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Faire une différence grâce aux placements responsables

Jean-François Bordeleau et David Labrecque discutent des placements socialement responsables, de leur histoire, du contexte actuel et de l’approche de MD.

 

 

Nous remercions une fois de plus tous les médecins et professionnels de la santé qui prennent soin de nous en ces temps difficiles. Pendant que vous vous consacrez à la santé de la population, nous, chez MD, sommes déterminés à protéger le fruit de votre dur labeur. Nous sommes là pour vous et votre famille. Si vous avez des questions à propos des sujets abordés dans le balado ou de votre plan financier, nous sommes là pour vous aider.

Dans cet épisode de L’Analyste MD, nous discutons des placements socialement responsables. Jean-François Bordeleau, gestionnaire principal de la pratique professionnelle, et David Labrecque, planificateur financier, abordent l’histoire des placements socialement responsables, les occasions et les tendances actuelles, sans oublier l’approche de MD pour offrir des options de placement diversifiées à ses clients.

 

0:02       David Labrecque [DL]     Chers auditeurs, bonjour, et bienvenue à ce nouvel épisode de L’Analyste MD en baladodiffusion. Je suis David Labrecque, votre animateur pour la journée, planificateur financier chez Gestion MD. Et j’ai la chance, aujourd’hui, d’être en compagnie de Jean-François Bordeleau, directeur sénior de la gestion de la pratique au volet investissement. Il va nous en apprendre plus aujourd’hui sur les investissements socialement responsables.

0:26       DL          Dans notre épisode, on va faire un survol de l’histoire de l’investissement socialement responsable. Donc, comment ça a commencé, puis son évolution au fil des années. On va aussi regarder l’environnement actuel. Ça, ça veut dire les tendances, les risques, puis les opportunités. Puis finalement, on va discuter de l’approche de MD, puis des choix qui s’offrent à notre clientèle. Donc sans plus attendre, je vous présente Jean-François Bordeleau.

Donc bonjour Jean-François, je suis très content d’être avec toi aujourd’hui.

0:52       Jean-François Bordeleau [JFB]    Bonjour David. Moi aussi très heureux qu’on ait cette discussion-là aujourd’hui.

0:55       DL          Notre sujet du jour, Jean-François : l’investissement socialement responsable. Donc c’est trois mots qu’on entend de plus en plus régulièrement dans la bouche des gestionnaires d’investissements. Mais, c’est aussi un sujet chaud qui d’année en année préoccupe de plus en plus les clients.

Jean-François, si tu veux, on pourrait justement commencer par un bref historique.

1:14       JFB         Oui, bien, écoute David, ça me rappelle quasiment… Ça me ramène dans ma jeune jeunesse, quand j’avais commencé ma carrière chez MD, à la fin des années 90. Je travaillais à notre centre de courtage à ce moment-là, puis on commençait à voir des clients, des investisseurs qui nous appelaient et qui nous demandaient pour les fonds « éthiques », des investissements de type « éthique ». Donc ça, je dirais, c’est un petit peu la… la première génération, si on veut, au Canada, de fonds dits, ou de placements dits socialement responsables.

1:47       JFB         Le challenge, avec ces fonds éthiques là – on se rappelle : fin des années 90 –, c’est que c’est ce qu’on appelle des fonds d’exclusion. En anglais, on parle de sin funds, donc ça visait à éliminer à peu près tous les péchés possibles et inimaginables. Donc on avait des choses comme le tabac, les paris, là, le gambling, il y avait l’alcool, il y avait une certaine vue sur l’environnement. Il y avait une certaine vue sur l’armement également.

2:14       JFB         Donc ça faisait qu’il y avait… il ne restait plus beaucoup de choses dans ces produits-là. De fait, il restait surtout des soins de santé et la technologie. Fin des années 90, ces fonds-là performent très, très, très bien. Vient le mur où est-ce qu’il y a un petit peu le krach de la bulle technologique, et les rendements sont devenus négatifs très, très, très vite.

