Les taux d’intérêt augmentent, les rendements futurs aussi

November 18, 2016 Wesley Blight

Blog image

Plus tôt cette semaine, lorsque certaines grandes banques canadiennes ont majoré leurs taux hypothécaires et autres, j’ai bien essayé de faire preuve d’empathie à l’endroit de mes amis et collègues qui se plaignaient de la hausse prochaine du coût de leurs emprunts.

Force est de reconnaître, par ailleurs, que même si les titres à revenu fixe ont affiché un rendement global négatif à la suite de ces hausses de taux d’intérêt, en toute honnêteté, la situation me plaît. En tant que consommateurs, nous nous sommes habitués aux avantages des bas taux d’intérêt et nous ne comprenons pas tous nécessairement les conséquences négatives de cette conjoncture, surtout pendant une période prolongée.

Mais pourquoi la situation créée par l’augmentation des taux d’intérêt me plaît-elle?

Il faut voir le marché obligataire comme le meilleur outil possible pour prédire l’avenir économique. Il est ce qui se rapproche le plus d’une boule de cristal! Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le marché obligataire essaie de nous faire comprendre que l’économie s’oriente dans la bonne direction.

La récente crise des taux d’intérêt est directement imputable à l’élection de Donald Trump qui a affirmé pendant sa campagne son intention d’investir dans les infrastructures, de réduire les impôts et de renégocier les accords commerciaux, autant de mesures destinées à stimuler l’économie américaine. Si la croissance accélère, l’inflation augmentera et les taux d’intérêt à long terme aussi.

Au Canada, les taux d’intérêt à long terme évoluent toujours plus ou moins selon une courbe parallèle à celle des taux américains, ce qui me paraît sensé. Si l’économie américaine prend du mieux et croît, le Canada en profitera directement. Après tout, nous sommes depuis toujours un partenaire commercial très important pour les États-Unis et nous entendons le demeurer.

Cela étant dit, à court terme, ces hausses de taux seront vraisemblablement douloureuses. Plus les taux augmenteront, plus les emprunteurs devront payer cher pour obtenir du crédit et les épargnants qui détiennent en portefeuille une forte proportion de titres à revenu fixe essuieront nécessairement à court terme des pertes sur les obligations et parts de fonds d’obligations détenues.

À mon avis, ce recul des obligations et fonds d’obligations ne sera cependant que momentané. Par ailleurs, tant et aussi longtemps que l’émetteur d’une obligation ne se trouve pas en défaut de paiement, plus la date d’échéance de l’obligation approche, plus sa valeur marchande tend à se coller sur sa valeur nominale. Grâce à nos études sur la solvabilité des émetteurs d’obligations canadiennes et étrangères, je suis convaincu que les positions que nous avons choisies pour les fonds et portefeuilles MD résisteront à l’épreuve du temps.

D’ici la fin de l’année et au début de 2017, les taux d’intérêt et les marchés financiers resteront volatils. Toutefois, nos fonds composés surtout d’obligations canadiennes tout en étant diversifiés à l’échelle mondiale sont positionnés pour générer des taux de rendement supérieurs (et ont une portée plus étendue). Dans le contexte actuel créé par les taux d’intérêt, la prudence s’impose dans la gestion du risque lié aux fonds d’obligations, et nous entendons rester prudents.

L’objectif est d’atténuer les retombées à court terme de la hausse des taux sans avoir à se tourner vers les titres de créances à taux de rendement nominal plus élevé, mais dont les émetteurs sont de moins bonne qualité. En d’autres termes, l’idée est d’atténuer pour nos clients les contrecoups de la volatilité tout en limitant le risque à la baisse.

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

Article précédent
Basta un Sì (oui, tout simplement), un autre coup de dés politique pour conclure l’année
Basta un Sì (oui, tout simplement), un autre coup de dés politique pour conclure l’année

Le 4 décembre prochain, aura lieu en Italie un référendum et jusqu’à maintenant, selon les sondages, le cam...

Article suivant
Malgré la victoire de Trump, les facteurs fondamentaux demeurent
Malgré la victoire de Trump, les facteurs fondamentaux demeurent

Maintenant que nous avons laissé décanter quelques jours les résultats des élections aux États-Unis, le tem...