Commencer l’année du bon pied

January 12, 2018 James Virgo

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La période des Fêtes est maintenant chose du passé. À ce moment-ci de l’année, deux choses retiennent habituellement mon attention : perdre les quelques kilos accumulés pendant les réjouissances et décoder les signes annonciateurs du rendement des marchés boursiers en 2018. Dans le premier cas, une alimentation plus saine et un retour à l’exercice régulier suffiront (même si les résultats seront plus longs à venir que je le voudrais), mais dans le deuxième, la question est un peu plus complexe.

Un excellent départ pour 2018… jusqu’à maintenant

Les marchés ont amorcé l’année en force, surtout à l’étranger. Après les cinq premiers jours de négociation de 2018, l’indice composé plafonné S&P/TSX (+0,67 %), l’indice S&P 500 (+2,77 %), l’indice Dow Jones des valeurs industrielles (+2,28 %) et l’indice MSCI EAEO (+2,35 %) affichaient tous un bilan positif.

Désireux de prévoir le rendement des marchés boursiers, bien des gens s’efforcent d’interpréter les tendances. Certains se tournent vers des concepts comme l’effet janvier, c’est-à-dire l’augmentation des cours boursiers pendant le premier mois de l’année. Cette tendance historique, constatée dans les années 1940, est en règle générale attribuée à une augmentation des achats de placements dans les premiers jours de l’année.

Le phénomène s’explique peut-être par le fait que ceux qui appliquent des stratégies de perte à des fins fiscales (vente de placements à perte dans les derniers jours de l’année pour compenser les gains en capital réalisés) réinvestissent en janvier. Elle est peut-être aussi attribuable aux primes de fin d’année que certains s’empressent de placer. Et il y a l’aspect psychologique. Janvier est synonyme de renouveau, c’est le temps des résolutions. En vérité, « l’effet janvier » découle probablement de tous ces facteurs et de bien d’autres encore.

Cette année, il semble que l’effet janvier soit bien présent.

Excellent départ, mais qu’en sera-t-il pour le reste de l’année?

Bien des gens s’appuient sur le rendement des marchés en janvier pour se faire une idée de la tournure du reste de l’année. Ces théories fondées sur la dynamique du marché consistent à cerner une « tendance » en laissant entendre que sa perpétuation est assurée.

Selon la théorie du lendemain de Noël, le rendement des marchés au cours de la période entre Noël et le deuxième jour de négociation de janvier est indicateur du rendement à venir. Un mauvais rendement au cours de cette période annoncerait une phase baissière à Toronto et à New York.

Certains croient que le premier jour de janvier annonce l’orientation des marchés pour le reste de l’année. Suivant le même principe, d’autres s’appuient plutôt sur les cinq premiers jours de négociation ou encore, sur l’ensemble du mois de janvier. À l’image du dicton « le trois fait le mois », « janvier fait l’année ».

Étonnamment, depuis 1929, dans 73 % des cas, janvier a été un bon indicateur du rendement de l’indice S&P 500!

Une analyse du rendement de l’indice S&P 500 des dix dernières années indique cependant que l’effet janvier ne s’est pas manifesté au cours de six de ces années (2008, 2009, 2010, 2014, 2015 et 2016) et que le rendement de janvier a même été à l’opposé (d’une manière assez tranchée) du rendement obtenu pendant le reste d’au moins quatre de ces années (2009, 2010, 2014 et 2016).

Il peut être amusant d’analyser l’effet janvier ou de s’appuyer sur ce mois pour prévoir le rendement des marchés, mais ces indicateurs ne sont de toute évidence pas des éléments fiables sur lesquels fonder sa stratégie de placement.

Il faut plus d’un mois pour positionner un portefeuille

Il ne suffit pas d’analyser un ou deux indicateurs à un point donné dans le temps. Chez MD, nous tenons compte de la dynamique du marché dans notre processus de placement, mais nous analysons aussi en continu de nombreux autres indicateurs de l’économie et du marché. Comme mon collègue Patrick Ercolano l’a écrit la semaine dernière, nous avons confiance que les marchés mondiaux feront bonne figure en 2018, mais pour des raisons plus sérieuses que le rendement obtenu en janvier.

Nous continuons de penser que les actions offriront un rendement supérieur aux titres à revenu fixe et nous avons donc agi en conséquence. Nos portefeuilles d’actions sont en général plus défensifs en ce moment (titres de qualité supérieure, moins d’actions volatiles et évaluation raisonnable). Si jamais une correction des marchés se concrétise, nous serons prêts. Sur le plan des titres à revenu fixe, nous continuons de nous efforcer d’accroître les taux de rendement et de préserver le capital.

J’accueille bien sûr avec plaisir la remontée « du lendemain de Noël », et le bon rendement de la première semaine de l’année qui, je l’espère, se poursuivra pendant tout le premier mois. Toutefois, nous continuerons malgré tout de fonder nos décisions sur la croissance économique, les bénéfices des entreprises, l’évolution de l’inflation et des taux d’intérêt, et sur d’autres facteurs. Je vous invite à faire comme moi et à manger plus sainement, à faire de l’exercice régulièrement et à maintenir une stratégie de placement rigoureuse en 2018.

James Virgo

James Virgo, CFA, CFP, MBA, est vice-président et responsable national de Conseils en placement privés MD (CPPMD), une division de Gestion financière MD. Il supervise les pratiques et la prestation de conseils en placement pour l’ensemble de CPPMD.

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