2:35       JFB         Donc l’industrie, en tant que fiduciaire, s’est dit : « OK. C’est bon, comme concept, sauf que le problème c’est que ça amène beaucoup trop de volatilité. Donc est-ce qu’on pourrait trouver une approche qui va nous permettre de respecter, du mieux possible, les principes de placement, les principes sociaux d’un client, tout en conservant notre devoir de diligence sur ces placements-là? »

3:00       JFB         Et c’est de là qu’est né, dans le début des années 2000, le concept de placement socialement responsable – en anglais, on parle beaucoup de SRI, Socially Responsable Investing. Et au Canada, ce concept-là a été mis en vedette par une compagnie qui s’appelle Sustainalytics, qui est peut-être un petit peu mieux connue sous le nom de l’un de leurs produits, qui est l’indice social Jantzi.

3:23       JFB         Donc ce que cette compagnie-là avait comme promu au Canada, c’est une approche où est-ce que oui, il reste encore quelques secteurs qui sont « péchés », qu’on va essayer d’éviter à tout prix, sauf que le but c’était d’avoir un petit peu d’argent dans tous les secteurs. Donc par exemple, oui, on pouvait avoir un petit peu d’énergie, mais en autant qu’on le faisait dans les compagnies qui étaient « moins pires » que d’autres.

3:48       JFB         Par exemple, il y avait des compagnies de sables bitumineux dans l’indice, mais c’était les compagnies qui utilisaient le moins d’eau, les compagnies qui avaient des programmes de réparation de l’environnement, des choses comme ça. Donc ça essayait de joindre un petit peu l’utile à l’agréable. Moi, j’appelais ça un petit peu l’approche « Moins pire que », et c’est ça qui a vraiment eu le vent dans les voiles de, je dirais, à peu près 2000 à 2015. Plus récemment, on parle de plus en plus d’une approche ESG; quand on regarde la plupart des nouveaux produits qui sont lancés, on parle de ESG, on parle de fonds qui sont « soutenables » (sustainable).

4:25       JFB         Donc c’est vraiment un petit peu les termes qu’on utilise de plus en plus, et puis plus récemment, on a commencé à sortir un petit peu du créneau qui est négatif-punition avec des séries de produits qui… je vais appeler ça de l’investissement avec impact. Donc c’est vraiment des placements pour avoir un impact positif sur certains secteurs, et ça, c’est… je vous dirais… pas que c’est… ça fait 6 mois, mais ça fait à peu près peut-être 18 à 24 mois qu’on commence à voir certains produits dans ce créneau-là.

4:58       JFB         Donc en résumé, David, on est partis d’une approche qui était très étroite, où est-ce qu’on cherchait à punir des secteurs, à une approche un peu plus générale, qui regarde les bons coups et les mauvais coups de certaines entreprises, et qui y va avec ceux qui ont les meilleures pratiques, à une approche aujourd’hui, dans certains cas, qui peut même être un petit peu activiste, qui cherche à investir dans les produits, les placements, les compagnies qui ont un impact positif au lieu d’avoir un impact négatif.

5:25       DL          C’est quand même intéressant de voir, vraiment, qu’il y a eu une évolution rapide là, puis un changement de mentalités dans les choix des investissements quand on parle du socialement responsable. Mais, tu as mentionné tout à l’heure un terme qui devient de plus en plus populaire puis qu’on entend de plus en plus, c’est « ESG », ou « environnement, social, gouvernance ». Est-ce que tu pourrais nous en dire un petit peu plus de ce côté-là, puis comment ça interagit ensemble?

5:49       JFB         Bien c’est qu’à la base, quand on regarde un petit peu le « socialement responsable », entre guillemets, puis quand les compagnies de placement, les compagnies sociales ont fait des sondages, si on veut, on… Ce qui était remarqué, c’est que c’était vraiment trois piliers qui étaient d’intérêt pour la population. Puis nous, on a fait des sondages avec nos médecins aussi, puis je vous dirais qu’on a eu des résultats similaires, où est-ce que le pilier environnemental, c’est un des piliers qui est les plus suivis par la majorité de la population. C’est vraiment un des piliers de cette approche-là, ESG.

6:28       JFB         L’autre, c’est l’aspect social, et le dernier, c’est l’aspect gouvernance. Quand on regarde ici, au Canada, ce qui est intéressant, c’est que le ES est venu avec le temps, mais c’est la gouvernance qui est… qui a été une des premières choses qu’on a vues dans certains des placements, et un des pionniers, justement, un Québécois, Stephen Jarislowsky, qui avait parti un comité pour la gouvernance au Canada, donc je vous dirais que, en termes de gestion, au Canada, le principe de gouvernance est quand même relativement bien établi ou… comparé à peut-être ce qu’on voit dans d’autres pays.

