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L’or, un placement qui en vaut le coup

L’or a connu une excellente année, son cours ayant augmenté d’environ 25 %. Ce n’est pas son premier mouvement ascendant : l’or a eu ses hauts et ses bas au fil des décennies. Après 30 ans de quasi-sur place, le prix de l’or a flambé à la suite des événements du 11 septembre 2001 et a atteint un nouveau sommet, soit 1 800 $US l’once, après la crise financière de 2008. À partir de 2011, il a baissé de façon constante, pour s’établir à 1 200 US$ l’once en 2019. Une tendance inverse s’est alors amorcée en août 2019, le précieux métal se vendant à un prix record (plus de 2 070 US$) au début du mois.

Chaque fois que l’or atteint ces niveaux vertigineux, les investisseurs me demandent inévitablement : « L’or est-il un bon placement? » et « Le moment est-il bien choisi pour investir dans l’or? » Quand il s’agit de placements « tendance » comme l’or, les gens ne posent pas toujours les bonnes questions. Plutôt que de demander si le moment ou le véhicule est bien choisi, il serait plus utile de comprendre les principes fondamentaux du placement en question, comment il se comporte et la place qu’il convient de lui accorder dans son portefeuille.

Riche comme Crésus : une petite leçon d’histoire

Contrairement aux autres matières premières, l’or fascine l’être humain depuis le début des temps. Puisqu’il ne se détériore et ne se corrode pas, il conserve mieux sa valeur que les autres métaux et, bien entendu, il brille.

L’or est utilisé comme monnaie dès 550 avant J.-C., lorsque le roi Crésus de Lydie, dans l’actuelle Turquie, frappe les premières pièces de monnaie. L’or servira de principale monnaie dans de nombreux pays (avec l’argent) jusqu’à l’adoption du papier-monnaie.

À la fin du XIXe siècle, la valeur de la monnaie est fixée en fonction de celle de l’or, plus précisément de l’« étalon-or », qui garantit que les réserves d’or correspondent à la masse monétaire du pays. Après les années 1970, les États-Unis de Richard Nixon dissocient le dollar américain de l’or, ce qui marquera le début du système de change flottant et aura pour effet d’établir le dollar américain comme monnaie de réserve.

Certains attribueront le bond récent du cours de l’or à l’importante augmentation de la masse monétaire américaine et mondiale ainsi qu’à la hausse de l’inflation qui pourrait en résulter. Cependant, si nous jetons un regard sur les dernières décennies, rien ne laisse croire qu’il existe un lien entre le prix de l’or et l’inflation. Sur une période de 20 ans débutant en décembre 1983, le prix de l’or a pour ainsi dire stagné, mais le taux d’inflation s’est élevé en moyenne à 4 %. À partir de 2004, l’inflation a ralenti considérablement pour se situer autour de 1,3 %, mais le prix de l’or a augmenté de 400 %. Dans un article publié en 2019, les économistes Claude B. Erb et Campbell Harvey ont d’ailleurs réfuté la thèse selon laquelle l’inflation influait sur les prix de l’or.

L’augmentation de la demande a fait grimper le prix de l’or

S’il est une chose que nous avons apprise au cours des 30 dernières années, c’est bien que le prix de l’or est d’abord dicté par la demande. La théorie tient la route compte tenu du caractère unique de ce métal précieux : contrairement aux matières premières comme le pétrole, l’or ne se consume pas. L’offre est fonction de la quantité d’or en circulation et de la masse exploitable.

Pour expliquer la demande d’or actuelle, il faut remonter au milieu de 2019, au plus fort des tensions entre les États-Unis et la Chine. Lorsque les États-Unis ont commencé à imposer des sanctions, la Chine, la Russie et plusieurs autres économies en émergence ont commencé à vendre leurs devises américaines et à stocker de l’or. Pendant la première moitié de 2019 seulement, la Chine et la Russie ont ajouté quelque 170 tonnes d’or à leurs réserves, une tendance qui s’est maintenue depuis. Fait intéressant, le prix de l’or et la valeur du dollar américain sont inversement proportionnels : plus le billet vert faiblit, plus l’or devient abordable pour les pays autres que les États-Unis, ce qui a pour effet d’accroître davantage la demande.

Comme effet domino, d’autres acteurs du marché (en réaction aux activités d’achat et à la hausse des prix) ont commencé à se ruer vers les fonds négociés en bourse (FNB) sur l’or, faisant encore une fois augmenter la demande et les prix. En juillet seulement, les FNB ont drainé 166 tonnes d’or supplémentaires, enregistrant des flux de trésorerie positifs pendant huit mois consécutifs pour cette classe d’actif.

S’est ajoutée à l’équation la pandémie de COVID-19. Les investisseurs ont alors commencé à rechercher des valeurs sûres en réponse à l’incertitude économique. Le dollar américain a souvent joué ce rôle, mais étant donné la situation géopolitique actuelle, bon nombre de ces investisseurs se rabattus sur l’or, ce qui a eu pour effet de stimuler de nouveau la demande et le prix.

Bien que les tensions géopolitiques et la pandémie actuelle puissent continuer de faire grimper le prix de l’or à court terme, force est de constater que celui-ci a toujours été volatil. L’issue des élections aux États-Unis ou une éventuelle évolution des relations géopolitiques pourraient influer sur la suite des événements. À mesure que les craintes se dissiperont, la demande d’or devrait se stabiliser et pourrait demeurer constante pendant un certain temps. Nous avons connu une telle stabilisation de la demande du milieu des années 1980 jusqu’au début des années 2000.

La règle d’or : ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier

Intégrer des titres aurifères à un portefeuille de placement diversifié pourrait être une bonne option. D’ailleurs, les portefeuilles de la plupart des clients de MD en contiennent.

Le Fonds collectif d’actions canadiennes GPPMD et le Fonds d’actions canadiennes MD sont indirectement exposés aux titres de sociétés aurifères dans des proportions de 9,8 % et de 9,9 %, respectivement. Dans le cas du Fonds collectif d’occasions stratégiques GPPMD, ce pourcentage est de 12,2 % et dans celui du Fonds d’occasions stratégiques MD, de 12,1 %. Il s’agit d’expositions directes et indirectes pour ces deux fonds.

Pour en savoir plus sur l’exposition au secteur aurifère chez MD, le positionnement de votre portefeuille ou les options de placement qui s’offrent à vous, veuillez contacter votre conseiller MD, qui se fera un plaisir de vous aider.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

 

 

À propos de l'auteur

Jean-François Bordeleau est gestionnaire principal de la pratique professionnelle chez Gestion financière MD. Conseiller auprès des conseillers MD, il renseigne ces derniers sur les normes, les principes et les solutions de MD en matière de placement.

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