La technologie est séduisante, mais ne lâchez pas encore le volant!

July 10, 2017 Craig Maddock

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Cette semaine, Tesla fait son entrée sur le marché de masse. En effet, les premières Model 3, offertes à un prix concurrentiel, commencent à sortir de la chaîne de production de son usine de Fremont, en Californie.

Comme les luxueux Model S et Model X prisés par les célébrités, cette Tesla plus abordable (35 000 $ US) comprend le fameux système de pilotage automatique standard, une version évoluée du traditionnel régulateur de vitesse qui prend en charge les changements de voie et règle la vitesse du véhicule en fonction de la circulation.

Parmi les options offertes, mentionnons l’équipement qui donnera ultimement accès au système de conduite entièrement automatique (encore en développement) de Tesla. S’appuyant sur huit caméras, douze capteurs ultrasoniques, un radar et un réseau de données, ce système prometteur pourrait un jour permettre à l’heureux propriétaire d’une Tesla de s’asseoir sur le siège arrière du véhicule et de lire le plus récent numéro du JAMC en route pour son travail.

Le rêve électrique des constructeurs automobiles et le véhicule autonome

Entre la multiplication des véhicules électriques et la course à la commercialisation d’un véhicule entièrement autonome, le secteur de l’automobile traverse actuellement une période particulièrement fertile.

Sur le marché des automobiles à propulsion exclusivement électrique, la Model 3 de Tesla destinée à la population générale fait concurrence à la Chevrolet Bolt de GM. Volvo a aussi annoncé cette semaine qu’à partir de 2019, tous ses nouveaux modèles seraient électriques ou hybrides. D’ailleurs, pratiquement tous les grands constructeurs automobiles disent avoir des projets de véhicules exclusivement électriques ou autonomes.

La voiture fait rêver, mais pas nécessairement l’action

Il est possible que Tesla domine actuellement la course à la commercialisation d’un véhicule autonome, mais jusqu’à maintenant, MD se tient loin du titre de l’entreprise à cause du risque considérable que celle-ci ne réponde jamais aux attentes à long terme du marché.

À plus de 300 $, le cours de l’action intègre par anticipation une croissance fulgurante. Pourtant, l’entreprise n’a jamais encore inscrit de bénéfice et aucun n’est prévu dans un avenir rapproché.

À mon avis, investir dans un nouveau constructeur automobile et accepter que celui-ci soit déficitaire et le demeure dans un avenir prévisible n’est justifié que s’il est le seul à avoir les atouts nécessaires pour gagner la course. Or, Tesla n’est pas la seule à investir des milliards de dollars dans la recherche, dans l’acquisition de talents et dans l’innovation.

Par exemple, grâce à son réseau de distribution, BMW pourrait facilement écouler dix fois plus de voitures que Tesla tout en engrangeant des bénéfices. BMW songe d’ailleurs à lancer dès cet automne une version électrique de sa populaire série 3 qui concurrencera directement la Model 3.

Pour l’instant, je préfère m’en tenir aux valeurs sûres plutôt que de spéculer avec votre argent si durement gagné.

Malgré tout, nous gardons l’œil sur la route

Si Tesla finit par faire ses preuves, il sera toujours temps d’agir. Les véhicules autonomes sont promis à un brillant avenir, selon John Brandt, directeur général de Janus Capital Management, sous-conseiller du Fonds américain de croissance MD et du Fonds collectif d’actions américaines GPPMD.

« De manière générale, nous voyons d’un œil favorable le modèle d’affaires de Tesla et ses possibilités à long terme. L’action ne fait cependant pas l’unanimité chez nos gestionnaires de portefeuille en raison de sa volatilité et de l’évaluation boursière de l’entreprise qui intègre par anticipation une forte croissance. »

Selon lui, Tesla jouit d’un avantage certain dans cette course : les données captées par chacune de ses voitures actuellement sur la route. « Chaque fois qu’un conducteur désengage le système de pilotage automatique et reprend les commandes, Tesla analyse les données vidéo générées afin d’améliorer son logiciel. Comme le nombre de voitures Tesla sur la route augmente sans cesse, le bassin de données est appelé à augmenter rapidement, jusqu’à représenter des milliards de milles parcourus annuellement. Vu sous cet angle, le profil de Tesla correspond à notre thématique technologique : avantage concurrentiel créé par les données et pouvoir croissant de l’intelligence artificielle », indique-t-il.