7:01       JFB         Mais quand on regarde l’environnement, ce qu’il faut comprendre, c’est que c’est pas juste les combustibles fossiles. Souvent, on parle environnement, pétrole, ça finit là. C’est beaucoup plus complexe que ça. L’utilisation de l’eau, dans certains cas, peut être un facteur qui est considéré dans les facteurs environnementaux. Si on regarde le secteur minier, dans certains cas, il y a certaines pratiques d’extraction du minerai qui sont très polluantes. Exemple : pour extraire certains minerais, il faut prendre du cyanure ou des dérivés comme ça, qui est pas vraiment avantageux pour l’environnement.

7:35       JFB         Donc quand on regarde l’environnement, oui, le combustible fossile est un des facteurs qui est peut-être le plus visible, mais c’est beaucoup plus que ça. L’aspect social, ça peut être des choses comme l’utilisation de… d’employés en bas âge, là, des enfants, dans certains pays, ou le cheap labour. Donc ça c’est un des facteurs. Ça peut être par rapport à l’inclusion, à la diversité, ça peut être l’armement, par exemple, qui est un aspect un peu plus social.

8:00       JFB         La gouvernance, j’y ai déjà touché un peu, c’est beaucoup plus comment les compagnies opèrent. Un exemple qu’on voit peut-être un peu plus au Canada des fois, qui est souvent mis comme un problème de gouvernance, puis j’aurai pas un débat nécessairement là-dessus, mais c’est les compagnies avec structure à deux classes d’actionnaires. Exemple : une classe des actionnaires A, actionnaires B, où B est une famille qui va détenir la majorité des droits de vote mais pas nécessairement la majorité de l’actionnariat.

8:26       JFB         Donc ça, ça peut amener certains… certaines questions par rapport à la gouvernance de l’organisation. La diversité encore là au niveau du comité de direction, les pratiques de transparence, ces choses-là vont être des choses qui vont faire partie de l’aspect gouvernance. Donc de plus en plus, on voit des gestionnaires qui regardent l’aspect environnemental, l’aspect social, l’aspect gouvernance, puis peut-être en résumé, ce que je te dirais, David, c’est qu’en Europe, ça fait un peu plus de temps qu’on voit un focus là-dessus; au Canada, c’est venu au cours des quelques dernières années; aux États-Unis, c’est un petit peu plus naissant comme tendance, mais on voit qu’il y a un bout de chemin qui est en train de se faire de ce côté-là.

9:04       DL          Bien merci beaucoup pour tes explications, Jean-François. On voit vraiment que c’est un sujet qui devient global. Puis maintenant qu’on en comprend plus, justement, sur la base des investissements socialement responsables, qu’est-ce que tu pourrais nous dire sur les opportunités puis les risques qui sont reliés justement à la gestion de ces investissements-là?

9:21       JFB         Moi, je pars toujours du concept que les questions d’environnement, les questions sociales, gouvernance, les questions éthiques, c’est quelque chose qui part un petit peu d’un point personnel. Ceci étant dit, il y a certaines grandes lignes directrices qui affectent un peu tout le monde, qu’il faut quand même porter attention. Et puis, donc quand on regarde le risque, souvent, c’est qu’en placements qu’on parlait, on parlait de la volatilité, qui est un risque.

9:47       JFB         Donc c’… un des principes pour un petit peu aller alentour de ça c’est de diversifier un portefeuille. Donc on va avoir un peu de tout, finalement. On va avoir de la technologie, des soins de santé, on va avoir de l’énergie, on va avoir des compagnies de consommation, des choses comme ça… Sauf qu’il y a aussi un deuxième risque, et ce risque-là est à travers chacune des compagnies. C’est que si une compagnie s’engage dans des politiques qui ne sont pas saines d’un point de vue environnemental, ça peut créer un risque de poursuite, par exemple, qui pourrait amener des dépenses très importantes pour la compagnie.

10:24    JFB         Ça peut amener un risque de réputation. Même chose au niveau social : si une compagnie a des pratiques sociales en termes d’utilisation de travailleurs qui sont, exemple, trop jeunes, ou pas assez bien payés, ça peut amener un boycott, peut-être, des produits et des services de cette organisation-là, qui en retour va venir… pourrait venir diminuer le prix de cette compagnie-là. On regarde, on recule juste quelques années, si on se rappelle, David, en 2015, il y avait eu le scandale avec Volkswagen, qui avait un petit peu bousillé les résultats de ses tests d’émissions.

