Skip to main content

Un nouveau régime de retraite pour les médecins change tout et leur procure la tranquillité d’esprit

Les médecins ont une charge mentale élevée, puisqu’en plus de soigner leurs patients — ce qui est particulièrement demandant durant une pandémie — ils doivent gérer leur pratique et leurs finances personnelles.

Les finances personnelles sont une plus grande source de stress qu’on peut l’imaginer. La plupart des médecins sont des travailleurs autonomes indépendants et la grande majorité des plus de 90 000 médecins du Canada n’ont pas de régime de retraite.

Quand on tient compte des dépenses courantes associées à leur pratique et du remboursement des dettes importantes qu’ils ont accumulées durant leurs études pour devenir médecin, il n’est pas rare qu’ils ne commencent à épargner en vue de leurs beaux jours que durant la quarantaine.

« L’un des grands défis d’être un médecin et d’être rémunéré à l’acte, ou même à salaire, c’est que vous n’avez pas de régime de retraite. Il vous revient donc de surveiller vos placements et c’est une source d’anxiété pour les médecins », explique le Dr Christian Finley, chirurgien thoracique à l’établissement St. Joseph’s Healthcare Hamilton. 

« Ça signifie que les médecins travaillent sans doute plus longtemps ou davantage qu’ils le veulent, pour mettre plus d’argent de côté que ce dont ils ont besoin. Ils ne bénéficient pas d’économies d’échelle, et par conséquent, il arrive qu’ils n’obtiennent pas les meilleurs rendements. »

« Les médecins parlent depuis toujours d’avoir un régime d’un retraite, mais ça restait théorique. Le fait que ça se concrétise, c'est un miracle. »

Au mois de mars, Gestion financière MD et la Banque Scotia ont annoncé qu’elles créaient un un régime de retraite multi-employeurs à l’intention exclusive des médecins incorporés du Canada. Le Régime de retraite MedicusMC permettra aux participants de mettre en commun leurs placements, de profiter de frais de gestion moins élevés grâce aux économies d’échelle et de réduire leur risque sur le plan individuel. Le Régime de retraite Medicus assurera aux médecins des prestations garanties à vie établies selon leurs revenus personnels et leur nombre d’années de service.

« C’est le premier régime de retraite multi-employeurs à l’intention des médecins, qui fournira aux médecins une source de revenu de retraite prévisible leur vie durant, ce qu’ils demandent depuis longtemps », explique Daniel Labonté, président et chef de la direction de Gestion financière MD.

« Ce régime de retraite apporte un certain degré de prévisibilité qui n’existait pas avant. La tranquillité d’esprit financière, c’est un élément clé de la fondation de Gestion financière MD, ça fait partie de notre mission depuis le premier jour. Nous nous spécialisons dans les conseils de planification financière pour les médecins. Ce régime de retraite s’ajoute donc aux autres outils que nous offrons. Il comporte certaines caractéristiques auxquelles les médecins n’avaient pas accès auparavant : prévisibilité du revenu de retraite, prestations pour le conjoint, mise en commun des placements et partage du risque de longévité. Mais surtout, c’est un produit de plus qui permet aux médecins de se concentrer sur leurs patients. »  

La possibilité de mettre en commun les ressources de nombreux médecins, c’est la clé, selon Simone Reitzes, directrice générale, Régime de retraite Medicus, Banque Scotia. Avec un ensemble d’actifs plus importants, il est possible d’investir dans des catégories d’actifs qui ne sont généralement pas offertes aux particuliers. Elle pense ici au capital-investissement et aux infrastructures.

L’horizon de placement n’étant pas défini, la stratégie de placement du régime peut être plus audacieuse que lorsqu’on se base sur le profil de risque d’un médecin à titre individuel, fait-elle remarquer. « La capacité de prendre plus de risques a, dans le passé, donné lieu à de meilleurs rendements et des prestations nettement plus élevées. »

La création du Régime de retraite Medicus arrive à une période particulièrement difficile pour les médecins du Canada. Les médecins sont aux premières lignes de la pandémie, ils travaillent de longues heures pour prendre soin des patients atteints de la COVID-19 dans des hôpitaux en manque de personnel. Ils sont épuisés, rapporte le Dr Finley.

« Vous êtes au bout du rouleau, sur le point de craquer », explique le Dr Finley, qui lui aussi a soigné des patients atteints de la COVID.

Par ailleurs, d’autres médecins spécialistes voient une diminution de leur charge de travail, les interventions chirurgicales ayant été reportées ou annulées à cause de la pandémie.

« Les ophtalmologistes, les gastroentérologues et les chirurgiens orthopédiques, ceux qui font des opérations non urgentes, ont perdu des années de travail. Je connais des médecins qui ont éprouvé des difficultés parce qu’ils avaient pris des engagements financiers personnels et pour leur pratique. Parmi eux, il y a de nombreux spécialistes dont le champ de pratique a été complètement dépouillé. Certains travaillaient dans des cliniques de vaccination pour payer leurs factures. » 

L’inflation galopante exerce aussi une pression supplémentaire sur les médecins, explique le Dr Finley, qui siège également au Conseil des médecins de MD.

« À première vue, on pourrait croire que les médecins s’en sortent très bien et qu’ils n’auront pas de problèmes à la retraite. Ils passent beaucoup de temps durant leurs études en médecine à apprendre comment traiter des cancers de la peau ou l’insuffisance cardiaque, mais pas une minute pour apprendre à gérer leur argent. Embaucher du personnel, louer un bureau, etc., ce sont des décisions d’affaires pour lesquelles les médecins ne se sentent pas du tout préparés. »

« Donc, en plus de leurs longues journées de travail et de la gestion de leur cabinet, ils doivent s’assurer d’avoir assez d’argent à long terme. L’argent qui reste à la fin de la semaine, du mois ou de l’année, vous devez l’investir vous-même. »

Le Dr Finley est impatient d’adhérer au Régime de retraite Medicus, et il prévoit que ce sera aussi le cas de nombreux autres médecins.

Actuellement en préparation, le régime de retraite Medicus devrait être lancé d’ici un an, sous réserve de l’approbation des autorités de réglementation compétentes.

« Savoir que j’aurai plus tard une bonne somme sur laquelle m’appuyer, ça me sécurise et ça me rassure », ajoute-t-il.