Parler avec ses enfants de leur héritage

Êtes-vous réticent à l’idée de parler avec vos enfants adultes de l’argent et autres actifs que vous entendez leur léguer plus tard ou après votre décès? Les discussions sur l’argent et l'héritage sont parfois émotives et malaisantes.

Vous ne voulez peut-être pas que vos enfants sachent à combien s’élève votre fortune (ou vous savez pertinemment être moins riche qu’ils ne le croient). Vous craignez peut-être que cette discussion freine leur ardeur au travail et qu'ils misent plutôt sur leur héritage. Ou encore il se peut que la mort et l’argent soient des sujets tabous familiaux ou culturels.

Il n’en demeure pas moins que d’en parler peut contribuer à mieux définir et gérer les attentes en plus de vous amener à corriger votre plan successoral si vous constatez y avoir omis certains aspects.

Voici quelques suggestions qui pourront vous servir le moment venu d’en parler.

Amorcer le dialogue

Vous pouvez attendre que la conversation dévie sur le sujet, faire référence à un article que vous avez lu ou indiquer que vous venez de parler de planification successorale avec votre conseiller financier. Vous pouvez profiter d’un événement de vie, par exemple la perte d’un emploi, un anniversaire important ou le divorce de quelqu'un, pour engager la conversation. Vous pourriez convier tous vos enfants à une réunion de famille en personne ou en ligne ou encore leur parler individuellement.

Rappelons qu’il s'agit d’une discussion et non d’une annonce. Vos enfants voudront s'exprimer, mais vous devrez leur faire comprendre que la décision vous appartient.

Pour amorcer la conversation : « J'aimerais parler des dispositions qui seront prises après mon décès et entendre vos réactions et réflexions. »

Parler de ses actifs

Il est probable que vos enfants sachent en gros combien vous avez accumulé. Vous n’avez pas à leur dévoiler votre valeur nette exacte si ça vous rend mal à l'aise. D’ailleurs, la valeur de vos actifs fluctuera, et il se peut que vous puisiez dans vos réserves pour payer différentes dépenses, par exemple des frais médicaux ou des vacances. Néanmoins, s’ils savent à peu près à quoi s’attendre, ils seront probablement rassurés (par exemple, concernant le paiement des études de leurs enfants) ou prévenus si la rentrée d’argent espérée ne se concrétise pas.

Pour amorcer la conversation : « Nous avons bien réussi dans la vie, et je veux vous mettre au courant de mes intentions. Alors voici comment les choses vont se dérouler. »

Expliquer les inégalités

Le partage de l’héritage et le sentiment d’être traité injustement soulèvent parfois des contrariétés (contestations de testament, conflits au sein de la fratrie, jalousie). Même si vous divisez vos biens en parts égales, il se peut que tel enfant estime mériter plus que tel autre qui est parti vivre ailleurs et ne donne jamais de nouvelles ou encore qui a bénéficié de davantage de soutien financier au fil des ans. Certains risquent d’être vexés ou mécontents. Il se peut aussi que vous teniez à être plus généreux envers l’un d’eux parce qu’il est handicapé ou malade ou parce que c’est lui qui s’occupera de vous étant donné qu’il habite tout près.

Ils auraient avantage à s’exprimer s’ils se sentent lésés; il y a peut-être des aspects auxquels vous n'avez pas pensé. Au bout du compte, c’est votre legs, et c'est vous qui décidez de sa répartition. Le fait d’être transparent maintenant ne changera peut-être pas grand-chose à la situation, mais ça ne l’envenimera pas.

Pour amorcer la conversation : « Vous ne serez peut-être pas d’accord avec le partage que j’ai fait, mais j'ai décidé de léguer à XXX plus qu’aux autres parce que XXX. Je préfère que les choses soient claires maintenant et vous épargner les surprises. »

Désigner un responsable

Quelqu'un devra prendre les rênes et se charger de régler votre succession après votre décès. L’attribution de ce rôle ira peut-être de soi. Dans le cas contraire, expliquez pourquoi vous avez choisi une personne plutôt qu'une autre, que ce soit en raison de son meilleur sens de l’organisation, de son expérience des questions financières ou de sa proximité.

Comme autre solution, vous pouvez également faire appel à un liquidateur professionnel1 pour régler votre succession. Cette option sera particulièrement indiquée si votre patrimoine est complexe, si vos proches ne veulent ou ne peuvent pas administrer vos biens ou simplement si vous voulez les libérer de ces obligations.

Pour amorcer la conversation : « Nous aimerions que l'un d’entre vous gère notre testament et nos finances et, selon nous, XXX a le plus d'expérience. »
Si vous avez choisi de faire appel à un tiers : « Le règlement d’une succession représente beaucoup de travail, et nous ne voulons pas vous imposer tout ce stress. »

Nous vous recommandons également d’indiquer à vos enfants où vous rangez vos testaments et procurations ou mandats de protection et où se trouvent vos comptes bancaires et placements en plus de leur laisser les coordonnées de votre équipe de professionnels (conseiller financier, fiscaliste, avocat, conseiller en succession et de fiducie). Si vous possédez une société médicale professionnelle, dites à vos enfants comment prévenir les organismes de réglementation et les patients, récupérer vos documents, nommer un nouveau directeur, etc. Ils sauront ainsi quoi faire pour gérer vos affaires et votre succession dans le tourbillon qui suivra immédiatement votre décès.

MD peut vous aider

La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas à aborder seul la question de l'héritage. Un conseiller MD* et un conseiller en succession et fiducie MD peuvent vous aider à en parler avec vos proches de sorte que rien ne soit laissé au hasard.

La Société de fiducie privée MD offre également des services professionnels de liquidation et agit comme liquidateur pour la succession, libérant ainsi votre famille de ces responsabilités.

Communiquez avec un conseiller MD pour en savoir plus.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

1 Hors Québec, un « liquidateur » est appelé « exécuteur testamentaire » ou « fiduciaire testamentaire ».

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

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