Le calme parfait : trois raisons d’être optimistes en ce début d’année

January 5, 2018 Patrick Ercolano

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Les économistes utilisent abondamment le mot « mais » dans leurs études. Ils écriront par exemple « certains développements semblent favorables, mais des nuages pointent à l’horizon », ou encore « nous traversons une période difficile, mais nous voyons poindre la lumière au bout du tunnel. »

Toutefois, en ce début de 2018, ce genre de réserve semble inutile et le mot « mais » peut être mis de côté. En effet, la conjonction de trois tendances crée actuellement non pas une « tempête parfaite », mais plutôt un état de « calme parfait ». Difficile d’en prévoir la durée, mais le premier trimestre de l’année s’annonce plutôt favorable. Voyons pourquoi.

  1. Croissance économique mondiale synchronisée

    La croissance économique mondiale généralisée, tant attendue depuis plus de cinq ans, s’est finalement concrétisée en 2017 et se poursuivra en 2018. Après les États-Unis, la croissance a gagné l’économie européenne qui refusait obstinément de décoller ainsi que l’économie japonaise, enlisée depuis fort longtemps. La Chine est en santé. Elle dépend désormais moins des exportations et des industries lourdes et se tourne davantage vers le secteur des services et l’économie intérieure.

    Au Canada, les statistiques sont encourageantes, surtout celles du deuxième semestre. Le taux de chômage a plongé à 5,9 %, une première en presque dix ans. En 2017, la croissance du PIB canadien a été la plus forte du G7, un retournement de situation étonnant, vu la récession technique de 2015.


  2. Bénéfices solides et sains pour les sociétés

    La croissance mondiale gonfle les bénéfices des entreprises dans toutes les régions du monde et tous les secteurs de l’économie. Les chiffres de l’emploi sont excellents et les taux d’intérêt restent bas, une situation propice aux dépenses de consommation. Ce moteur économique stimule les ventes brutes des sociétés dans les secteurs de la consommation discrétionnaire, de la consommation courante, des technologies de l’information et même celui des matières premières, qui approvisionne en produits de base le secteur de l’habitation.

    Après deux années de surplace, les sociétés ont inscrit en 2017 de solides bénéfices, en forte hausse toute l’année, ce qui dénote une tendance à l’amélioration qui est de bon augure pour 2018.


  3. Faiblesse persistante de l’inflation et des taux d’intérê

  4. La faiblesse persistante de l’inflation est probablement la surprise la plus agréable, car elle maintient les taux d’intérêt à un bas niveau. Les rares et brèves poussées inflationnistes de 2017 sont imputables aux fluctuations des prix de l’essence plutôt qu’à un cycle de hausse des prix et des salaires qui aurait forcé les banques centrales à resserrer leur politique monétaire. Par ailleurs, le risque de déflation, une source d’inquiétude pour les banques centrales depuis presque dix ans, semble s’être complètement évanoui.

    Malgré trois hausses consécutives des taux d’intérêt de la Réserve fédérale l’an dernier et deux de la Banque du Canada, le taux à court terme américain n’est encore qu’à 1,5 % et le taux canadien, à 1,0 %. Pour garder la situation bien en main, la Réserve fédérale des États-Unis entend porter ses taux à 3,0 % d’ici 2020, un niveau qui reste, somme toute, peu élevé.

Quelles sont les répercussions pour les investisseurs?

Les perspectives des marchés sont stables et favorables et le demeureront au moins pendant les premiers mois de 2018. Quelles sont les répercussions pour les investisseurs?

Tout d’abord, le rendement des actions demeurera à notre avis supérieur à celui des titres à revenu fixe. Toutefois, comme la valeur des actions est en hausse depuis un certain temps déjà, il ne faut pas s’attendre à des rendements aussi généreux que ceux des dernières années. Le rendement des titres à revenu fixe sera lui aussi inférieur à celui des années précédentes, car cette catégorie de titres est désavantagée par le contexte actuel.

Ensuite, si vous avez contracté un prêt hypothécaire ou d’autres dettes, la conjoncture demeure intéressante pour vous. Les taux restent bas et toute hausse sera à notre avis lente et graduelle et ne nuira donc pas au marché canadien de l’habitation. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié des mises en garde à propos du niveau élevé d’endettement des ménages canadiens. Si vous êtes dans cette situation, pourquoi ne pas prendre quelques instants en 2018 pour en discuter avec votre conseiller?

Comme toujours, nous vous recommandons de vous en tenir à votre plan à long terme. Les conseils d’experts restent précieux dans toutes les situations, même lorsqu’elles sont favorables comme maintenant. MD garde un œil sur la conjoncture économique, à l’affût de tout changement de tendance, et n’hésite pas à utiliser les moyens à sa disposition pour protéger les épargnes que vous lui avez confiées.

Entre-temps, profitez du « calme parfait » qui règne en ce début de 2018. Après tout le tumulte des dernières années, nous l’avons bien mérité!

Patrick Ercolano

Patrick Ercolano, CFA, MBA, est gestionnaire de portefeuille principal au sein de Gestion de placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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