En comparaison, Waymo (une entreprise dérivée de Google) expérimente des véhicules autonomes depuis 10 ans, mais son bassin de données est généré par un parc automobile limité à 600 véhicules.

Les données sont le carburant technologique des véhicules autonomes

L’avenir des véhicules autonome dépend fortement de l’accumulation de données. La concurrence dans la mise au point d’un système d’exploitation pour ce type de véhicule s’intensifie rapidement entre de nombreux acteurs ayant tous des ressources financières à la hauteur de leurs ambitions.

Après des mois de rumeurs, Apple a finalement confirmé1 qu’elle travaille à la mise au point d’un système d’exploitation pour véhicule autonome. La société chinoise Baidu a quant à elle formé une alliance avec 50 fabricants automobiles et sociétés technologiques, dont Ford, Daimler et Intel, et distribue gratuitement sous forme de logiciel libre son programme de conduite autonome Apollo.

Plus près de chez nous, MD a déjà le pied dans la « portière » pour ainsi dire, par l’entremise du Fonds revenus de dividendes MD qui détient des obligations de BlackBerry, une société bien présente dans l’univers des véhicules autonomes. Son système QNX est en effet intégré à quelque 60 millions de véhicules dont il gère de nombreuses fonctions, allant des systèmes de communication mains libres aux systèmes d’infodivertissement.

« QNX dispose d’un avantage important, car il est le seul système d’exploitation connu à disposer d’hyperviseurs actifs en temps réel et à avoir obtenu l’homologation ISO 26262, la norme la plus stricte en matière de sécurité automobile », indique Saurabh Moudgil, gestionnaire de portefeuille chez Gestion d’actifs Manuvie, sous-conseiller du Fonds revenus de dividendes MD.

Nous aimons notre placement dans BlackBerry parce que les débentures convertibles nous offrent un profil de rendement asymétrique : potentiel de baisse limité et immense potentiel de hausse.

Au volant (ou non?) pour faire face aux tendances qui façonnent la nouvelle industrie de l’automobile

À défaut d’avoir la certitude qu’il y aura toujours un volant à bord, on peut affirmer sans grand risque de se tromper que les automobiles de l’avenir auront des roues, des pièces mobiles, une forme ou une autre de moteur, des sièges confortables et une chaîne audio de grande qualité. MD détient dans ses fonds communs et collectifs des actions de plus de 50 sociétés du secteur de l’automobile mondial.

Mentionnons entre autres Magna International, dont les clients de MD détiennent des parts dans six fonds communs et trois fonds collectifs MD.

Véhicule électrice ou autonome? Peu importe ce que l’avenir nous réserve, Magna sera appelée à produire des pièces d’auto, que ce soit des sièges ou des groupes motopropulseurs, à partir de ses 300 usines établies partout dans le monde. Elle investit également dans des systèmes d’intelligence artificielle pour transformer ses chaînes de production.

Magna prévoit que, d’ici 2025, les véhicules autonomes ne compteront que pour 1 % de tous les véhicules sur la route. Quant aux véhicules électriques, l’entreprise estime qu’ils représenteront de 3 % à 6 % du marché mondial2.

Dans tous les cas, la conception de ces véhicules demandera des pièces, qui seront encore plus rentables. Nous n’avons qu’à penser aux systèmes de caméras de recul qui coûtent de cinq à sept fois plus cher que les miroirs traditionnels.

Conclusion : achetez-vous une Tesla et passez me prendre pour que je l’essaie (peut-être l’année prochaine)

Je comprends l’engouement pour la technologie de Tesla, mais je vous recommande quand même d’acheter la voiture, pas l’action. Vous pourrez en tirer plaisir immédiatement. Bien, si on veut, puisque les Model 3 offertes en commande actuellement ne seront livrées qu’à l’été 2018, au plus tôt.

Craig Maddock

Craig Maddock, CFP, CFA, CIM, MBA, est vice-président à la gestion des placements chez Gestion financière MD. Il dirige les gestionnaires de portefeuille et les analystes en placement qui gèrent les fonds communs de placement et les fonds collectifs de MD.

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