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La Banque du Canada relève les taux d’intérêt

La Banque du Canada engravé dans un mur de pierre.

Principaux points à retenir

  • La Banque du Canada a majoré aujourd’hui le taux cible du financement à un jour à 0,50 %.
  • De nouvelles hausses et des mesures de resserrement quantitatif sont à prévoir.
  • La croissance économique est vigoureuse et l’inflation demeure élevée.

Nous y voici donc. Comme on s’y attendait, la Banque du Canada a annoncé cette semaine le relèvement du taux cible du financement à un jour à 0,50 %. Elle a aussi confirmé la poursuite de la phase de réinvestissement de son programme d’assouplissement quantitatif qui consiste pour l’instant à simplement remplacer les obligations venant à échéance.

L’économie prend du mieux, la croissance se poursuit et l’inflation demeure forte. La Banque a donc confirmé les attentes et souligné qu’elle s’attend à d’autres majorations de taux. La Banque a aussi explicitement reconnu qu’elle réfléchit à la manière et au moment approprié de mettre fin à la phase de réinvestissement et de commencer à alléger son portefeuille d’obligations du gouvernement du Canada afin de resserrer les conditions.

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine est une nouvelle source majeure d’incertitude

L’invasion de l’Ukraine pousse à la hausse les prix du pétrole et d’autres produits de base. Cela fera monter sans l’ombre d’un doute l’inflation partout dans le monde. Il ne faut pas se surprendre de l’accroissement de la volatilité sur les marchés des capitaux. La Banque s’attend à ce que le conflit ait des effets néfastes sur la confiance et crée de nouvelles perturbations de l’approvisionnement, ce qui pourrait pousser encore plus l’inflation et peser sur la croissance mondiale.

Croissance économique vigoureuse

Selon la Banque du Canada, les économies du monde se remettent du variant Omicron plus rapidement qu’on s’y attendait. La Banque rappelle cependant que le plus récent variant « continue de circuler et que la possibilité que de nouveaux variants apparaissent reste préoccupante ». Elle signale aussi que la demande est robuste, surtout aux États-Unis, et que l’engorgement des chaînes d’approvisionnement mondiales reste problématique, même s’il s’est atténué. Les données sur la croissance mondiale cadrent généralement avec les projections du Rapport sur la politique monétaire (RPM) de janvier.

Au Canada, la croissance au quatrième trimestre de 2021 a été supérieure aux estimations de la Banque, à 6,7 %. La Banque juge que la croissance « est très forte » et « qu’elle confirme sa perception que les capacités excédentaires de l’économie se sont résorbées ». Les importations et les exportations se sont redressées, les dépenses des ménages s’avèrent résilientes (et devraient se renforcer davantage avec la levée des mesures sanitaires) et les prix des logements demeurent élevés.

Une inflation obstinément élevée

Les hausses de prix se sont généralisées et l’IPC a augmenté de 5,1 %, ce qui est nettement supérieur à la cible à long terme de 2 % fixée par la Banque. Comme nous l’avons mentionné précédemment, l’invasion de l’Ukraine exerce des pressions à la hausse sur les prix de l’énergie et des produits de base. Les mauvaises récoltes et les coûts de transport plus élevés ont fait monter les prix des aliments.

La Banque souligne qu’elle s’attend désormais à ce que l’inflation à court terme dépasse la projection du RPM de janvier. Elle voit bien qu’une inflation à court terme obstinément élevée accroît le risque que les attentes d’inflation à plus long terme se mettent à augmenter, ce qui justifie le relèvement des taux de cette semaine. Le rythme des hausses subséquentes de taux ainsi que le début du resserrement quantitatif seront guidés par l’évaluation continue que fait la Banque de l’économie et par son engagement à atteindre la cible d’inflation de 2 %.

Une annonce conforme à nos attentes

Les cours boursiers ont augmenté mercredi tout comme les taux de rendement obligataires, mais il s’agit probablement de fluctuations imputables au conflit entre la Russie et l’Ukraine et d’un rebond consécutif aux fortes baisses de mardi. Le dollar canadien s’est apprécié par rapport au dollar américain tout au long de la journée.

Actuellement, nous maintenons la surpondération des actions par rapport aux titres à revenu fixe, car nous jugeons que la probabilité d’une récession d’ici 12 mois est faible. Dans nos portefeuilles d’actions, nous continuons de privilégier les pays développés et l’Amérique du Nord, particulièrement les États-Unis, car la croissance et les bénéfices y seront probablement supérieurs au potentiel.

Nous avons allégé nos positions exposées au risque de taux d’intérêt et favorisé les titres de courte durée dans notre portefeuille universel de titres à revenu fixe canadiens. À court terme, les taux de rendement obligataires canadiens seront très volatils et, à notre avis, les rendements prennent déjà en compte les futures majorations de taux d’intérêt mentionnées dans l’annonce de la Banque.

Pour plus de renseignements sur cette annonce ou sur le positionnement de nos portefeuilles, nous vous invitons à communiquer avec votre conseillère ou conseiller MD*.

La prochaine annonce de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt est prévue le 13 avril.

 

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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