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CELI et REER : cinq études de cas de médecins

Une personne à lunettes assise à un comptoir qui écrit dans un carnet tout en regardant un ordinateur portable.

Est-ce que les médecins devraient cotiser à un REER ou à un CELI? En vérité, il n’existe pas de réponse toute faite à cette question, puisque les deux options peuvent accroître votre épargne et diminuer votre impôt. Cependant, pour exploiter au maximum ces instruments d’épargne, il est important de savoir quand et comment les utiliser.

Les études de cas qui suivent illustrent comment cinq médecins à différentes étapes de leur carrière ont su tirer profit des avantages fiscaux qu’offrent le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) et le compte d’épargne libre d’impôt (CELI).

La Dre Tremblay, 26 ans, est médecin résidente de première année. Son salaire est d’environ 60 000 $ par année, avant les impôts et les déductions. Elle a hâte de rembourser ses dettes d’études, mais elle souhaite aussi commencer à épargner.

La Dre Tremblay gagnera vraisemblablement beaucoup plus d’argent plus tard dans sa carrière. Par conséquent, il serait peut-être préférable pour elle de retarder les cotisations au REER jusqu’à ce que son salaire la situe dans une fourchette d’imposition plus élevée, lorsque la déduction immédiate serait plus importante, et de cotiser pour l’instant au CELI. À l’étape où elle en est dans sa carrière, elle pourrait tirer parti de la facilité d’accès aux fonds qu’offre le CELI. En effet, les retraits n’en sont pas imposables, contrairement à ceux du REER. Elle pourrait même amasser de l’argent dans un CELI pour cotiser à un REER dans l’avenir.

S’il lui reste des fonds à investir après qu’elle aura épuisé ses droits de cotisation au CELI, la Dre Tremblay pourrait cotiser à un REER et reporter la déduction d’impôt jusqu’à ce qu’elle se trouve dans une fourchette d’imposition plus élevée. Son placement fructifierait à l’abri de l’impôt et, au moment de demander sa déduction, elle pourrait profiter d’économies d’impôt plus importantes.

La Dre Nguyen, 38 ans, est mariée et mère d’un enfant. Son mari reste à la maison. Elle n’exerce pas en société, et elle envisage de cotiser à un REER de conjoint ouvert au nom de son mari.

Un REER de conjoint serait une bonne idée pour ce couple. La Dre Nguyen pourrait utiliser ses droits de cotisation à un REER et les déduire de son propre revenu. Son mari serait le titulaire du REER et, le moment venu, il en retirerait un revenu de retraite.

Le REER de conjoint pourrait réduire l’obligation fiscale commune du couple à la retraite de la Dre Nguyen, puisqu’une partie de ses revenus serait transférée à son mari, ce qui nivèlerait le revenu imposable des deux conjoints. S’il lui reste de l’argent à investir après avoir épuisé ses droits de cotisation au REER, la Dre Nguyen pourrait faire un don à son mari pour qu’il cotise à son propre CELI. Le montant de leurs placements communs à l’abri de l’impôt s’en trouverait augmenté. Et comme son mari serait titulaire du CELI, cette mesure viendrait équilibrer leurs revenus imposables lorsqu’ils puiseraient dans leurs placements.

La Dre Veilleux, 40 ans, travaille pour une régie régionale de la santé à titre de médecin hygiéniste salariée. Elle recevra une pension à la retraite, car elle cotise à un régime à prestations déterminées. Comme elle espère pouvoir beaucoup voyager lorsqu’elle cessera de travailler, elle souhaite épargner encore plus. Elle se demande s’il serait préférable de placer ses épargnes dans un REER ou un CELI.

Les cotisations de la Dre Veilleux à son régime de retraite réduisent ses droits de cotisation au REER, mais pas ceux au CELI. Selon le montant qu’elle souhaite épargner, le CELI pourrait être la meilleure option.

