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Comme prévu, la Banque du Canada relève son taux cible à 1,5 %

Argent vert canadien démontrant la signature de la Banque du Canada.

Points à retenir

  • La Banque du Canada a majoré le taux cible du financement à un jour à 1,5 % et poursuit sa politique de resserrement quantitatif.
  • Si la situation l’exige, la Banque se dit prête à majorer de nouveau les taux pour ramener l’inflation plus près de sa cible de 2 %.
  • La persistance des perturbations de l’offre pèse sur l’activité économique et accroît l’inflation.

Comme prévu, la Banque du Canada a de nouveau relevé le taux cible du financement à un jour de 0,5 % à 1,5 %. Le programme de resserrement quantitatif se poursuivra également, ce qui signifie que les obligations du gouvernement du Canada détenues par la Banque du Canada ne seront pas remplacées à l’échéance.

La Banque a notamment indiqué que «le rythme des hausses subséquentes du taux directeur sera guidé par l’évaluation continue que fait la Banque de l’économie et de l’inflation, et le Conseil de direction est prêt à agir avec plus de force s’il le faut pour honorer son engagement à atteindre la cible d’inflation de 2 %». Conformément aux attentes du marché, nous pensons encore qu’il y aura de trois à cinq majorations de taux de 0,25 % d’ici la fin de l’année dont deux (pour un total de 0,50 %) dès juillet.

L’inflation, un risque clé persistant

L’inflation continue d’augmenter au Canada et ailleurs dans le monde, en grande partie sous l’effet des prix plus élevés de l’énergie et de l’alimentation. La Banque constate que le risque d’inflation élevée s’enracine et s’accroît. Nettement supérieure aux prévisions de la Banque, l’inflation mesurée par l’IPC canadien s’est chiffrée à 6,8 % en avril et augmentera probablement encore à court terme avant de se stabiliser.

Les confinements liés à la pandémie et l’invasion de l’Ukraine ralentissent l’économie mondiale et stimulent l’inflation

Cette combinaison de coups fait grimper l’inflation au moment même où l’économie mondiale ralentit. La persistance des perturbations de l’offre causées par les confinements liés à la pandémie en Chine et par l’invasion russe de l’Ukraine accroît l’incertitude, pèse sur l’activité économique et pousse à la hausse les prix de l’énergie et des produits de base.

Les conditions au Canada demeurent solides, mais les taux devront augmenter encore

La Banque du Canada indique que le PIB canadien a crû de 3,1 % au premier trimestre de 2022, un résultat conforme aux projections formulées dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) d’avril dernier. Selon la Banque, «il est clair que l’économie est en situation de demande excédentaire», ce qui signifie que la demande surpasse encore l’offre.

On s’attend à ce que la croissance au deuxième trimestre soit forte. Les entreprises font état de pénuries de main-d’œuvre et la croissance des salaires accélère, tandis que l’activité sur le marché du logement ralentit, que les dépenses de consommation demeurent robustes, et que les exportations se renforcent.

Une annonce conforme aux attentes

Les cours boursiers mondiaux étaient en baisse et les taux de rendement obligataires en hausse mercredi (1er juin 2022). Il importe de reconnaître que cette décision était dans une large mesure attendue et que les marchés l’avaient déjà intégrée, mais la fermeté du vocabulaire utilisé pour annoncer d’éventuelles nouvelles majorations reste mesurée.

Nous maintenons une sous-pondération des actions et des titres à revenu fixe dans nos portefeuilles. Les mesures annoncées par la Banque du Canada appuient notre position : le resserrement des conditions financières et de la politique monétaire se poursuit et les risques liés à la pandémie et au conflit en Ukraine persistent. Nous avons récemment gonflé nos positions liquides et simultanément sous-pondéré légèrement les actions canadiennes, surpondéré les actions américaines et sous-pondéré les actions internationales et celles des marchés émergents.

En ce qui concerne notre portefeuille de titres à revenu fixe, nous visons une courbe de rendement plus aplatie en Europe, la Banque centrale européenne étant sur le point de délaisser les taux d’urgence. De plus, nous privilégions les durées légèrement longues (sensibilité aux taux d’intérêt) en Amérique du Nord, car nous nous attendons à ce que le resserrement des conditions de crédit par les banques centrales dans le contexte du ralentissement économique entraîne une baisse des taux de rendement à long terme.

Si les taux d’intérêt ont augmenté substantiellement en 2022, il faut se rappeler qu’ils sont toujours à un très bas niveau. Par ailleurs, si vous voulez mieux comprendre l’incidence des hausses de taux sur vos finances au-delà de vos placements, voici quelles pourraient être les conséquences pour les médecins des hausses de taux d’intérêt. Si vous avez des questions concernant l’annonce de la Banque du Canada, notre positionnement ou les éventuelles conséquences pour vous, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseillère ou conseiller MD*.

La prochaine annonce relative aux taux d’intérêt de la Banque du Canada est prévue le 13 juillet 2022 et portera aussi sur le plus récent RPM.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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