Le point sur la situation économique en Grèce

June 29, 2015

Le 28 juin dernier, les négociations sur la dette entre la Grèce et ses créanciers ont été rompues.

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a décrété la tenue d’un référendum-surprise le 5 juillet prochain. Il appartiendra donc à la population d’accepter ou de rejeter les plus récentes conditions liées aux mesures de renflouement proposées par la Banque centrale européenne (BCE), l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

En réaction, la BCE a plafonné son aide d’urgence en cas de crise de liquidités à 89 milliards d’euros (122,5 milliards de dollars canadiens), soit la somme déjà avancée le 26 juin. Il s’ensuit que les banques grecques ne seront vraisemblablement pas en mesure d’honorer les demandes de retraits. Le gouvernement a donc ordonné la fermeture des banques et limité le montant des retraits au comptant d’ici la tenue du référendum.

Pour un aperçu de la situation, voir ci-dessous.

Que pourrait-il arriver?

Du point de vue de la Grèce, le meilleur résultat possible et celui qui demeure le plus probable, est le maintien du pays au sein de la zone euro. L’enjeu est hautement politique et crée beaucoup d’incertitude à court terme. Les sondages continuent d’indiquer qu’une majorité de Grecs sont favorables au maintien de leur pays au sein de la zone euro.

La grande question cependant demeure l’effet que cette situation pourrait avoir sur les marchés mondiaux.

Le risque que la crise de la dette se propage à l’échelle mondiale est aujourd’hui considérablement inférieur à ce qu’il était lorsque la Grèce a précédemment connu des difficultés en mai 2010, à l’été 2011 et en mai 2012. Les décideurs politiques ont aujourd’hui la volonté et les moyens d’agir et de limiter les risques d’un dénouement néfaste.

Quel sera l’effet sur les portefeuilles MD?

Les fonds d’actions MD gérés activement sont très peu exposés au marché grec, si l’on fait exception de positions représentant 0,5 % du fonds Placements d’avenir MD limitée. Au niveau des portefeuilles, l’engagement direct en Grèce est minime.

En ce qui concerne les fonds communs et les fonds collectifs d’obligations canadiennes, ceux-ci comptent très peu de titres de créances étrangers et la situation en Grèce n’a donc aucune incidence sur eux.

Nous vous invitons à maintenir un portefeuille diversifié, à travailler en étroite collaboration avec votre conseiller MD pour surveiller l’exécution de votre plan financier à long terme et à vous assurer que la répartition stratégique de votre actif continue de correspondre à vos objectifs financiers.


Grèce et Union européenne : le temps est compté

Le 24 juin 2015

Le temps file pour la Grèce et ses créanciers alors que l’heure du remboursement de 1,5 milliard d’euros (1,7 milliard de dollars) au Fonds monétaire international (FMI) approche. Si la Grèce ne verse pas cette somme le 30 juin prochain, elle se trouvera en défaut de paiement. Conformément aux règles du FMI, tout pays dont la dette est en souffrance devient immédiatement inadmissible à un financement additionnel jusqu’à ce que la somme due soit versée. La Grèce devra également rembourser des obligations à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet prochain. Si la Grèce fait unilatéralement défaut sur le remboursement de sa dette, elle pourrait être amenée à se retirer de la zone euro, voire de l’Union européenne (UE), ce qui constituerait une première historique. Les pressions sur la Grèce sont allées en s’intensifiant la semaine dernière. La présidente du FMI, Christine Lagarde, a prévenu la Grèce qu’aucune « période de grâce » ne lui serait accordée en ce qui concerne le versement dû à la fin du mois.

Quel sera le dénouement?

La Commission européenne, le FMI et la BCE refuseront d’accorder des fonds d’urgence à la Grèce tant que cette dernière n’acceptera pas de procéder à des réformes et de prendre des mesures concernant les régimes de pension, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et le surplus budgétaire, entre autres. La balle est maintenant dans le camp de la Grèce et il lui appartient d’en venir à une entente avec ses créanciers.

