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La frénésie dépensière des fêtes et ses effets sur vos placements

Un des hommes les plus riches d’Europe a acheté à son épouse pour Noël un présent qui allait de soi : du Tiffany, bien sûr. Pas un simple bracelet dans la célèbre boîte bleue cependant, mais bien l’entreprise comme telle, acquise pour la coquette somme d’environ 16 milliards de dollars américains!

Dans les prochaines semaines, bien des gens, comme lui, chercheront le cadeau idéal à placer sous le sapin, d’où l’idée de jeter un coup d’œil rapide sur les sociétés de produits de consommation discrétionnaire.

Marges bénéficiaires et demande

Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH), qui a fait l’acquisition de Tiffany & Co. à la fin de novembre, est un excellent exemple du genre de positions que nous aimons détenir. Très populaire, l’action de LVMH est d’ailleurs privilégiée par plusieurs de nos gestionnaires de portefeuille. Mais pourquoi LVMH a-t-elle acheté Tiffany? Comme celles de nombreuses sociétés de produits de luxe, les marges bénéficiaires de Tiffany sont très élevées : elle paie l’argent 16 $ US l’once, le façonne, le place dans une petite boîte bleue et le revend 500 $ US l’once. L’entreprise vend fondamentalement du luxe en boîte et affiche d’impressionnantes marges bénéficiaires; elle s’intègre alors très bien aux autres bannières de LVMH. La clientèle du secteur des produits de luxe possède par ailleurs une résilience particulière. En effet, si vous avez les moyens d’offrir à Noël un sac à main Louis Vuitton, vous ne cesserez probablement pas de dépenser pour un simple ralentissement de l’économie.

Le commun des mortels fait évidemment ses achats auprès d’autres entreprises dont le rendement boursier est aussi intéressant et le restera probablement pendant la période des Fêtes. Amazon est le premier nom qui vient à l’esprit, suivi de Disney (merci Disney+!) et d’Apple, l’éternelle favorite. Des sociétés comme Lululemon, très populaires pendant la période des Fêtes, sont aussi présentes dans nos portefeuilles.

Une conjoncture propice à de vigoureuses dépenses de consommation

Heureusement pour les détaillants et leurs actionnaires, de nombreux signes pointent vers de robustes dépenses de consommation pendant la période des Fêtes. Le sentiment des consommateurs s’est légèrement détérioré au Canada, mais aux États-Unis, il demeure très fort. Selon une enquête effectuée en octobre 2019 par l’Université du Michigan1, 45 % des ménages américains estiment que leurs revenus ont récemment augmenté.

Le taux de chômage est par ailleurs exceptionnellement faible aux États-Unis. Par rapport au mois précédent, le chômage a diminué en octobre dans 4 États, augmenté dans 2 et est demeuré stable dans les 44 autres et dans le District de Columbia. Selon le Bureau des statistiques du travail des États‑Unis, sur un an le taux de sans-emplois a diminué dans 8 États, a augmenté dans 3 autres et a peu ou pas bougé dans les 39 autres. Sur un mois et sur un an, le taux de chômage national des États-Unis est aussi demeuré plus ou moins stationnaire2.

Ces bonnes nouvelles ne vous suffisent pas? En Amérique du Nord, l’inflation est anémique et les taux d’intérêt sont bas, d’où un accès facile au crédit qui permet au consommateur moyen de se procurer des produits discrétionnaires. Les faibles taux d’intérêt dynamisent aussi les marchés boursiers et l’immobilier, ce qui contribue à accroître la richesse des mieux nantis (ceux qui effectuent leurs achats des Fêtes chez Louis Vuitton, entre autres).

En bref, tout va bien pour presque tout le monde! Malgré le ralentissement de la croissance des bénéfices et du secteur manufacturier, l’économie reste globalement en assez bonne santé.

Faire fi de la guigne de décembre

Hantés par le spectre de la liquidation boursière spectaculaire de décembre dernier, certains investisseurs s’inquiètent d’une possible récidive cette année.

La chute boursière de décembre 2018 a dans une large mesure été causée par la Réserve fédérale des États-Unis et par son intention annoncée de majorer les taux d’intérêt (intention qui s’est ensuite concrétisée) afin d’éviter toute possibilité de surchauffe de l’économie américaine. L’inquiétude soulevée par le risque que cette décision sape la croissance économique (risque qui lui, ne s’est pas concrétisé) a provoqué la débandade des marchés à la fin de 2018.

Historiquement, les rendements de décembre ne se démarquent pas vraiment de ceux obtenus le reste de l’année comme ils l’ont fait en 2018. La chute généralisée des cours boursiers de l’an dernier est une anomalie qui ne justifie pas l’inquiétude des investisseurs à l’amorce de la période des Fêtes.

Consommation discrétionnaire : hausse des titres à prévoir pendant la période des Fêtes?

Alors, les actions des sociétés de produits de consommation discrétionnaire se négocient‑elles vraiment à la hausse lorsque décembre vient gonfler leurs ventes? Lorsque j’étais enfant, je n’aurais pas été difficile à convaincre! Je me souviens clairement de m’être assis avec mon père pendant qu’il lisait les pages économiques du journal (et consultait les cours boursiers à la fin de son quotidien préféré…) et de m’être dit que j’aurais bien aimé posséder des actions des magasins de jouets dans la période précédant Noël. J’étais convaincu que la valeur de ces actions ne pouvait que grimper en flèche, vu les ventes massives de jouets à cette période de l’année.

Intuitivement, il est possible que des investisseurs aient cette même conviction et privilégient le secteur des produits de consommation discrétionnaire dans l’espoir d’un gain rapide attribuable à la frénésie de consommation de la période des Fêtes. Une analyse démontre toutefois que les actions de ces entreprises coûtent actuellement cher : le gonflement escompté de leurs ventes de fin d’année est déjà intégré au cours de leur action (le 2 décembre, l’action d’Amazon se négociait à 78 fois le bénéfice, LVMH à 30 fois le bénéfice et Lululemon à 55 fois).

Si le secteur des produits de consommation discrétionnaire bénéficie d’un avantage en décembre, celui‑ci est infime. Au cours des 20 dernières périodes des Fêtes, le secteur de la consommation discrétionnaire a offert un rendement supérieur au marché en moyenne de 2,76 %, dans 55 % des cas, et un rendement inférieur au marché en moyenne de 1,57 %, dans 45 % des cas.

Pour obtenir plus de renseignements sur le positionnement de votre portefeuille à l’aube de la période des Fêtes, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD*.

 

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

1 https://data.sca.isr.umich.edu/fetchdoc.php?docid=64088

2 https://www.bls.gov/news.release/laus.nr0.htm

À propos de l'auteur

Craig Maddock, CFP, CFA, CIM, MBA, est vice-président, gestionnaire de portefeuille principal et chef, Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il dirige les gestionnaires de portefeuille et les analystes en placement qui gèrent les fonds communs de placement et les fonds collectifs de MD.

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