Comme prévu, la Banque du Canada relève son taux à 1,75 %

October 25, 2018 Wesley Blight

La Banque du Canada a donné raison aux observateurs et relevé son taux cible de financement à un jour à 1,75 % – la troisième augmentation de 0,25 % en 2018. Même si la Banque a répété que ses décisions concernant d’éventuelles hausses seraient fondées sur la conjoncture économique, le vocabulaire moins prudent qu’elle a employé renforce notre conviction que de nouvelles hausses seront décrétées au cours des 12 prochains mois.

Raisons sous-jacentes au relèvement des taux : la vigueur de l’économie et l’AEUMC

  • La Banque du Canada a invoqué à l’appui de sa décision du 24 octobre plusieurs motifs qui pourraient justifier d’éventuelles nouvelles hausses.
  • La croissance de l’économie canadienne est dans une large mesure conforme aux attentes. La Banque pense que la croissance moyenne de l’économie canadienne sera de 2,0 % au deuxième semestre de 2018 et que le PIB réel croîtra de 2,1 % en 2018 et en 2019, pour ralentir à 1,9 % en 2020. De plus, les attentes de croissance demeurent dans une large mesure inchangées, car la Banque estime que le resserrement des conditions de financement sera contrebalancé par la dissipation de l’incertitude entourant les relations commerciales, conséquence de la conclusion de l’AEUMC. L’économie américaine demeure par ailleurs dynamique et son expansion s’accélère.
  • Les projections à la hausse relativement aux investissements des entreprises et aux exportations viennent équilibrer les sources de croissance au pays. Comme l’économie canadienne tourne presque à pleine capacité, la probabilité d’une expansion future vient en grande partie appuyer la décision de la Banque.
  • La Banque pense que les dépenses des ménages continueront de progresser à un bon rythme, soutenues par une solide croissance du revenu d’emploi. Le chômage approche son plus bas niveau des 40 dernières années et les Canadiens ont ajusté leurs dépenses. La croissance du crédit continue de ralentir et l’activité sur le marché du logement se stabilise. Cette conjoncture permet à la Banque de croire que les Canadiens pourront assumer les coûts liés à une hausse des taux.

Positionnement en fonction de taux plus élevés et suivi actif des facteurs susceptibles de ralentir la hausse des taux

Même si la Banque du Canada privilégie le retour à des taux d’intérêt plus neutres pour atteindre sa cible d’inflation de 2 %, plusieurs facteurs pourraient ralentir la progression des taux.

  • Au cours des 12 mois terminés en septembre, l’inflation globale (2,2 %) et l’inflation de base (1,5 %) ont été inférieures aux attentes, principalement en raison de l’effet temporaire de la baisse des prix de l’énergie. Si l’inflation est inférieure aux prévisions, la Banque pourrait devoir ralentir le mouvement à la hausse des taux.
  • Malgré la solidité des statistiques d’emploi, l’inflation des salaires reste inférieure aux attentes suscitées par la croissance intérieure globale.
  • Les relations commerciales entre la Chine et les États-Unis continuent de créer de l’incertitude.
  • Les taux de rendement des obligations à long terme demeurent plus élevés que ceux des obligations à court terme, mais la courbe des taux de rendement des obligations souveraines en Amérique du Nord s’aplatit. Les éventuelles nouvelles majorations de taux ne se concrétiseront pas si la courbe des taux de rendement continue de s’aplatir ou si elle s’inverse.

Taux de rendement obligataires au beau fixe et bond du dollar canadien

Comme le relèvement des taux d’intérêt était dans une large mesure attendu, les taux de rendement obligataires ont peu bougé après l’annonce. Par ailleurs, les cours obligataires actuels tiennent déjà compte de la probabilité de nouvelles hausses.

L’appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain (et à la plupart des devises fortes) a surpris les observateurs, car ils s’attendaient à l’annonce d’aujourd’hui, mais le dollar canadien est finalement redescendu au cours de la journée.

Réduction de l’exposition aux obligations à court terme et priorité à la préservation du capital

Nos portefeuilles sont positionnés en fonction d’un contexte de hausse des taux d’intérêt depuis un certain temps déjà; par conséquent, ils contiennent moins d’obligations à court terme et davantage de titres liquides et d’obligations à plus long terme. Nos fonds communs et collectifs de titres à revenu fixe continuent de privilégier la préservation du capital, en détenant une plus forte proportion de titres moins sensibles à l’augmentation des taux d’intérêt canadiens.

Pour obtenir des précisions sur l’annonce de la Banque du Canada et sur les effets possibles de la hausse des taux d’intérêt pour vous et votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD, qui vous donnera plus de détails.

A propos de l'auteur

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, is an Assistant Vice President with the Investment Management and Strategy team at MD Financial Management. He is responsible for the investment results of the firm’s fixed income and multi-asset products.

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