La chaîne de blocs : le véritable potentiel des cryptomonnaies

February 2, 2018 Mark Fairbairn

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Le week-end dernier, des pirates informatiques ont subtilisé pour 530 millions de dollars américains de NEM d’une bourse japonaise de cryptomonnaies. Moins connu que le bitcoin, le NEM n’en compte pas moins une multitude d’adeptes et plus d’un quart de million d’investisseurs ont été victimes du vol.

Malgré le montant record dont il est question, ce vol de cryptomonnaie n’est ni le premier ni sans doute le dernier du genre. En 2014, des pirates ont dérobé à une autre bourse japonaise environ 400 millions de dollars américains de bitcoins. Une bourse sud-coréenne de bitcoins a tout juste été forcée de déclarer faillite après avoir été ciblée deux fois par des pirates dans l’espace de quelques mois. Sans surprise, la valeur du NEM a plongé de presque 20 % à la suite de ce vol. Elle a ensuite remonté, mais cette situation m’a amené à réfléchir sur les cryptomonnaies et la technologie sous-jacente.

Derrière les cryptomonnaies : la technologie de la chaîne de blocs

Comme nous l’avons vu le week-end dernier, les applications de portefeuille utilisées par les détenteurs de bitcoins et d’autres cryptomonnaies sont vulnérables au piratage informatique. C’est pour cette raison et bien d’autres que nous considérons les cryptomonnaies comme des placements à haut risque. J’ai abordé la question l’an dernier lorsque j’ai expliqué pourquoi il n’y avait ni bitcoin ni autre cryptomonnaie dans les portefeuilles MD. Cela dit, la technologie de la chaîne de blocs sous-jacente aux cryptomonnaies représente quant à elle une belle possibilité de placement, car elle pourrait littéralement transformer plusieurs secteurs d’activité.

Qu’est-ce qu’une chaîne de blocs?

Une chaîne de blocs est un grand livre comptable où sont consignées des transactions. Chaque transaction est intégrée à un bloc de transactions lui-même intégré à une chaîne, d’où le nom de « chaîne de blocs ». Les transactions peuvent uniquement être ajoutées à la chaîne. Il est impossible de modifier ou de supprimer une transaction de la chaîne, qui devient donc un registre permanent et en constante évolution de toutes les transactions effectuées.

Contrairement aux applications de portefeuille qui peuvent être piratées, la chaîne de blocs sous-jacente, elle, est robuste et sûre. Les chaînes de blocs publiques, comme celle des bitcoins, sont distribuées au moyen d’un réseau de poste-à-poste comportant de nombreux nœuds de stockage qui détiennent chacun une copie de toute la chaîne de blocs. Si un nœud de stockage fait défaut, tous les autres nœuds continuent d’avoir une copie de toutes les transactions effectuées. Il faudrait donc que tous les nœuds d’un réseau fassent défaillance en même temps pour que l’information soit perdue, une éventualité hautement improbable.

Cette technologie préserve aussi l’anonymat des auteurs des transactions grâce à la cryptographie utilisée et aux nombreux intermédiaires qui interviennent dans chaque transaction.

Les aspects techniques de la technologie sont évidemment très complexes. Personnellement, elle m’intéresse comme possibilité de placement à long terme. Si vous désirez obtenir des détails techniques sur cette technologie, je vous invite à regarder cette vidéo (en anglais seulement).

Possibilité pour les investisseurs à long terme

Toute activité qui exige un degré élevé de confiance ou une validation de données est susceptible de bénéficier de la technologie de la chaîne de blocs. Et comme la technologie peut être mise à profit de façon presque infinie, les entreprises qui participent à leur développement viennent de nombreux secteurs et régions.

Les banques, plus particulièrement, ont un intérêt certain pour cette technologie, et surtout pour ses applications dans le traitement des opérations au comptant et la négociation de valeurs mobilières. La chaîne de blocs présente de nombreux avantages : délais de règlement plus courts, diminution du nombre d’échecs de règlement et réduction des coûts. Plus de 50 banques ont injecté des capitaux dans la technologie de la chaîne de blocs, dont des banques canadiennes. MD détient d’ailleurs des positions dans la Banque Toronto-Dominion, la CIBC, la Banque Scotia et la Banque Nationale du Canada, qui sont toutes investies dans la technologie d’une façon ou d’une autre.

La gestion des interfaces frontales des applications de type « chaîne de blocs » exigera encore beaucoup de travail. La technologie est sûre, mais les interfaces qui donnent accès à la chaîne de blocs demeurent vulnérables. Or les interfaces sécurisées représentent une des forces des grandes banques, qui jouissent d’une grande confiance des consommateurs à cet égard. Nous pensons que les banques investiront de plus en plus dans cette technologie.

Mais elles ne seront pas les seules! Alphabet Inc. (Google), dont MD détient des actions, est au deuxième rang des grands investisseurs s’intéressant à la chaîne de blocs. En cinq ans, la société a effectué six investissements majeurs dans la technologie. Elle a notamment acquis des participations dans Storj, un fournisseur de services de stockage de données; dans LedgerX, une plateforme de négociation d’instruments dérivés sur cryptomonnaies; et dans Veem, une société de services aux commerçants.

En santé, la technologie de la chaîne de blocs pourrait révolutionner la gestion des dossiers de patients et autres renseignements médicaux. Elle pourrait garantir que les données sont traitées et validées efficacement, que les dossiers sont sûrs et que leur confidentialité est maintenue. La technologie pourrait aussi servir à la gestion des chaînes d’approvisionnement, plus particulièrement dans le secteur pharmaceutique où elle pourrait empêcher le trafic de médicaments contrefaits. À mon avis, pratiquement toutes les grandes entreprises en sont au moins au stade où elles se renseignent sur les applications possibles de la chaîne de blocs.

Il existe même des jeux fondés sur la technologie de la chaîne de blocs, comme CryptoKitties (en anglais seulement), des « chatons virtuels » qui ont créé un tel engouement qu’ils ont ralenti le réseau de la chaîne de blocs Ethereum. La société de Vancouver qui a créé ce jeu a accompli un travail incroyable pour rendre la technologie accessible à tous.

Garder le cap

Nous continuons de penser que les cryptomonnaies sont un placement risqué, mais nous sommes très enthousiastes devant le potentiel de la technologie sous-jacente. Voici donc notre conseil pour les investisseurs à long terme : si vous voulez suivre l’engouement pour la chaîne de blocs, tenez-vous loin des bitcoins. Placez plutôt votre argent dans les entreprises qui bénéficieront des avantages de la technologie sous-jacente. Les fonds communs et collectifs MD détiennent de nombreuses positions dans des entreprises qui participent au développement de cette technologie et qui sont en excellente posture pour tirer parti des progrès à venir.

Et si vous tenez absolument à céder à la cryptomanie, pourquoi ne pas essayer de faire l’acquisition de votre propre chaton virtuel CryptoKitty?

Mark Fairbairn

Mark Fairbairn, CFA, B.Ing., est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions non nord-américaines ainsi que du volet de superposition des devises des fonds d’actions.

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