L’attaque de drones en Arabie saoudite ébranle le marché du pétrole

L’attaque de drones lancée la semaine dernière sur les installations d’Aramco, un producteur saoudien de pétrole et de gaz naturel, a ébranlé marchés et investisseurs. L’agression n’a heureusement fait aucune victime, mais elle aggrave les tensions géopolitiques déjà intenses dans la région et a immédiatement amputé de 6 % l’offre mondiale de pétrole.

Avec la production saoudienne coupée de moitié, l’incertitude persiste, mais selon le ministre de l’Énergie du pays, le prince Abdulaziz bin Salman, la capacité devrait être plus ou moins restaurée d’ici la fin du mois et le retour à la normale achevé dès novembre.

Voici notre analyse des événements et de leurs conséquences sur les prix du pétrole et l’énergie :

L’économie mondiale demeure dépendante du pétrole

Dans la foulée de l’attaque, les prix du pétrole sur les marchés internationaux ont grimpé en flèche. Le prix du brut de Brent a grimpé à 67,50 $ US le baril, une augmentation de 12 % en une journée. Le pétrole demeure un moteur essentiel de l’activité économique (il comble environ le tiers de la demande énergétique mondiale), d’où l’inquiétude que suscite ce bouleversement de l’offre.

Toute perturbation des approvisionnements pourrait avoir de lourdes conséquences. L’Arabie saoudite a rapidement indiqué qu’elle serait en mesure de rétablir rapidement 41 % de sa capacité, d’où un relâchement immédiat de la pression sur l’offre mondiale. L’Agence internationale de l’énergie a du même coup conseillé à ses membres de constituer une réserve d’urgence d’environ 1,55 milliard de barils pour parer aux perturbations à court terme de l’offre et réduire au strict minimum les retombées des attaques.

Ces mesures réduiront les problèmes d’approvisionnement et stabiliseront les prix à court terme.

La volatilité des prix du pétrole : un état permanent

La poussée subite des cours pétroliers après l’attaque n’aurait dû surprendre personne. Les cours pétroliers sont notoirement volatils. Au cours des dix dernières années, l’indice de volatilité CBOE/NYMEX des prix du pétrole a presque atteint le double de l’indice de volatilité CBOE de l’indice S&P 5001.

Par ailleurs, même si l’attaque des champs pétroliers saoudiens a exacerbé la volatilité existante, les prix sont depuis redescendus.

Pour des prévisions plus fiables, les tendances à long terme

Vu l’instabilité chronique des cours pétroliers, les tentatives de prévisions à court terme ne nous semblent pas pertinentes. Nous préférons plutôt analyser les tendances à long terme qui influeront sur les prix.

Ainsi, l’innovation constante aux États-Unis dans l’exploitation du pétrole de schiste est l’une des tendances qui font baisser les prix en gonflant l’offre. À l’autre bout du spectre, la situation dans certains pays de l’OPEP comme l’Iran et le Venezuela, et les efforts soutenus de l’Arabie saoudite pour resserrer l’offre contribuent à la montée des prix, et donc, à un meilleur équilibre du marché.

À notre avis, le marché à terme du pétrole est un indicateur beaucoup plus précis de l’évolution possible des cours pétroliers à long terme. Il donne une meilleure idée des facteurs susceptibles d’influer sur le cours des actions et les rentrées de fonds des sociétés énergétiques.

Sur le strict plan économique, une augmentation soutenue des cours pétroliers provoquerait vraisemblablement une poussée inflationniste et comme l’énergie est au cœur d’à peu près toute l’activité économique mondiale, des pressions à la hausse prolongées sur les cours pétroliers finiraient par entraver la croissance.

Sous-pondération de l’énergie chez MD : aucun lien avec l’attaque

Depuis l’incident, nous n’avons apporté aucun changement d’importance à nos portefeuilles.

Nous maintenons une sous-pondération de -3,0 % à -4,5 % des titres énergétiques canadiens dans tous nos fonds communs et collectifs, surtout en raison du poids disproportionné du secteur de l’énergie (16,6 %) dans l’indice composé S&P/TSX.

Nous sous-pondérons également les titres énergétiques dans nos fonds communs et collectifs d’actions internationales et américaines, mais dans une proportion légèrement inférieure à 1 % (le poids relatif du secteur de l’énergie dans les indices de référence de ces marchés est, à environ 5 %, beaucoup plus modeste).

Finalement, nous maintenons une surpondération de 1,6 % des titres énergétiques dans le Fonds collectif d’actions de marchés émergents GPPMD par rapport à l’indice MSCI Marchés émergents (7,5 %).

Malgré l’horreur et les conséquences malheureuses de ces attaques, elles ne justifient aucun ajustement à notre portefeuille pour l’instant. Nous continuons de surveiller la situation et la conjoncture économique mondiale et le cas échéant, nous modulerons notre stratégie. Pour obtenir plus de renseignements, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD*.

 

1 Source: Bloomberg, CBOE

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

A propos de l'auteur

Ian Taylor

Ian Taylor, CFA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Stratégie de placement chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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