Le mariage royal, une bénédiction pour l’économie du Royaume-Uni?

May 18, 2018 James Virgo

 

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Lorsqu’Harry et Meghan uniront leurs destinées samedi à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, plus de trois milliards de personnes regarderont la cérémonie à la télévision et sur les médias sociaux. Dans les semaines précédant le grand jour, on a vu les commerces se décorer de souvenirs. Les touristes viendront remplir les hôtels, et les Britanniques prévoient des fêtes de rue en l’honneur des nouveaux mariés.

Le tout amène les gens à dépenser, et pas qu’un peu. Il s’agit d’un coup de pouce qui arrive à point nommé pour un pays plongé dans l’incertitude économique. Selon l’estimation qu’on veut bien croire, le mariage royal stimulera l’économie à hauteur de 500 millions à 1,05 milliard de livres sterling (selon les derniers taux de change, on parle de 870 millions à 1,83 milliard de dollars canadiens).

Je suis le premier enfant canadien de ma famille (parents britanniques), et j’ai adoré l’émission Suits (dont l’une des vedettes est Meghan Markle). Pour ces deux raisons, j’ai un net intérêt pour les noces royales, qui surviennent d’ailleurs à un moment intéressant pour la Grande-Bretagne. Depuis le Brexit, le pays est aux prises avec une faible croissance du PIB et une forte inflation. Malgré tout, nous croyons que les dépenses de 1,8 milliard de dollars prévues, quoique d’une aide considérable, ne suffiront pas à remettre d’aplomb ce pays malmené.

De manière générale, notre société sous-pondère la Grande-Bretagne depuis l’annonce du Brexit. Cette position s’explique par une sous-pondération des titres des secteurs des services financiers, de l’énergie et du tabac. Le Fonds collectif d’actions internationales GPPMD affiche ainsi une sous-pondération d’environ 2 %. Il est intéressant de noter qu’après soustraction des secteurs des services financiers, de l’énergie et du tabac, on arrive à une surpondération des titres britanniques d’approximativement 2 %. De même, le Fonds international de croissance MD sous-pondère le Royaume-Uni de quelque 1,5 %. Dans les deux fonds, les sociétés de biens de consommation cycliques, de produits industriels et de technologies de l’information sont surpondérées.

Le secteur des biens de consommation cycliques, qui comprend les hôtels, les établissements d’accueil et les médias, est celui que nous surpondérons le plus au Royaume-Uni. Ces titres devraient profiter, ne serait-ce qu’un temps, des dépenses attendues d’ici les festivités de samedi.

Nous demeurons néanmoins d’avis que le Brexit reste porteur de risques importants, qui continuent d’alimenter l’incertitude économique. Des entreprises pourraient quitter la Grande-Bretagne, certaines l’ont déjà fait d’ailleurs, et un grand flou entoure la question du commerce. À l’heure actuelle, la Grande-Bretagne est partie à de nombreux accords commerciaux en tant que membre de l’Union européenne. Tant que les détails n’auront pas été réglés, ce qui se fera d’ici quelques années, il sera difficile de dire à quoi ressembleront les futurs échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Parmi les données positives pour le pays, citons les cours du pétrole. En effet, contrairement au Canada, où les actions du secteur pétrolier sont passablement plombées par l’insuffisance des capacités de transport pipelinier et de raffinage – des problèmes absents du contexte britannique –, le Royaume-Uni est bien positionné pour profiter de la montée des cours. Le secteur pétrolier nous paraît encore prometteur. S’il est probable que le prix du baril de brut franchisse la barre des 80 dollars américains d’ici la fin de l’année, nous ne croyons pas que le prix d’équilibre à long terme ira bien au-delà de 70 dollars.

Revenons maintenant au mariage royal et à ses effets sur le reste de l’économie britannique. Ce n’est qu’après plusieurs mois que nous saurons avec certitude si les activités économiques précédant la cérémonie auront une incidence notable sur le PIB du pays. Malgré la place qu’ils occupent à la une des journaux, les mariages royaux génèrent habituellement peu de retombées.

Au contraire, les noces du Prince William et de Kate Middleton, en avril 2011, ont fait baisser la croissance, car les citoyens britanniques ont eu droit à un jour férié pour regarder la cérémonie et participer aux célébrations publiques. Or, cette fois-ci, le risque de recul est moindre : les représentants de Downing Street ont dit à maintes reprises qu’il n’y aurait pas de jour férié, et comme le mariage doit avoir lieu un samedi, les employeurs s’attendent à ce qu’il y ait peu de fêtards absents.

En quelques mots, nous regarderons les noces avec beaucoup d’intérêt, mais pour résoudre les difficultés économiques du Royaume-Uni, il ne suffira pas de vendre verres à liqueur, linges à vaisselle et autres souvenirs. Chez Gestion financière MD, nous avons pris en compte le Brexit dans nos plans, nous garderons un œil sur l’évolution des cours du pétrole et les retombées économiques possibles du mariage, mais notre point de vue sur la Grande-Bretagne demeure pour l’instant inchangé.

James Virgo

James Virgo, CFA, CFP, MBA, est vice-président et responsable national de Conseils en placement privés MD (CPPMD), une division de Gestion financière MD. Il supervise les pratiques et la prestation de conseils en placement pour l’ensemble de CPPMD.

 

A propos de l'auteur

James Virgo, CFA, CFP, MBA, is Vice President and National Lead with MD Private Investment Counsel at MD Financial Management. He oversees the practice of investment counselling and delivery of investment advice across MD PIC.

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