Le pourquoi de la hausse des taux d’intérêt

January 19, 2018 Wesley Blight

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Comme prévu, la Banque du Canada a relevé son taux de financement à un jour le mercredi 17 janvier, le faisant passer de 1 à 1,25 %. Lors de l’annonce officielle ainsi que dans son rapport sur la politique monétaire publié la même journée, la Banque a indiqué que la croissance économique plus vigoureuse, au Canada comme à l’étranger, avait joué un rôle important dans sa décision.

Une économie à la hauteur de son potentiel

De 2008 au milieu de 2017, l’économie canadienne a connu une croissance anémique selon la Banque du Canada. En pareil contexte, l’inflation et la pression sur les prix demeurent faibles. L’expansion a commencé à s’accélérer et l’économie tourne maintenant à son plein potentiel, ou presque, pour la première fois depuis avant la crise financière.

Une croissance économique supérieure à la capacité de production étant de nature à causer des pressions inflationnistes, la Banque a majoré ses taux d’intérêt pour ralentir l’expansion et maintenir l’inflation près de sa cible de 2 %. D’autres hausses pourraient suivre. Cependant, la production potentielle de l’économie canadienne n’a jamais été aussi faible, ce qui signifie que la Banque, même si elle relève ses taux, n’ira pas jusqu’à des sommets historiques.

Croissance économique multifactorielle et perspectives d’emploi

En plus des dépenses de consommation, l’intensification des investissements des entreprises, les exportations et les dépenses publiques en infrastructures sont les principaux moteurs de la croissance économique au Canada. Les Canadiens ne pourront maintenir le même niveau de dépenses qu’avant vu la hausse des coûts d’emprunt. Une économie moins tributaire des dépenses de consommation ouvre la porte à une croissance est plus vigoureuse.  

La création d’emplois est toujours en hausse, le taux de chômage se situe dans un creux historique et les salaires ont augmenté (modestement), autant de facteurs qui viennent aussi appuyer la majoration des taux de mercredi.

Aucune garantie quant aux hausses à venir

Plusieurs raisons pourraient toutefois pousser la Banque du Canada à limiter les futures hausses. Par exemple, bien que les données sur le marché du travail soient solides, la hausse des salaires pourrait ne pas être suffisante pour permettre aux consommateurs canadiens de faire face à leurs lourdes dettes.

En outre, la capacité de croissance économique pourrait être plus grande que prévu, auquel cas la pression inflationniste serait atténuée. L’incertitude entourant la renégociation de l’ALENA continue aussi de nous empêcher de prédire avec clarté ce que sera la croissance économique.

Nous prévoyons toutefois que les taux d’intérêt vont poursuivre leur remontée à coups de hausses modestes en 2018.

Ce que cela signifie pour vous

Les taux de rendement des obligations canadiennes à court terme ont enregistré une hausse importante depuis juin dernier, les investisseurs partout dans le monde ayant revu leur exposition en fonction de taux d’intérêt plus élevés imposés par les banques centrales du monde. Après l’annonce de mercredi, le dollar canadien a d’abord plongé pour s’apprécier ensuite par rapport au dollar américain. Les taux de rendement des bons du Trésor canadiens, quant à eux, n’ont pratiquement pas bougé.

Notre portefeuille de titres à revenu fixe demeure positionné en fonction de modestes hausses des taux d’intérêt au Canada.

Grâce à une durée légèrement inférieure à celle de l’indice de référence, à une surpondération des obligations de sociétés canadiennes et à une proportion ciblée de titres étrangers et de qualité inférieure diversifiés, nos fonds communs et fonds collectifs de titres à revenu fixe sont positionnés adéquatement pour assurer la préservation du capital.

Ces dernières années ont été marquées par une faible volatilité sur les marchés de titres à revenu fixe. Toutefois, les investisseurs effectuent des ajustements en prévision de hausses de taux en 2018 et nous nous attendons donc à ce que la volatilité augmente. Par conséquent, nos fonds communs et fonds collectifs de titres à revenu fixe présentent des caractéristiques plus défensives, c’est-à-dire une exposition non maximale aux titres étrangers et de qualité inférieure, une meilleure qualité de crédit et un risque de taux d’intérêt moindre.

Sans surprise, la Banque du Canada hausse son taux directeur

La Banque du Canada a porté son taux directeur à 1,25 % aujourd’hui, une décision qui ne surprend personne.

Le dollar canadien a légèrement reculé pour commencer, puis s’est apprécié par rapport au dollar américain par la suite. Les taux de rendement des bons du Trésor canadiens n’ont pratiquement pas bougé.

La décision de la Banque du Canada repose en partie sur le rythme de la croissance économique au Canada et à l’étranger, entre autres facteurs. Les prochaines hausses s’appuieront vraisemblablement sur les mêmes raisons, si hausses il y a. L’inflation des salaires relativement faible, une croissance économique possiblement plus forte que prévu et l’incertitude entourant la renégociation de l’ALENA sont au nombre des facteurs qui pourraient freiner toute majoration. Cela dit, nous nous attendons à une augmentation du taux directeur de l’ordre de 0,25 % à 0,50 % en 2018.

Ne manquez pas notre publication de vendredi pour une analyse détaillée de l’annonce et pour connaître l’effet de cette hausse sur votre portefeuille.

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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