10:59    JFB         Donc dès que la compagnie, ça a été confirmé qu’ils avaient triché, le titre a baissé d’à peu près 60 % à ce moment-là, d’un moment très très rapide. Donc le risque, oui il y a un risque de volatilité, mais il y a un risque à ne pas s’attarder aux facteurs, aux pratiques environnementales, sociales et de gouvernance de certaines compagnies. Puis si on reprend Volkswagen comme exemple, oui, ils se sont « améliorés », entre guillemets, ils ont fait certaines promesses, ils ont décidé d’avancer de l’avant, de faire certaines choses, puis peut-être d’aller plus dans l’électrique, sauf qu’en date d’aujourd’hui, ils sont encore 40 % en bas du niveau qu’ils étaient voilà cinq ans.

11:40    JFB         Donc quand on regarde ça de même, c’est… Le risque, oui il y a le risque de pas être assez bien diversifié, mais si une compagnie prend pas des bonnes méthodes, a pas des bonnes pratiques, ça peut avoir un effet très réel sur le risque d’investir dans certaines compagnies.

11:59    DL          Oui mais c’est quand même intéressant de voir ça, justement, sous cet angle-là. Mais moi, il y a une question qui me trotte dans la tête : c’est quoi, la position de MD, dans tout ça, puis c’est quoi, son approche par rapport à ce type d’investissement-là?

12:13    JFB         Oui. Bien écoutez, tu as commencé, David, par la question : « C’est quoi la position? ». Donc la position, à la base, c’est que les facteurs d’environnement, les facteurs soci[aux], les facteurs de gouvernance, moi j’ai ma vision là-dessus; toi, David, tu as ta vision; certains de nos auditeurs aujourd’hui vont tous avoir des positions différentes sur certaines de ces choses-là. Donc d’un certain point de vue, on n’est pas là pour imposer des vues puis sortir des choses juste parce que.

12:37    JFB         Ceci étant dit, comme je le mentionnais auparavant, il faut regarder ces facteurs-là, pas juste d’un point de vue éthique, pas juste d’un point de vue survie, mais aussi d’un point de vue diligence en termes de placement. Donc nous, chez MD, la manière qu’on met ça en place, on parle d’investir de manière responsable. Donc façon pratico-pratique, ce qu’on fait, c’est que la première étape c’est de savoir ce qu’on a dans les portefeuilles et s’il y a des risques qui [ont] été identifiés par rapport à ces compagnies-là.

13:10    JFB         Donc on a des bases de données auxquelles on a accès, qui [vont] identifier tous les petits bobos, tous les petits problèmes, et qui [vont] nous donner des scores d’un point de vue environnemental, d’un point de vue social, d’un point de vue gouvernance sur tous les titres qu’on a. Donc au moins une fois par mois, notre comité de placement se réunit, fait cette revue-là de tous les produits, et par la suite va « identifier », entre guillemets, les titres qui amènent des risques au niveau environnemental, social, gouvernance, dans le portefeuille.

13:45    JFB         Je te dirais qu’on a tendance à focusser plus sur l’environnement et le social. Quand on a fait des sondages avec les médecins, « environnement » est sorti numéro un comme inquiétude principale; les enjeux sociaux, quand même un bon deuxième. On n’ignore pas la gouvernance : s’il y a des gros problèmes de gouvernance, c’est certain qu’on va s’y attarder, puis qu’on va avoir des bonnes discussions avec la compagnie, mais je te dirais, David, que c’est comme le troisième critère qui arrive.

