portefeuille un bon rendement à toutes les phases du cycle et pas seulement à court terme.

La diversification du portefeuille est le moyen le plus raisonnable d’atteindre les objectifs qui comptent pour vous, même si elle ne fera probablement pas couler l’adrénaline dans vos veines et vous donnera peu de sujets de conversation à votre prochain cocktail. Ne vous laissez pas leurrer par les placements « du moment », car à long terme, le seul placement dont vous avez besoin pour atteindre vos objectifs de placement est un portefeuille bien diversifié.

Les avantages de la diversification

Différents instruments offrent un bon rendement à différents moments. Un portefeuille diversifié régularise le rendement.

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Source : Thomson Reuters

Piège 4 : Cesser de parler à son conseiller

Il est stressant de penser que l’on a raté une possibilité de placement ou d’assister, impuissant, à la baisse des marchés. Grâce à son expérience, sa vision et sa pondération, votre conseiller vous aidera à garder votre calme et à maintenir le cap. Il vous aidera à préciser vos objectifs et à corriger votre stratégie de placement, le cas échéant, en s’assurant que votre portefeuille est suffisamment diversifié. En examinant votre portefeuille avec votre conseiller, vous pourrez revoir votre plan, poser des questions et constater que vous êtes sur la bonne voie, malgré les fluctuations du marché.

Piège 5 : Nourrir des attentes irréalistes

Après une longue phase haussière, certains investisseurs perdent de vue une réalité incontournable : les marchés ne peuvent s’apprécier indéfiniment. À un moment ou à un autre, ils essuieront des reculs qui font aussi partie des cycles normaux et sains du marché. Les corrections boursières sont assez fréquentes. L’indice S&P 500 a effectué des plongeons de 10 % et plus dans 19 des 38 années écoulées depuis 1980. À la fin de 12 de ces 19 années, les marchés affichaient pourtant un bilan positif. Dans les périodes de stress financier, il est facile de perdre de vue la réalité des marchés.

Lorsque l’optimisme règne sur les marchés, il est aussi facile d’oublier qu’un portefeuille diversifié conçu pour atténuer le risque tout en générant le rendement nécessaire pour atteindre les objectifs fixés n’offrira pas un rendement aussi spectaculaire que le portefeuille d’un spéculateur de votre connaissance, voire un rendement équivalent à celui de l’ensemble du marché pendant une phase haussière effrénée. En revanche, ce même portefeuille arrivera probablement à vous protéger pendant les périodes de baisse. Même si sur un plan purement émotif, il peut paraître raisonnable que votre portefeuille bénéficie pleinement des périodes de hausse tout en évitant entièrement tout recul, en pratique, ce genre d’attente est déraisonnable et peut conduire à de très mauvaises décisions à long terme.

Notre rôle est de vous aider!

Il est impossible de prévoir de manière infaillible l’évolution des marchés. On peut cependant se préparer aux dénouements possibles. Plutôt que de prendre des décisions de placement fondées sur des émotions ou sur le tapage médiatique, nous vous invitons à garder votre calme, à maintenir le cap sur vos objectifs financiers à long terme et à tirer tout le réconfort possible de la certitude que vous pouvez compter sur le soutien de votre conseiller MD qui vous aidera si vous souhaitez parler à quelqu’un ou poser des questions.

James Virgo

James Virgo, CFA, CFP, MBA, est vice-président et responsable national de Conseils en placement privés MD (CPPMD), une division de Gestion financière MD. Il supervise les pratiques et la prestation de conseils en placement pour l’ensemble de CPPMD.

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