Coupe du monde de soccer, guerres commerciales et autres spectacles coûteux

July 6, 2018 Marija Majdoub

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Au moment où les amateurs « du ballon rond » se réunissent pour assister au magnifique spectacle que nous offre la Coupe du monde de soccer, une confrontation qui n’a rien de magnifique est aussi en voie de se transformer en spectacle. Je parle ici de l’escalade des guerres commerciales.

L’équipe des États-Unis n’a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde cette année, mais la superpuissance n’en cherche pas moins à imposer sa domination à l’échelle mondiale en s’opposant à ce qu’elle perçoit comme des pratiques commerciales discriminatoires de la Chine, de l’Union européenne, et de ses alliés de l’ALÉNA ici en Amérique du Nord.

Le plus récent tir de pénalité de ce match a pris la forme de l’imposition par les États-Unis de tarifs de 25 % sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises, comme des machines industrielles et leurs pièces. Beijing a déjà annoncé sa riposte : des tarifs seront prélevés sur les VUS, fèves de soya, aéronefs et autres produits américains.

Le mois dernier, les États-Unis avaient imposé des tarifs de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium à l’aube d’une présence plutôt hostile du président américain Donald Trump au Sommet du G7 au Canada.

Il appert que dans leur ambition de dominer le jeu, les États-Unis sont prêts à défier tous les autres pays.

Qui marque des points dans cette lutte entre puissances commerciales?

Ces guerres commerciales pourraient saper la confiance dans l’économie et les marchés américains, mais les autres pays souffriront aussi probablement du ressac.

Lorsque les échanges commerciaux ralentissent, le dollar américain tend habituellement à se renforcer et il conservera donc probablement son statut de principale devise de réserve mondiale.

Pour la Chine, l’escalade commerciale avec les États-Unis pourrait fournir au président Xi un bouc émissaire à qui imputer la responsabilité de difficiles réformes économiques devenues inévitables.

Ailleurs en Asie, les retombées directes des tarifs américains sur les importations chinoises seraient relativement minimes, mais les perturbations des chaînes d’approvisionnement régionales pourraient être généralisées.

Taiwan, Singapour et la Corée sont les pays les plus exposés à toute vacillation de l’économie asiatique. La production de ces pays est en effet en bonne partie liée aux exportations vers la Chine de produits intermédiaires qui y sont ensuite pour la plupart assemblés ou transformés, puis réexportés.

Les effets des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine pourraient entraver les activités des secteurs des produits de consommation discrétionnaire, des produits industriels et de la technologie, car les tarifs augmentent le coût des matériaux des produits manufacturés.

Mexique : sur la touche, mais désireux de ramener le ballon sur le terrain de l’ALÉNA

Le jour même de l’élimination de l’équipe mexicaine de la Coupe du monde, les Mexicains élisaient massivement un nouveau président de gauche, Andrés Manuel López Obrador, plus communément appelé AMLO. Difficile de dire quelle manchette est la plus spectaculaire!

Le programme de López Obrador est plus nationaliste que socialiste, et vise à combattre la corruption et le trafic de drogues. Critique de l’ALÉNA dans le passé, le nouveau président semble maintenant appuyer les négociations pour son renouvellement et souhaite que des membres de son équipe soient présents à toute rencontre qui aurait lieu d’ici son intronisation le 1er décembre prochain.

Pourtant, même si le Canada et le Mexique s’efforcent de faire progresser les discussions, Trump préférera sans doute attendre les résultats des élections de mi-mandat de novembre au Congrès avant de s’engager dans une nouvelle entente ou de donner suite à ses menaces de tarifs additionnels.

Ironiquement, sur le plan sportif, les trois pays demeurent de bons amis : le Canada, les États‑Unis et le Mexique ont été conjointement désignés pour accueillir la Coupe du monde de la FIFA en 2026.

Sur les marchés, pas d’arrêt de jeu : signaux que nous surveillons

Nous observons attentivement le cycle économique, la conjoncture macroéconomique mondiale, les bénéfices des sociétés, l’état des marchés financiers et les risques avant de décider ou non de surpondérer les actions par rapport aux obligations dans nos portefeuilles.

Nous ne voyons pas dans l’immédiat de raisons de moduler notre stratégie de placement. Selon nos indicateurs, les actions offriront vraisemblablement un rendement supérieur à celui des obligations au cours des 12 prochains mois et nous entendons donc continuer de les surpondérer modérément.

Nos portefeuilles continuent de privilégier une surpondération tactique des actions en général, et en particulier des actions américaines et du dollar américain. Nous maintenons également la surpondération modérée des actions françaises et allemandes, et la pondération neutre des actions des marchés émergents.

Nous continuons de privilégier le sentiment des entreprises et les bénéfices des sociétés comme indicateurs des effets de l’incertitude commerciale sur les dépenses des entreprises et leurs projets d’expansion.

Encourager l’équipe locale dans une économie mondialement intégrée

Contrairement au soccer, où un champion sera couronné la semaine prochaine, les guerres commerciales ne feront pas de gagnants.

Tous les quatre ans, le sport le plus populaire de la planète avive les rivalités et les sentiments nationaux. L’équipe de placement de MD compte des représentants de la Tunisie, du Maroc, du Cameroun, du Congo, d’Haïti, de la Chine, de l’Allemagne, de la Suisse, de l’Italie, de l’Angleterre, de l’Irlande et de l’Écosse, et tous affichent fièrement leurs couleurs dans un esprit de franche camaraderie.

En ce qui me concerne, sachez que j’encouragerai l’équipe de Croatie ce week-end. Le pari est risqué, mais la Coupe du monde de soccer est au nombre de ces compétitions où les négligés s’imposent parfois.

Marija Majdoub

Marija Majdoub, CMA, CFA, est vice-présidente à la stratégie de placement chez Gestion financière MD. Elle dirige les gestionnaires de portefeuille et les professionnels en placement qui gèrent les fonds communs de placement et les fonds collectifs de MD, et élaborent les principes de placement de MD.

A propos de l'auteur

Marija Majdoub

Marija Majdoub, CMA, CFA, est vice-présidente à la stratégie de placement chez Gestion financière MD. Elle dirige les gestionnaires de portefeuille et les professionnels en placement qui gèrent les fonds communs de placement et les fonds collectifs de MD, et élaborent les principes de placement de MD.

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