Si elle cotisait au CELI, la Dre Veilleux pourrait retirer son argent en franchise d’impôt pendant sa retraite sans qu’il y ait d’incidence sur ses prestations fondées sur le revenu, comme celles de la Sécurité de la vieillesse (SV).

Par contre, les retraits d’un REER ou d’un FERR (fonds enregistré de revenu de retraite) seraient considérés comme un revenu imposable qui viendrait s’ajouter à son revenu de pension. Ses prestations de la SV pourraient s’en voir diminuées. En 2022, la SV commence à faire l’objet d’une récupération lorsque le revenu s’élève à 80 000 $, et elle est entièrement récupérée lorsque le revenu atteint 130 000 $. Il serait donc plus avantageux pour la Dre Veilleux de placer ses épargnes dans un CELI.

Le Dr Bouchard, 45 ans, est incorporé et détient la plupart de ses placements dans son compte de société. Il n’a ni conjointe ni enfant et épargne principalement pour la retraite. Devrait-il songer à placer plus d’argent dans son REER ou son CELI?

Compte tenu des règles fiscales de 2019 régissant les revenus passifs, les REER et CELI peuvent gagner en attrait pour les médecins qui exercent en société.

Pour accumuler des droits de cotisation au REER, il faudrait que le Dr Bouchard se verse un salaire (les revenus de dividendes ne créent pas de tels droits). Ce faisant, il réduirait du même coup les revenus professionnels nets de sa société, ce qui augmenterait la capacité de cette dernière à gagner un revenu de placement sans qu’il y ait de conséquence fiscale. Cotiser à son REER aurait pour effet de réduire la taille du portefeuille de placements de la société et, par ricochet, de générer moins de revenus passifs. Ainsi, sa société serait moins désavantagée par les règles sur les revenus passifs.

Le Dr Bouchard pourrait également cotiser à un CELI. Les fonds qu’il retirerait de sa société pour cotiser à son CELI seraient imposés. Par contre, une fois l’argent placé dans le CELI, les revenus de placement qu’il générerait ne seraient pas imposables. Voilà qui fait du CELI un outil d’épargne fort intéressant. 

Pour un médecin, il est souvent plus avantageux à long terme d’accumuler des revenus non imposables dans un CELI que de conserver des fonds dans sa société et de profiter d’une économie d’impôt immédiate. Et si le Dr Bouchard avait des enfants, le CELI serait un bon outil successoral. Toutefois, compte tenu de sa situation, le DBouchard devrait d’abord opter pour le REER.

Le Dr Gagnon, 62 ans, cotise religieusement à son REER, entre autres pour bénéficier d’une déduction fiscale. Cependant, il craint de perdre une partie de ses prestations de la Sécurité de la vieillesse lorsqu’il prendra sa retraite, dans quelques années, à cause du revenu qu’il tirera de ses REER et FERR. Il n’a pas encore de CELI.

Un revenu trop élevé vaut mieux que le contraire!

Il vaudrait mieux pour le DGagnon de commencer dès maintenant à retirer des fonds de son REER plutôt que d’attendre à l’âge de 71 ans, lorsqu’il devra convertir son REER en FERR. Réduire la taille de son REER viendrait diminuer le montant des retraits obligatoires du FERR, et les conséquences sur ses prestations de la SV pourraient être moindres.

S’il n’a pas besoin des fonds qu’il retire du REER, le Dr Gagnon pourrait les verser dans un CELI, pour lequel il aurait accumulé d’importants droits de cotisation. Le CELI fructifierait et lui fournirait un revenu non imposable. En fait, le CELI pourrait servir à uniformiser les flux de revenus du Dr Gagnon d’une année à l’autre, puis devenir une des sources de revenus à la retraite, pour enfin bonifier l’héritage qu’il laisserait à ses bénéficiaires.

Communiquez avec une conseillère ou un conseiller MD* pour exploiter au maximum les avantages du REER et du CELI.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.