Plan d’action pour la santé financière d’un médecin résident

July 14, 2016

Après avoir obtenu en 2016 son diplôme de la faculté de médecine de l’Université Queen’s, la Dre Sarah Liu (nom fictif), 26 ans, a eu un choc lorsqu’elle a constaté que sa dette avait allègrement franchi le cap des 100 000 $. Pourtant, une dette de cet ordre correspond plus ou moins à la moyenne nationale1, et un nombre croissant de pairs de la Dre Liu doivent composer avec des dettes plus imposantes.

La Dre Liu amorcera la première année de sa résidence en médecine familiale dans la région du Grand Toronto. Selon ses propres estimations, cette dette de 100 000 $ lui coûtera environ 5 000 $ par année en intérêts (au taux de 5 %), sans mentionner les remboursements de capital.

Plus tôt cette année, la Dre Liu s’est efforcée de mieux structurer ses finances. Elle est arrivée rapidement au constat qu’en raison de ses nombreuses priorités conflictuelles, il serait probablement plus facile et plus efficace pour elle de travailler avec un conseiller financier comprenant les difficultés auxquelles les médecins en formation sont confrontés.

Voici les mesures recommandées par le conseiller financier de la Dre Liu pour bonifier son bilan de santé financière :

  • Profiter des programmes offerts en matière d’exonération du remboursement des prêts étudiants.

Si elle décidait de travailler dans certaines collectivités sous-desservies du Canada, la Dre Liu pourrait être admissible au programme fédéral d’exonération de remboursement des prêts étudiants dès la deuxième année de sa résidence en médecine familiale.

Le programme d’exonération de remboursement du prêt d’études pour les médecins de famille et le personnel infirmier pourrait lui éviter d’avoir à rembourser la partie fédérale de ses prêts étudiants jusqu’à concurrence de 8 000 $ par année pendant un maximum de cinq ans, soit 40 000 $.

  • Optimiser les déductions fiscales et les crédits d’impôt.

Sur sa déclaration de revenus, la Dre Liu peut déduire de ses revenus ses cotisations à l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario ainsi que celles versées à la Professional Association of Residents of Ontario.

Elle peut aussi réclamer les crédits d’impôt fédéraux non remboursables pour les frais de scolarité, les études et les manuels ainsi que les crédits pour intérêts payés sur les prêts étudiants et pour le transport en commun. Des crédits provinciaux sont également offerts au titre des frais de scolarité, des études et des intérêts payés sur les prêts étudiants.

Nota : Le gouvernement fédéral a proposé dans son dernier budget l’élimination des crédits d’impôt pour études et pour manuels dès le 1er janvier 2017.

  • Comprendre et gérer les flux de trésorerie.

Pour planifier le remboursement de ses prêts étudiants, la Dre Liu doit analyser ses flux de trésorerie et établir un plan. Comme tous les résidents de première année en Ontario, elle touchera cette année un salaire de 55 826 $. Après impôts et déductions, elle disposera d’un revenu annuel net de 41 084 $, soit 3 424 $ par mois.

Ses dépenses de subsistance (logement, nourriture, transport, téléphone et Internet, vêtements, divertissements et coûts divers) totalisent environ 2 600 $ par mois, ce qui lui laisse un coussin d’un peu plus de 800 $ par mois, une somme qu’il lui serait très facile de dépenser. Si elle décide plutôt d’utiliser cette somme pour commencer à rembourser ses dettes, elle peut mettre en place un système de prélèvement automatique des versements sur son compte le jour même où son salaire lui est versé.

  • Rembourser ses dettes et placer de l’argent.

Pressée d’en finir avec ses dettes, la Dre Liu aimerait affecter ce montant mensuel de 800 $ à leur remboursement. Son conseiller financier lui propose d’adopter plutôt une stratégie mixte consistant à utiliser une partie du montant, soit 600 $, pour rembourser les dettes et l’autre partie, soit 200 $, pour épargner et effectuer des placements.

Des épargnes de 2 400 $ par année peuvent paraître dérisoires, mais au fil des ans cette somme fructifiera et la Dre Liu pourra accéder à cet argent si jamais elle en a besoin.

Étant donné son revenu actuel, il est probablement plus sensé pour la Dre Liu de placer ses épargnes dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) que dans un REER. Les revenus de placement générés par un CELI sont à l’abri de l’impôt et des retraits peuvent en être effectués en tout temps sans pénalité.

En commençant à épargner et à placer de l’argent tôt dans la vie, la Dre Liu bénéficiera de la puissance de la croissance composée. Elle aura aussi la chance de se familiariser avec les principes de gestion des finances personnelles et d’acquérir des connaissances sur les placements. Lorsqu’elle exercera la médecine de manière autonome et qu’elle disposera d’un revenu plus important, elle aura ainsi une meilleure idée de la manière dont elle souhaite placer son argent.

L’apprentissage des mécanismes permettant de contrôler l’endettement aidera beaucoup la Dre Liu à maintenir une bonne santé financière. Au fil de son cheminement professionnel, elle trouvera d’autres moyens pour optimiser sa santé financière, que sa priorité soit d’acheter une maison, de fonder une famille, de créer une société médicale professionnelle ou d’accumuler un patrimoine pour financer sa retraite.

Pour en apprendre davantage sur la gestion des dettes et d’autres sujets de planification financière, nous vous invitons à communiquer avec un conseiller de Conseils MedEd MDmc. Conseils MedEd MD est une équipe de conseillers et de spécialistes du début de carrière MD au service des étudiants en médecine et des résidents. Trouvez un conseiller MD dans votre région.

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