14:11    JFB         Donc beaucoup d’emphase sur environnement, aspects sociaux, puis si on voit qu’il y a un problème, bien à ce moment-là on va parler avec notre gestionnaire de fonds ou aller directement à la compagnie pour avoir l’heure juste, dire : « Bien écoutez, voici ce qu’on voit, c’est un risque, on n’est pas confortables avec ça, on pense que c’est ce qui pourrait arriver à votre titre boursier si cette tendance-là venait à se matérialiser. Donc c’est quoi un petit peu votre plan d’attaque? C’est quoi votre plan d’action? »

14:35    JFB         Ces compagnies-là vont, après, partager avec nous, ou via notre gestionnaire de fonds ou directement avec nous, c’est quoi un peu leur approche. [Est-ce que] ça va être une approche de se débarrasser du titre? Ça va… Bien, je veux dire, la compagnie ne se débarrasse pas, mais je veux dire, se débarrasser des entités qui sont problématiques. Est-ce que ça va être de changer leurs pratiques? Donc peu importe, on s’attend à avoir une réponse, et basés sur cette réponse-là, on va refaire nos calculs, on va demander à [inaudible] de refaire ses calculs, et voir si ça continue à faire du sens de détenir ce titre-là à la lumière de ces… des facteurs de risque qu’on vient d’identifier.

15:16    JFB         Donc ça c’est, en gros, un petit peu l’approche, mais ce que j’aimerais rajouter, c’est que on… MD est un signataire de la déclaration des Nations Unies sur les principes de placements responsables. En 2020, on a aussi signé au Canada comme une entente pour promouvoir la diversité et l’inclusion au… dans le monde des placements, au niveau des compagnies canadiennes, on s’est joints à ça. Et on utilise aussi les services d’une compagnie qui s’appelle ISS, Institutional Shareholder Services , pour voter ce qu’on appelle, là, les procurations, les proxy voting en anglais, qu’on a sur les compagnies qu’on détient dans nos portefeuilles, en étant alignés sur les principes des Nations Unies sur le développement durable.

16:04    JFB         Donc ça, par rapport à ça, c’est certaines des pratiques qu’on incorpore. Donc peut-être pour résumer là rapidement, David, parce que j’ai quand même partagé beaucoup, on fait un… on veut connaître c’est quoi nos titres, on fait un suivi, on a du scoring, on engage directement d’une façon activiste ou bien notre sous-gestionnaire ou les compagnies directement pour voir les remèdes qu’ils proposent aux problèmes qu’on a identifiés.

16:34    JFB         Si ces remèdes-là font du sens, à ce moment-là le problème s’amenuise; si c’est un petit peu trop léger, à ce moment-là on a des discussions un petit peu plus soutenues avec notre gestionnaire de portefeuilles à savoir si les risques sont devenus trop grands, et tout ça en appliquant et en prenant en considération les principes de placements responsables des Nations Unies.

16:57    JFB         Donc en résumé, c’est ça, puis l’autre chose peut-être que je rappellerais, David, c’est que le placement responsable, c’est pas nouveau. Chez MD, ça fait quasiment 40 ans qu’on exclut le tabac de tous nos portefeuilles. Ça avait été une position des membres qui avait été endossée voilà à peu près une quarantaine d’années, donc on avait mis ça en place à ce moment-là, donc c’est pas quelque chose qu’on a commencé hier matin, mais bon, certain qu’avec le temps, l’approche s’est un petit peu améliorée et précisée, là.

17:24    DL          Tu vois, je suis sûr que, justement, nos auditeurs qui sont dans le domaine de la santé doivent être bien contents d’entendre qu’aucun de nos fonds a des investissements dans l’industrie du tabac. Mais, dis-moi, Jean-François, ce serait presque criminel de parler d’investissement socialement responsable si on oubliait de parler du Fonds d’actions puis du Fonds d’obligations sans combustibles fossiles MD. Ça c’est deux fonds qui tombent directement en ligne avec notre sujet d’aujourd’hui. Fait que je voulais savoir : est-ce que tu pourrais nous parler un petit peu de leurs performances puis de ce qu’on peut s’attendre pour le futur?

17:53    JFB         Bon bien en termes de performances, la bonne nouvelle, c’est que jusqu’à tout récemment, l’énergie est un secteur qui a sous-performé les indices mondiaux. Donc en ayant des produits dépourvus de répartition d’actifs au secteur de l’énergie et des combustibles fossiles, bien ce sont des fonds qui ont très très très bien fait, surtout le produit en actions, par rapport à ses pairs et par rapport aux indices de référence. Donc de ce côté-là, oui, ça a bien performé, mais c’est en grande partie à cause de la… d’une performance très médiocre du secteur énergétique au cours des, à peu près, 12 à 18 derniers mois.

