Qu’appellerez-vous « la maison » à la retraite?

           

Prévoir ses besoins futurs pour éviter le stress d’un déménagement forcé

Pour citer Félix Leclerc, « On ne fait pas son bonheur avec la place que l’on occupe, mais avec son caractère ». En effet, pour vous, qui êtes médecin, la place que vous occupez, c’est bien plus que quatre murs et un toit. C’est ce que vous appelez « la maison ». C’est votre refuge contre un travail exigeant. C’est votre bercail familial. Et c’est à partir de là que vous développez un sentiment d’appartenance à la communauté.

Cependant, la conception de la maison change au moment de la retraite. La retraite apporte déjà une foule de bouleversements; vous aurez beaucoup plus de facilité à entamer un nouveau chapitre si vous comprenez et voyez venir ce changement-là.

Votre conception de la maison et vos préférences quant à son emplacement évoluent à ce moment-là plus plusieurs raisons :

  • vous y passerez probablement plus de temps chaque jour;
  • votre liberté nouvelle pour les voyages pourrait signifier des absences prolongées;
  • vous pourriez décider de vous rapprocher de la famille, de vos loisirs ou d’attraits culturels;
  • vous pourriez décider d’acquérir une résidence secondaire, peut-être un havre loin des hivers canadiens;
  • vous pourriez chercher une nouvelle maison mieux adaptée à votre état de santé.

« Vous devez recenser les aspects de la maison qui sont essentiels pour vous de manière à pouvoir les reproduire si vous voulez ou devez déménager », de dire Mme Amy D’Aprix, Ph. D., gérontologue et conseillère en transition de vie établie à Toronto. Aux futurs retraités qui la consultent, elle recommande de prendre en considération leurs propres valeurs et de les appliquer à leur conception de la maison.

Ce que vous aimez de l’endroit où vous vivez

« Voici ce que je leur demande : ‘‘C’est l’organisation qui vous plaît? Vos voisins?, ajoute Mme D’Aprix. Est-ce la proximité des commodités et des services? La vue? Vous appréciez le fait de n’avoir personne autour, car vous vivez dans telle région éloignée? Ou, au contraire, est-ce que vous appréciez le fait de vivre dans telle ville, où vous êtes entourés et pouvez profiter des transports en commun?’’

Quelle est la recette magique? L’astuce, c’est de prendre conscience de tous ces aspects lorsque vous vous dirigez vers la retraite. »

Merci pour les bons souvenirs

Mme D’Aprix souligne que la nostalgie est parfois un piège. Par exemple, si vous vivez dans la maison où vous avez élevé vos enfants et que votre conjoint décède, vous aurez l’impression de perdre l’être cher une seconde fois en déménageant. En résumé, le sentiment de bien-être et de sécurité que nous procure la maison est enraciné dans nos souvenirs. « Ce sentiment peut vous jouer bien des tours lorsque vous voulez ou devez déménager », explique-t-elle.

Trouver les éléments déclencheurs

La maison est porteuse de grandes émotions parfois difficiles à contenir, mais il existe des moyens que vous pouvez prendre pour vous préparer. Mme D’Aprix propose de commencer à cerner les éléments déclencheurs, par exemple les soucis liés à la santé ou à l’entretien de la maison, qui pourraient indiquer qu’il est peut-être temps de déménager, puis d’entrevoir les obstacles qui pourraient rendre ce déménagement difficile.

« L’un des principaux obstacles, pour certaines personnes, c’est se débarrasser de leurs affaires, précise-t-elle, mais ce sera d’autant plus important si elles deviennent invalides. Les médecins qui ont toujours été très indépendants ne parviennent pas facilement à se faire à l’idée de devoir compter sur les autres. »

Perte de l’identité et des repères

Si vous n’êtes plus capable de gérer votre propre maison, c’est votre identité qui risque d’en souffrir, selon Mme D’Aprix. « Une bonne partie du processus de vieillissement consiste en fait à lâcher prise avec grâce, dit-elle, ce qui exige de se redéfinir constamment soi‑même. »

Bien que ces changements soient inévitables, elle précise que vous pouvez en atténuer l’effet si vous savez faire preuve de prévoyance. Ainsi, vous n’aurez pas à déménager si votre situation change. « Toutefois, si vous attendez d’avoir 87 ou 88 ans, vous n’aurez peut-être pas la chance de développer un sentiment d’appartenance », ajoute-t-elle.

Si vous êtes contraints de le faire plus tard, une résidence pour aînés est une bonne option, puisque le sentiment d’appartenance vient presque instantanément. « Vous devez tout de même faire une sélection parmi les gens avec qui vous voulez nouer, indique-t-elle, mais n’empêche que vous êtes entouré. »

Retrouver ce sentiment d’appartenance n’est pas chose facile. Mme D’Aprix entend souvent dire les gens qui s’installent dans une résidence pour aînés entre 85 et 90 ans qu’ils auraient dû le faire dix ans auparavant. 

Point de vue personnel

La conception du lieu que les gens considèrent comme la maison varie considérablement d’une personne à une autre. L’introspection et les échanges avec les membres de la famille sont les meilleures façons de se préparer en vue d’une transition éventuelle. C’est ainsi que vous prendrez conscience des aspects que vous appréciez le plus de votre maison actuelle. D’ailleurs, c’est déjà fait en ce qui concerne Mme D’Aprix.

« Ce qui compte avant tout pour moi, c’est de pouvoir me déplacer à pied, de connaître mes voisins et d’avoir un sentiment d’appartenance à la communauté. En cas de changement dans mon état de santé ou ma mobilité, j’aurai besoin de vivre à un endroit où je serai entourée. Ce sont tous des facteurs personnels à prendre en considération avant de prendre sa retraite. Trop peu de gens le font. »

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