La Banque du Canada laisse les taux inchangés, invoquant les inquiétudes quant au commerce mondial

September 4, 2019 Wesley Blight

La Banque du Canada (la « Banque ») a annoncé cette semaine qu’elle maintenait son taux cible de financement à un jour à 1,75 %.

En somme, la Banque estime que l’économie canadienne tourne presque à plein régime et que l’inflation est conforme à la cible. Cela dit, l’intensification des conflits commerciaux et l’incertitude qui en découle plombent l’économie mondiale. Dans ce contexte, la Banque se dit d’avis qu’il n’y a pas lieu de revoir les mesures de détente monétaire pour l’instant.

Les conflits commerciaux nuisent aux investissements

« Comme le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine s’est intensifié, les échanges mondiaux se sont contractés et les investissements des entreprises ont faibli », a indiqué la Banque dans son communiqué de mercredi matin« Cela pèse plus lourdement sur le rythme de l’économie mondiale que la Banque l’avait prévu [en] juillet. »

Si les dépenses des consommateurs et les dépenses publiques continuent de soutenir la croissance de l’économie américaine, les prix des produits de base ont quant à eux baissé, vu les inquiétudes grandissantes entourant les perspectives de croissance mondiale. « Ces inquiétudes, combinées aux réactions de certaines banques centrales, ont amené les rendements des obligations à des creux historiques et entraîné une inversion des courbes de rendement dans certaines économies, y compris le Canada. »

La croissance dépasse les attentes, mais temporairement

Bien qu’au Canada, la croissance (3,7 % en taux annualisé) ait dépassé les attentes qu’elle avait énoncées en juillet, la Banque ne croit pas que cette vigueur durera; le rebond tient à une production d’énergie plus forte et à une croissance robuste des exportations, toutes deux en rattrapage par rapport aux très faibles résultats du premier trimestre. Les investissements des entreprises se sont fortement contractés après un premier trimestre vigoureux, étant donné l’incertitude accrue entourant les échanges commerciaux. Les salaires, quant à eux, ont connu une remontée ce trimestre, ce qui a fait croître le revenu du travail, mais les dépenses de consommation ont affiché une faiblesse inattendue. « Compte tenu de cette composition de la croissance, la Banque s’attend à ce que l’activité économique ralentisse pendant la deuxième moitié de l’année », indique le communiqué.

L’activité dans le secteur du logement s’est renforcée plus rapidement que prévu : les reventes et les mises en chantier ont rattrapé la demande sous-jacente, stimulées par des taux hypothécaires plus bas. Bien que l’endettement déjà élevé des ménages risque d’augmenter encore de ce fait, la Banque dit s’attendre à ce que les récentes politiques – soit les nouvelles règles de souscription de prêts hypothécaires – finissent par amener un équilibre plus durable.

Cette annonce, qui vient confirmer que la croissance économique future devrait être moins forte que ne le laissaient entendre les données récentes, fait sans doute partie des signaux les plus importants envoyés par la Banque : des baisses de taux se profilent peut-être à l’horizon, comme le prévoient les marchés (les marchés anticipent une réduction des taux d’intérêt d’ici la fin de l’année).

Les marchés réagissent

Dans le monde des placements, le recul des taux d’intérêt depuis le début de l’année est bénéfique pour les rendements des titres à revenu fixe, et un peu aussi pour ceux des actions. Le retour des taux à des creux historiques, les banques centrales renforçant leur soutien monétaire, protège l’économie et stimule les marchés boursiers (grâce aux faibles taux sur les prêts hypothécaires et les marges de crédit commerciales, entre autres).

L’annonce est en parfaite adéquation avec les attentes des marchés, ainsi qu’avec les nôtres : des baisses de taux à brève échéance ne sont plus écartées. La nouvelle a entraîné une appréciation modeste du dollar canadien. Bien que l’annonce de la Banque les influence peu, les actions ont aussi progressé, et les taux des obligations du gouvernement du Canada ont légèrement baissé.

En résumé, la décision et les motifs de la Banque sont en phase avec nos attentes et, pour l’heure, il n’y a pas lieu de modifier sensiblement notre stratégie. Pour plus de renseignements sur l’annonce de la Banque du Canada, les taux d’intérêt en général ou votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

A propos de l'auteur

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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