18:30    JFB         Moi j’aimerais peut-être un petit peu aller du… pourquoi qu’on a lancé ces produits-là initialement. Puis tantôt je disais que quand on a fait les sondages auprès des médecins, l’environnement était un des facteurs qui étaient le plus importants pour eux. Donc c’est certain que comme compagnie, on fait affaire avec les médecins, on a la capacité de lancer des nouvelles offres de placements, il faut le faire quand même de façon responsable, il faut s’assurer qu’on va avoir un assez grand nombre de clients intéressés à une offre de service avant d’offrir un produit. Donc quand on avait fait un petit peu nos études de marché, aux alentours de… 2017, si je me rappelle bien, 2016-2017, on avait vu qu’il y avait vraiment un intérêt pour l’aspect environnemental.

19:11    JFB         C’est là qu’on commençait à voir un engouement pour un petit peu la… se départir des produits en combustibles fossiles. Donc il y avait des pressions faites sur des plans de pension, des plans universitaires, des choses comme ça, à l’échelle mondiale. Donc on a lancé de… on a décidé de lancer un produit d’actions mondiales sans combustibles fossiles et un produit d’obligations sans combustibles fossiles.

19:30    JFB         Donc ça, ça met, un petit peu, je te dirais un crochet, là, un checkmark aux côtés de l’aspect environnemental. Comme je l’ai dit plus tôt par exemple, l’environnement, c’est plus compliqué que juste les combustibles fossiles, mais ça adresse déjà un des grands problèmes en secteur environnemental. Un peu plus récemment, on a ajouté une autre restriction à ce produit-là, qui est une restriction plus dans le domaine social, où est-ce que ce qu’on appelle les armes, entre guillemets, « controversées » sont également… les compagnies qui produisent des armes controversées sont également exclues de ces deux produits-là.

20:04    JFB         Donc environnement, un aspect social, le tabac est toujours exclu, et on a un gestionnaire de qualité, on a des gestionnaires de qualité dans ces produits-là, donc au niveau des actions, on a Jarislovsky Fraser, que j’avais mentionné plus tôt dans l’appel-conférence, qui est basé au Canada puis justement qui a une approche depuis plusieurs années focussée sur la gouvernance, mais qui considère aussi les aspects environnemental et sociaux.

20:28    JFB         Donc c’est… c’est l’fun d’avoir aussi un gestionnaire qui, en esprit, se rapproche du but qu’on essaie d’obtenir avec ce… ce produit d’action-là. Au niveau des obligations, règle générale, les obligations c’est un petit peu moins problématique, mais encore là, ça veut dire qu’on va exclure quelques compagnies qui pourraient émettre des obligations dans ce secteur-là, et puis ce produit-là a quand même bien performé malgré l’environnement de très bas taux qu’on voit pers… présentement.

20:59    JFB         Il y a peut-être la seule petite publicité que j’aimerais faire, David, si tu me permets, c’est que ces deux produits-là demeurent encore quand même relativement petits en termes d’actifs sous gestion, puis nous, un désir qu’on avait depuis le début avec le produit en actions, c’est d’avoir un petit peu cette tranche-là que… d’activisme, que je parlais au début. Donc de pas seulement se départir des combustibles fossiles, mais d’avoir un… à peu près jusqu’à 10 % du produit qui investirait dans des compagnies d’énergies propres, par exemple.

21:30    JFB         Et à cause de la taille du fonds, on n’est pas encore rendus là, mais à mesure que l’actif sous gestion du produit croît, on a un très très fort intérêt pour avoir cet impact-là positif avec ce produit-là.

21:43    DL          Merci pour l’information par rapport à nos deux… à nos deux fonds. Dis-moi, justement, tu parlais là que le socialement responsable, c’est beaucoup des choix personnels, fait que ce qu’on comprend dans le fond, c’est que chaque personne a ses propres convictions quant aux différents enjeux sociaux. Fait que si on tient compte de ça, qu’est-ce que tu suggérerais dans le fond à ceux qui cherchent le, entre parenthèses, « bon investissement » socialement responsable?

22:07    JFB         À la base, David, ce que… ma recommandation, c’est que… ces gens-là prennent le téléphone ou vont en ligne dans leur compte pour contacter les gens comme toi, donc nos conseillers financiers chez MD, pour avoir une discussion sur leurs valeurs, ce qui est important pour eux, et avoir une idée de l’éventail de produits et services qui sont disponibles.

