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La Banque du Canada maintient sa politique de soutien

L’annonce de Tiff Macklem, sa première en tant que gouverneur de la Banque du Canada, n’a surpris personne. Comme prévu, la Banque a maintenu son taux cible de financement à un jour à 0,25 %. Elle poursuit également son important programme d’achat d’actifs (assouplissement quantitatif) et achètera toutes les semaines au moins 5 milliards de dollars d’obligations du gouvernement du Canada. Les programmes d’achat d’obligations provinciales et de sociétés se poursuivront aussi comme annoncé.

À mon avis, le principal point à retenir de cette annonce est que la Banque du Canada est déterminée à maintenir une politique de soutien, ce qui peut être perçu comme un changement d’orientation par rapport au gouverneur précédent, dont les actions étaient guidées surtout par les chiffres.

Une incertitude mondiale persistante, malgré la réouverture des économies

Assommée par la pandémie au premier semestre de 2020, l’activité économique mondiale reprend un peu de vigueur. L’effet conjugué de la réouverture des économies et de politiques budgétaires et monétaires sans précédent de par le monde a considérablement amélioré les conditions financières.

Malgré l’assouplissement des restrictions, les perspectives économiques mondiales demeurent plutôt incertaines à cause de l’imprévisibilité de la pandémie. Le calendrier et la rapidité de la reprise varient d’une région à l’autre, et toute augmentation du nombre d’infections pourrait compromettre les perspectives.

Outre l’annonce relative aux taux d’intérêt, la Banque a publié son plus récent Rapport sur la politique monétaire (RPM). S’il n’y a pas de deuxième vague à grande échelle (scénario intermédiaire), la Banque du Canada pense que l’économie se contractera d’environ 5 % en 2020, que sa croissance reprendra au rythme moyen de 5 % en 2021 et 2022, et que la pandémie aura été enrayée d’ici le milieu de 2022.

La Banque a aussi souligné que le comportement des consommateurs pourrait influer sur la rapidité de la reprise, car leurs priorités et leurs habitudes de travail changent. Même si la Banque prévoit une forte reprise au cours des prochaines années, la production mondiale ne reviendra pas d’ici la fin de 2022 aux niveaux prévus dans le RPM de janvier 2020, ce qui dénote bien l’incertitude considérable qui entoure ce scénario.

Au Canada, les mesures adoptées continuent de protéger l’économie et jettent les bases d’une reprise

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 a chuté au Canada depuis avril et demeure relativement faible depuis, d’où un regain d’activité. La réouverture progressive des entreprises alimente une forte reprise à court terme, qui sera suivie par un retour plus graduel aux niveaux d’avant la pandémie.

Les mesures décisives et cruciales d’ordre budgétaire et monétaire qui ont été prises soutiennent l’économie canadienne depuis le début la pandémie et créent un tremplin pour la reprise. De plus, les acteurs du marché ont l’assurance que l’aide demeurera en place pendant que l’économie canadienne s’extirpe du marasme causé par la pandémie.

Selon le scénario intermédiaire de la Banque, environ 40 % des effets de la baisse de la production observée au premier semestre seront inversés au troisième trimestre. Toutefois, « la Banque s’attend à ce que la reprise de l’économie ralentisse par la suite, la pandémie continuant d’influer sur la confiance et le comportement des consommateurs, et l’économie devant s’ajuster à des défis structurels ».

En conséquence, la Banque prévoit que le PIB réel diminuera de 7,8 % cette année, pour ensuite afficher une croissance de 5,1 % en 2021 et de 3,7 % en 2022.

Maintien de la politique de soutien jusqu’à l’obtention d’améliorations durables

Le scénario du pire évoqué dans le RPM d’avril a été évité et l’économie canadienne est bien positionnée en vue d’une reprise partielle à court terme, mais la Banque du Canada entend maintenir ses politiques accommodantes jusqu’à ce que la situation de l’emploi, la confiance des consommateurs et des entreprises, les chaînes d’approvisionnement et la demande se soient améliorées de manière durable.

Dans son communiqué, la Banque du Canada indique que « pendant la transition de la réouverture à la récupération, des mesures de politiques monétaires exceptionnelles devront continuer de soutenir l’économie. Le Conseil de direction maintiendra le taux directeur à sa valeur plancher jusqu’à ce que les capacités excédentaires dans l’économie se résorbent, de sorte que la cible d’inflation de 2 % soit atteinte de manière durable ».

Le taux d’inflation de base mesuré par la Banque du Canada se situe actuellement sous la cible de 2 % et restera vraisemblablement bas tant que les problèmes d’offre temporaires (notamment les bas prix de l’essence) ne se dissiperont pas et que la demande n’augmentera pas.

En plus de maintenir les taux d’intérêt à leur valeur plancher, le programme d’assouplissement quantitatif de la Banque du Canada continuera de soutenir les ménages et les entreprises. La Banque du Canada est déterminée à soutenir l’économie canadienne jusqu’à ce que la reprise soit bien engagée, et elle se tient « prête à ajuster ses programmes si les conditions du marché le justifient ».

Cette annonce de la Banque du Canada est conforme à nos attentes d’une politique monétaire de soutien, d’une inflation contrôlée et de taux d’emprunt inférieurs pour les consommateurs et les entreprises dans un avenir prévisible. Par conséquent, aucune modification dans le positionnement de notre portefeuille n’est requise pour l’instant. L’annonce de la Banque du Canada n’a pas eu d’effets notables sur le taux de change entre les dollars canadien et américain, tandis que les taux d’emprunt à court terme du gouvernement canadien ont légèrement diminué.

Pour obtenir plus de détails, communiquez avec votre conseiller MD*.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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