Europe : une année chargée, mais peut être pas si mauvaise

November 19, 2018 Ian Taylor

          

Europe : une année chargée, mais peut‑être pas si mauvaise

À distance, les marchés européens semblent se diriger vers un début d’année 2019 agité par une succession d’événements susceptibles d’ébranler les investisseurs. Voici quelques-uns des thèmes qui feront la manchette :

Dernier mandat de Merkel. Doyenne des dirigeants européens, Angela Merkel cédera sa place à la tête de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne dès la fin de 2018. Elle espère demeurer chancelière jusqu’en 2021, mais son passage à l’avant-scène de l’Union européenne (UE) tire à sa fin.

Jour J du Brexit. Avec ou sans entente, le Royaume-Uni s’apprête à quitter l’UE. La date butoir est le vendredi 29 mars 2019 à 23 h, heure de Londres, soit au douzième coup de minuit à Bruxelles.

Élections européennes. Le huitième mandat du Parlement européen prendra fin en avril 2019 et des élections auront lieu du 23 au 26 mai. Les citoyens des 27 pays membres éliront donc 705 députés qui les représenteront au Parlement européen.

Changement de garde à la Banque centrale. Le mandat de huit ans du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, prendra fin en octobre 2019. Dans un discours célèbre prononcé en 2012, il s’était engagé au nom de la BCE à « prendre les moyens pour protéger l’euro », ce qui a déclenché une phase haussière de deux ans sur les marchés européens de la zone euro et une appréciation des titres de près de 50 %.

Une année cruciale pour l’UE? Peut-être, mais pas nécessairement…

Après une analyse plus serrée de la situation en tant qu’investisseurs, l’année « cataclysmique » que certains entrevoient n’aura peut-être pas tant d’effets sur la santé économique et les perspectives de la zone euro.

Voici pourquoi :

Lenteur du Brexit. Peu importe le sort réservé au Brexit, une longue période de transition et de négociations est à prévoir afin de définir les futures relations (notamment commerciales) entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Cette transition durera au moins jusqu’en 2020, ce qui atténuera toute perturbation éventuelle.

Solidité de l’économie. Collectivement, la zone euro possède l’une des plus grosses économies mondiales. Les économies nationales de la zone euro ont toutes repris pied, et sont dans une phase de croissance qui, à notre avis, durera malgré le ralentissement actuel. La région vient en effet de connaître sa meilleure année depuis la crise financière, d’où le ralentissement actuel, mais dans l’ensemble, le rythme de l’expansion demeure supérieur.

Gestion des risques. L’économie de l’UE a démontré à maintes reprises sa résilience aux contrariétés budgétaires : en Grèce, en Irlande, au Portugal, puis encore une fois en Grèce. C’est aujourd’hui le tour de l’Italie. Écartons d’emblée tout « Brexit à l’italienne », car le premier ministre italien lui-même écarte avec insistance ce scénario. Les possibilités de propagation sur les autres marchés de la zone euro sont par ailleurs minces.

Processus en cours. L’union monétaire de la zone euro est en évolution constante, au fil de l’adoption par les pays membres de réformes structurelles visant à accroître la productivité et à réduire les déficits. Le mouvement s’est amorcé en Espagne. La France a suivi, mais l’Italie tarde à adhérer au mouvement. Le modèle de l’UE n’est pas une fin en soi, mais plutôt un outil d’intégration économique progressive.

Marchés européens : un rendement qui transcende la géographie

Nous croyons que l’analyse macroéconomique descendante mondiale et la compréhension des risques régionaux sont des compléments idéaux à l’analyse traditionnelle ascendante pour nos portefeuilles, ce qui nous permet de maintenir l’accent sur les facteurs fondamentaux des entreprises.

Nos portefeuilles MD contiennent de nombreux titres européens d’entreprises de calibre mondial dotées d’une bonne planification et capables de résister à d’éventuelles perturbations à court terme en 2019 et au-delà.

Voici quelques exemples dignes de mention :

  • Nous détenons une position dans Inditex, le géant espagnol de la mode mieux connu sous le nom de Zara et le plus gros détaillant de vêtements dans le monde. Son dirigeant, Pablo Isla, vient d’être désigné pour la deuxième année consécutive « chef de la direction le plus performant » du monde par la Harvard Business Review.
  • Toujours en Espagne, Amadeus IT est au nombre des sociétés générant le plus de rendement dans les portefeuilles d’actions internationales de MD malgré les vents contraires créés par la dévaluation de l’euro. Amadeus est un chef de file des solutions technologiques destinées au secteur mondial du voyage. Air Canada et WestJet sont au nombre de ses clients.
  • La relation entre l’Italie et l’UE est actuellement perturbée par des divergences de vues économiques, mais nous ne détenons aucune action du secteur bancaire italien, le plus vulnérable à ce genre de désaccord. Nous détenons cependant un très rentable bloc d’actions d’Enel, une entreprise de services publics pionnière des énergies de remplacement comme nous le mentionnions dans notre billet de la semaine dernière.
  • En France, plusieurs sociétés d’envergure mondiale en portefeuille se sont imposées dans leur domaine. Nous aimons plus particulièrement L’Oréal, dont les cosmétiques et produits d’hygiène personnelle sont peu sensibles aux cycles économiques mondiaux. Son bilan est exempt de toute dette nette, ce qui la rend moins vulnérable aux soubresauts des marchés financiers.
  • Si vous portez des lunettes ou des lentilles cornéennes, celles-ci ont fort probablement été fabriquées par EssilorLuxottica, l’entreprise née de la fusion (en voie de conclusion) entre la société française Essilor et l’Italienne Luxottica. Parmi les marques détenues par ce nouveau géant de l’optique, mentionnons Ray-Ban et LensCrafters.
  • Air Liquide est un fournisseur dominant de produits chimiques et de gaz industriels, notamment de gaz médicaux. Nous avons récemment eu vent d’un projet d’Air Liquide de développer une division de distribution d’hydrogène pour le marché des piles à combustible.

Gérer les impondérables comme le risque de change

Le succès en portefeuille des titres européens est dans une large mesure tributaire des fluctuations de l’euro. Nous gérons donc activement notre exposition à cette monnaie. L’euro demeure sous-évalué dans une perspective à plus long terme, mais les indicateurs à court terme de nos modèles, y compris nos indicateurs des taux d’intérêt ajustés en fonction de l’inflation, sont très faibles en ce moment, d’où notre décision de limiter nos positions à découvert en euros, surtout par rapport aux devises nord-américaines.

Il est intéressant d’essayer de deviner de quoi seront faites les futures manchettes, mais il serait malavisé de tenter de prédire le comportement à venir des marchés d’Europe ou d’ailleurs.

L’important est de nous en tenir à notre stratégie et de trouver des titres susceptibles de créer à long terme de la valeur dans votre portefeuille.

Pour plus de renseignements sur les événements en Europe ou sur votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD.

A propos de l'auteur

Mark Fairbairn, CFA, B.Ing., vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie

Mark Fairbairn, CFA, B.Ing., est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions non nord-américaines ainsi que du volet de superposition des devises des fonds d’actions.

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A propos de l'auteur

Ian Taylor

Ian Taylor, CFA, CIM, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Stratégie de placement chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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