22:31    JFB         Je crois que, fortement que, nos produits sans combustibles fossiles, pour les gens sensibles aux aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance, est un très bon départ pour un portefeuille de nos clients. Ceci étant dit, il faut qu’un conseiller fasse cette analyse-là pour s’assurer que le produit soit adéquat pour le client, et aussi voir s’il y a peut-être pas d’autres alternatives qui pourraient s’ajouter à ça.

22:56    JFB         Par exemple, un portefeuille qui serait basé de nos deux fonds sans combustibles fossiles aurait une faible pondération au Canada. Donc nous, on prend le temps de regarder les options disponibles ici chez nous pour avoir un portefeuille qui est mieux diversifié. Justement, c’est pour ça qu’on fournit des outils à tous nos conseillers, toutes nos conseillères à travers le pays, qui vont regarder la répartition à certains secteurs clés. Le nom de l’outil s’appelle Morningstar Advisor Workstation. C’est Morningstar qui a justement racheté, au cours des six derniers mois, la compagnie Sustainalytics que j’ai mentionnée plus tôt dans ma présentation.

23:34    JFB         Donc on est capables de voir la répartition des… à peu près tous les produits au Canada dans des secteurs comme les points environnementaux, donc les combustibles fossiles, le charbon, ces choses-là, mais aussi alcool, le jeu, là, le gambling, la fourrure, les pesticides, les organismes gé… modifiés génétiquement, certains aspects sociaux, l’armement, des choses comme ça. Donc il y a un certain screening qui peut être fait avec ces outils-là, et s’il y a des facteurs qui sont très très très importants pour vous, bien c’est relativement facile de voir le type ou le nom de certains placements qui pourraient répondre à vos attentes.

24:17    JFB         Il y a un petit bémol ici cependant, c’est que si on ne veut pas 10, 15, 20 affaires, bien vient un certain point où est-ce qu’on a tellement enlevé de choses qu’il reste peu ou pas de produits disponibles. Donc il faut quand même une certaine flexibilité. Puis l’autre chose, c’est que, comme je disais tantôt, c’est que oui c’est correct de focusser sur le négatif, puis de dire : « On veut exclure A, B, C, D, E », sauf que le problème des fois qui peut arriver avec ça, c’est qu’on n’a plus comme un siège à la table. Donc on ne peut pas influencer les compagnies à agir différemment, à agir mieux.

24:55    JFB         Donc je ne vous dis pas que c’est mauvais, la divestiture, mais il faut quand même avoir un équilibre par rapport à une certaine diversification dans son portefeuille, et ça bien, avec des gens comme toi, David, les clients peuvent avoir cette révision-là de leur portefeuille, de leur portefeuille potentiel, qui peut être faite.

25:17    DL          Donc la morale de l’histoire : si vous avez des convictions sociales puis que vous voulez que ça se reflète dans vos investissements, il y a moyen de le faire. Il faut juste vous assurer de bien le faire. Fait que je voulais te remercier, Jean-François, d’avoir été avec moi aujourd’hui. C’était vraiment intéressant d’en apprendre plus sur les investissements socialement responsables, puis de voir aussi comment MD réussit à tirer son épingle du jeu de ce côté-là.

25:40    JFB         Merci David, ça m’a fait plaisir de discuter avec toi aujourd’hui.

25:41    DL          Puis pour vous, chers auditeurs, client ou pas, si vous avez des questions sur notre sujet du jour ou sur votre portefeuille, gênez-vous pas : vous pouvez contacter un de nos conseillers MD en tout temps, on est vraiment là pour vous aider. Puis si vous avez aimé notre balado, je vous conseille de vous y inscrire directement auprès de votre fournisseur de baladodiffusion. Je vous invite aussi à visiter le site Web de MD au www.md.ca pour avoir du contenu supplémentaire. Vous allez y trouver des articles, des vidéos, puis beaucoup d’autre matériel informatif.

26:11    DL          Avant de vous quitter, une dernière petite chose : je voulais juste dire un merci sincère à tous les docteurs, les professionnels de la santé, tous les travailleurs qui sont sur le front présentement. On apprécie réellement ce que vous faites. Puis sur ce, je vous souhaite une excellente journée, et on se dit à un prochain épisode de L’Analyste MD.

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* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

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