La situation en Turquie est-elle aussi inquiétante qu’elle le semble?

August 20, 2018 Ian Taylor

 

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Personne n’a été surpris que la situation géopolitique en Turquie fasse de nouveau la manchette lorsque la livre a atteint un plancher record (0,1425 Personne n’a été surpris que la situation géopolitique en Turquie fasse de nouveau la manchette lorsque la livre a atteint un plancher record (0,1425 $ US).nbsp;US). Nous suivons de près l’évolution de la conjoncture économique mondiale et nous avons vu la Turquie s’enfoncer dans cette fâcheuse situation. Voyons d’un peu plus près ce qui se passe et ce que ces événements signifient pour vous.

Perte de crédibilité économique du gouvernement turc

Cette année seulement, la livre a perdu 40 % de sa valeur, un plongeon qui résulte à notre avis d’une combinaison de facteurs :

●      le maintien de bas taux d’intérêt qui exacerbent l’inflation (actuellement à 15 %);

●      l’accumulation continue de déficits courants et budgétaires;

●      l’élection surprise qui a confirmé la concentration du pouvoir dans les mains du président Erdogan;

●      la troublante nomination du gendre du président au poste de ministre des Finances;

●      la détérioration des relations avec les États-Unis qui a culminé avec la multiplication par deux des tarifs imposés sur l’acier et l’aluminium turcs.

 

Marchés émergents et banques européennes sous surveillance

Pour resituer les choses dans une juste perspective, il importe de comprendre que la Turquie ne représente qu’une infime fraction de l’économie mondiale. Selon nos études, les problèmes de la Turquie se limitent à l’économie intérieure et ne sont donc pas si inquiétants.

Toutefois, la possibilité d’une contagion qui gagnerait les marchés émergents et les banques de la zone euro est un aspect de la situation que nous continuons d’évaluer.

Par ailleurs, le sentiment des investisseurs pour les marchés émergents a faibli en raison de certains facteurs tenaces qui, vraisemblablement, vont persister :

●      L’appréciation du dollar américain et l’augmentation des taux de rendement des obligations américaines alimentent la volatilité dans les pays émergents et affaiblissent leurs devises.

●      Les capitaux font un retour vers les pays développés, dont les États-Unis.

●      Les États-Unis maintiennent une rhétorique défavorable au commerce, comme en témoigne la prise de bec commerciale avec la Chine.

●      La situation géopolitique se détériore en Argentine, en Corée du Nord et en Iran.

●      Les cours pétroliers sont soumis à d’importantes pressions.

Le secteur bancaire européen, et plus particulièrement les banques espagnoles et françaises, est le plus exposé à la situation en Turquie. Résultat : le prix des actions de ce secteur a diminué. La crise de la dette souveraine européenne s’étant conclue il y a quelques années à peine, nous surveillons étroitement les marchés du crédit à l’affût de tout signe de détérioration de l’économie de la zone euro vu son importance pour l’économie mondiale.

 

Retombées limitées de la situation en Turquie

Pour l’instant, nous maintenons à l’endroit des marchés émergents une position neutre. Leur potentiel de croissance relativement attrayant est contrebalancé grosso modo par les risques décrits précédemment, l’évolution du sentiment des investisseurs et les prévisions de bénéfices des six derniers mois.

Nous détenons bel et bien des positions en Turquie par l’entremise du Fonds collectif d’actions de marchés émergents GPPMD, mais elles sont dans l’ensemble relativement insignifiantes. Devant la dépréciation de ces titres imputable à l’intensification du risque géopolitique, notre gestionnaire au style axé sur la valeur, GMO & Co., a opté pour une stratégie à contre-courant et surpondéré légèrement quelques positions. La dépréciation de la livre turque a légèrement nui au rendement global du Fonds collectif.

Dans l’ensemble, nous maintenons une surpondération des actions européennes, mais en prenant soin de sous-pondérer le secteur bancaire. Nous continuons de prévoir une croissance supérieure à la tendance pour la région. Les banques sont aussi beaucoup mieux capitalisées qu’elles ne l’étaient pendant la période d’incertitude de 2009 à 2014, ce qui a limité l’effet de débordement. Nous maintenons des positions courtes sur l’euro, une décision qui a joué en notre faveur.

Il faut reconnaître que la sous-pondération du secteur bancaire européen ne découle pas de la situation en Turquie, mais plutôt de l’existence de meilleures possibilités de croissance ailleurs, malgré le bas prix des titres bancaires européens. En outre, les banques poursuivent leur mouvement de désendettement et ce processus, conjugué à la faiblesse des taux d’intérêt et au ralentissement de la croissance économique, limite l’attrait que pourraient exercer ces titres. Les positions que nous détenons tendent à être concentrées dans les régions à forte croissance comme l’Asie, plutôt qu’en Europe (ou au Japon).

Pour l’instant, les marchés mondiaux du crédit demeurent stables et les statistiques économiques et résultats d’enquêtes sont solides, malgré les difficultés récentes en Turquie et l’incertitude croissante sur les marchés émergents en général. Nous demeurons convaincus que la situation restera favorable aux marchés boursiers et nous maintenons la surpondération globale des actions. Nous continuons aussi de penser que les probabilités de récession d’ici douze mois sont faibles.

Les manchettes sont par définition éphémères. Déjà, la livre turque a effectué un léger rebond, le ministre des Finances Albayrak ayant annoncé son intention de juguler l’inflation et d’éliminer les déficits. Nous continuerons de suivre la situation.

Si vous avez quelque question que ce soit sur la situation en Turquie et sur ses effets possibles sur l’économie mondiale ou sur vos portefeuilles, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD.

A propos de l'auteur

Ian Taylor

Ian Taylor, CFA, CIM, is an Assistant Vice President with the Investment Management and Strategy team at MD Financial Management. He oversees strategic and tactical asset allocation mandates, alternative investment mutual funds and is a member of MD’s Tactical and Risk Allocation Committee.

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