Le dernier discours de M. Poloz en 2018 en bref : de futures hausses de taux sont à prévoir

December 10, 2018 Wesley Blight

           

La Banque du Canada a annoncé la semaine dernière qu’elle laissait inchangé son taux cible du financement à un jour à 1,75 %.

À l’occasion d’un petit déjeuner de la CFA Society Toronto où il prononçait sa dernière allocution de 2018, le gouverneur de la Banque, Stephen Poloz, a donné plus de détails et mentionné que si le taux actuel demeure approprié pour l’instant, une augmentation des taux reste à l’ordre du jour.

Les décisions à venir dépendront de la conjoncture économique

Même si le ton de son discours était plus accommodant et moins ferme que celui de l’annonce d’octobre dernier qui confirmait le relèvement des taux à 1,75 %, M. Poloz continue d’affirmer que les taux atteindront tôt ou tard la fourchette neutre que la Banque du Canada situe entre 2,5 % et 3,5 %. La capacité du consommateur canadien d’absorber les futures hausses, les investissements des entreprises et les exportations sont les trois principaux facteurs que surveillera la Banque du Canada pour moduler le rythme des hausses à venir.

La timidité des pressions inflationnistes et le ralentissement de la croissance des investissements des entreprises sont deux risques qui pourraient contribuer à maintenir les taux à leur niveau actuel pendant une période plus longue que ce qui était initialement prévu.

M. Poloz a confirmé que l’inflation a atteint son niveau cible et que l’économie croît conformément à sa capacité. L’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) a été plus élevée, à 2,4 %, en octobre, mais on s’attend à ce que cette tendance s’atténue dans les prochains mois en raison de la baisse des prix de l’essence. Selon la Banque du Canada, tous les principaux indicateurs de l’inflation pointent vers un taux de 2,0 % qui est conforme à une économie qui roule tout près de sa pleine capacité.

Même si le moment est en principe idéal pour majorer les taux, l’endettement des ménages et les prix des maisons sont des préoccupations constantes dont il faut tenir compte pour bien juger si l’économie réelle est en mesure d’absorber des conditions financières plus strictes. Comme les taux sont bas depuis longtemps, cette accumulation de dettes est normale.

Croissance de l’économie canadienne

Dans son annonce de mercredi dernier, la Banque du Canada affirmait que l’économie canadienne dans son ensemble affiche une croissance conforme aux attentes. L’endettement des ménages et les marchés régionaux de l’habitation semblent se stabiliser, mais les conflits commerciaux en cours pèsent de plus en plus lourdement sur la demande mondiale.

Les investissements des entreprises ont diminué au troisième trimestre, ce qui est attribuable en grande partie à l’incertitude commerciale accrue durant l’été. Les investissements des entreprises à l’extérieur du secteur de l’énergie devraient se raffermir à la faveur de la signature de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC). Les nouvelles mesures fiscales de l’administration fédérale, l’augmentation de la capacité de production et la vigueur de la demande étrangère devraient également soutenir les investissements des entreprises et la croissance des exportations.

Effet des cours pétroliers

Dans son annonce, la Banque du Canada a aussi insisté sur la forte baisse des prix du pétrole amorcée en octobre et qui découle d’une combinaison de facteurs, dont la situation géopolitique, l’incertitude des perspectives de croissance mondiale et l’expansion de la production de pétrole de schiste aux États-Unis. Les contraintes de transport et l’accumulation de stocks ont aussi tiré les prix du pétrole vers le bas ces derniers mois. Compte tenu de ces développements et des réductions connexes de production, l’activité dans le secteur énergétique canadien sera dans un avenir prévisible considérablement inférieure aux prévisions.

Soulignons que si la Banque du Canada ne se prête pas au jeu des conjectures sur les prix du pétrole, une future reprise pourrait lui donner suffisamment confiance pour qu’elle décrète des hausses de taux un peu plus mordantes. La Banque prévoit tout de même que la baisse récente des prix du pétrole aura moins d’incidence sur l’économie canadienne qu’en 2015, année où la baisse des prix du pétrole avait été invoquée par la Banque pour justifier deux réductions des taux.

Comme cette décision de la Banque était dans une large mesure attendue, les taux de rendement obligataires et les cours boursiers ont peu réagi à l’annonce. Le dollar canadien s’est cependant déprécié par rapport au dollar américain.

Pour obtenir des précisions sur l’annonce de la Banque du Canada et sur ses effets possibles pour vous et pour votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD.

A propos de l'auteur

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, is an Assistant Vice President with the Investment Management and Strategy team at MD Financial Management. He is responsible for the investment results of the firm’s fixed income and multi-asset products.

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