Nouvelle équation au G7 : G6 + 1

June 15, 2018 Ian Taylor

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C’est plutôt ironique de constater qu’au moment où les pays se rassemblent pour célébrer l’esprit sportif à la Coupe du monde de la FIFA en Russie, les États-Unis se mettent à dos la plupart des pays développés du monde sur la question du commerce.

Le récent sommet des pays du G7 à Charlevoix au Québec n’a rien arrangé. Les propos de Trump (qui a traité le premier ministre Justin Trudeau de personne « faible » et « malhonnête » parce qu’il a protesté contre les tarifs imposés par les États-Unis sur l’aluminium et l’acier) après son départ hâtif de la rencontre laissent songeurs de nombreux observateurs qui craignent les conséquences sur l’économie mondiale, sur les grandes puissances commerciales et sur les bénéfices des multinationales.

Le commerce en tête de liste des priorités du président Trump

Depuis son élection en 2016, Trump place le commerce international au premier plan de la politique étrangère des États-Unis. Sa campagne s’est largement appuyée sur la rhétorique nationaliste, une stratégie payante, et il va donc maintenant de l’avant avec son programme protectionniste, ce qui fait craindre une escalade qui entraverait l’activité économique mondiale.

Les tarifs sur l’acier et l’aluminium ne sont que la dernière d’une série de politiques protectionnistes.

  • Janvier 2017 : les États-Unis retirent leur appui au Partenariat transpacifique (PTP).
  • Juillet 2017 : l’administration Trump annonce ses objectifs dans la renégociation de l’Accord de libre-échange nord‑américain (ALENA).
  • Mars 2018 : les États-Unis imposent des tarifs sur l’acier (25 %) et l’aluminium (10 %). Le Canada, l’Union européenne et le Mexique ont été initialement exemptés, mais ces exemptions sont depuis tombées.
  • Ce matin, les États-Unis ont confirmé l’imposition de tarifs de 50 milliards de dollars sur les importations chinoises, menaçant ainsi la plus importante relation commerciale du monde.

L’administration Trump mise sur la force de l’économie intérieure des États-Unis (raffermie par son budget et ses mesures de stimulation) pour mettre de l’avant son programme protectionniste. Les gains récents de l’administration dans les sondages ne feront que l’enhardir au moment où elle s’efforce de consolider sa base électorale. Vu l’imminence des élections de mi-mandat, en novembre prochain, nous pensons que les prochaines décisions du président seront encore de nature à faire la manchette.

Une situation qui pourrait dégénérer…

Le commerce international est le fer de lance de l’économie mondiale et a des retombées réelles sur l’économie des grandes puissances commerciales comme la Chine, l’Allemagne, le Japon et le Canada. Un ralentissement important de l’économie mondiale pourrait faire sombrer les marchés, ce qui aurait un effet négatif sur le rendement des portefeuilles.

Qui plus est, ici comme ailleurs, les consommateurs subissent le contrecoup des tarifs douaniers, car au bout du compte, ce sont eux qui paient plus cher pour les produits importés, ce qui diminue d’autant leur pouvoir d’achat.

…mais les données réelles peignent un portrait plus encourageant

Malgré les manchettes et l’effet modérateur que pourraient avoir les tarifs annoncés, la croissance mondiale demeure positive grâce à la rentabilité accrue des entreprises, au faible taux de chômage, à l’inflation qui demeure modeste et à des conditions financières encore accommodantes.

La question du commerce a fait couler beaucoup d’encre depuis le début de 2018, mais aux États-Unis, en Allemagne, en France, au Royaume-Uni et au Canada, les commandes à l’exportation continuent de croître. La production manufacturière mondiale a ralenti depuis le début de l’année, mais elle demeure élevée par rapport aux années précédentes. Il est possible que les commandes à l’exportation chutent au cours des prochains mois, mais dans le contexte actuel, il est intéressant qu’elles soient encore en territoire expansionniste.

Les annonces récentes de la Réserve fédérale des États-Unis et de la Banque centrale européenne (BCE) témoignent aussi de la vitalité de l’économie mondiale. La Réserve fédérale vient de majorer encore une fois les taux d’intérêt et tout indique que d’autres hausses suivront. De son côté, la BCE a annoncé son intention de mettre un terme à son programme d’assouplissement quantitatif (fin de 2018), une annonce digne de mention, car la plupart des observateurs ne l’attendaient qu’en juillet. Les décideurs de la BCE sont donc assez confiants pour faire dès maintenant cette annonce, malgré l’incertitude politique en Italie et l’état du commerce mondial.

Titres et dollar américains

Nous continuons de penser que l’expansion mondiale se poursuivra jusqu’à la fin de l’année. Nous croyons cependant que le synchronisme de la croissance de la dernière année commencera à s’effriter et que les États-Unis redeviendront le pôle de la croissance mondiale.

Nous avons donc depuis le début de l’année élagué certaines positions axées sur la croissance. Notre répartition continue de privilégier les États-Unis, l’Allemagne, la France et le Japon, car nous pensons que ces pays seront les gagnants de l’expansion économique mondiale. Globalement, nous maintenons la surpondération des actions.

Nous maintenons aussi la surpondération des titres libellés en dollars américains, car à notre avis, l’écart entre les taux d’intérêt aux États-Unis et dans le reste du monde s’élargira.

Il ne reste plus qu’à espérer que la Coupe du monde ne sera pas la seule source de réjouissances

Les pénalités appliquées par les États‑Unis ont eu à ce jour peu de répercussions sur nos portefeuilles. Nous espérons que la raison prévaudra et que les affrontements entre dirigeants seront animés du même esprit de fraternité que ceux qui se dérouleront autour du « ballon rond ». Peu importe la tournure des événements, le président des États-Unis continuera d’alimenter les manchettes d’ici les élections de mi-mandat. Comme toujours, nous surveillerons la dynamique du commerce mondial et adapterons notre stratégie en cas de besoin.

Ian Taylor

Ian Taylor, CFP, CFA, CIM, est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

A propos de l'auteur

Ian Taylor

Ian Taylor, CFA, CIM, is an Assistant Vice President with the Investment Management and Strategy team at MD Financial Management. He oversees strategic and tactical asset allocation mandates, alternative investment mutual funds and is a member of MD’s Tactical and Risk Allocation Committee.

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