Plusieurs scénarios sont possibles :

  1. Aucune entente n’est conclue, la Grèce fait défaut sur le remboursement de sa dette et la BCE met fin à l’aide d’urgence aux banques grecques en cas de crise de liquidité. Parmi les conséquences possibles, mentionnons une ruée vers les banques grecques, l’application de mesures de contrôle sur les capitaux et la sortie possible de la Grèce de la zone euro, voire de l’UE. À court terme, il est plus que probable que les marchés traverseront une période de volatilité. Les banques grecques doivent déjà composer avec des sorties de fonds constantes que la BCE a jusqu’à maintenant réussi à contrer en apportant une aide d’urgence au besoin.
  2. La Grèce accepte de procéder aux réformes exigées par le FMI et la BCE. Elle évite ainsi de se trouver en défaut de paiement et reste dans la zone euro et dans l’UE, ce qui pourrait entraîner une remontée des marchés.
  3. Aucune entente n’est conclue, mais le statut de la Grèce au sein de l’UE demeure inchangé à court terme. L’incertitude persistera alors jusqu’à ce qu’une solution durable soit établie.

La situation demeure hautement précaire et est compliquée par le caractère politique plutôt qu’économique des décisions entourant cette crise. Soulignons malgré tout qu’une forte majorité de Grecs souhaitent que leur pays reste dans la zone euro et que par conséquent, le gouvernement ne dispose d’aucun mandat populaire pour préparer la sortie de la Grèce, ce qui favorise le scénario d’une entente.

Si le scénario de la sortie de la Grèce de l’Union européenne devait prévaloir, l’Europe devrait être en mesure de résister aux contrecoups, malgré la grande volatilité qui s’ensuivra probablement. Cependant, ce départ d’un des maillons faibles de la zone euro créera un précédent et la région pourrait ensuite être victime d’épisodes récurrents d’incertitude et de doute chaque fois qu’un pays membre éprouvera des difficultés financières.

Réactions du marché à ce jour

Même si le défaut possible de la Grèce domine les manchettes financières à l’échelle planétaire, la réaction des marchés reste à ce jour plutôt sobre. Pour l’instant à tout le moins, il semble que les investisseurs soient immunisés aux malheurs financiers de la Grèce. La situation en Grèce influe moins sur la stabilité financière du monde qu’elle ne l’a déjà fait et plusieurs raisons fondamentales expliquent, en partie, le faible degré de contagion constaté à ce jour.

En 2011, les créanciers de la Grèce faisaient partie intégrante du système financier, ce qui augmentait le risque d’effet domino sur le système bancaire qui se rétablissait encore avec peine de la crise financière de 2008. Le cadre institutionnel en Europe était également moins robuste à l’époque. Aujourd’hui, la plus grande partie de la dette grecque est détenue par le secteur officiel (FMI, fonds de sauvetage européen et BCE) plutôt que par des créanciers privés comme d’autres banques européennes. Par ailleurs, le système bancaire européen est aujourd’hui en bien meilleure santé et des programmes institutionnels ont été créés pour aider les pays victimes de turbulences financières (mécanisme européen de stabilité, opérations monétaires sur titres, etc.). En 2011, les problèmes de la Grèce se sont rapidement communiqués à d’autres marchés financiers européens, particulièrement ceux de l’Europe périphérique (dont l’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande). Depuis le début de la récente crise, les marchés boursiers européens hors de la Grèce affichent tous des résultats positifs.

Figure 1 : Effet sur les marchés boursiers européens, à l’époque et maintenant (source : GFMD, Wilshire Atlas, MSCI)

Effet sur les marchés boursiers européens

Répercussions de la situation grecque sur les portefeuilles de MD

Les fonds MD sont très peu exposés au marché grec. Seul le fonds Placements d’avenir MD limitée est engagé directement sur ce marché, et les positions détenues représentent moins de la moitié d’un pour cent de son actif (0,5 %). En ce qui concerne les portefeuilles, l’engagement direct en Grèce est minime.

Les retombées économiques d’un éventuel défaut de paiement grec demeurent incertaines, mais nous surveillons la situation de près. Précisons tout de même que les portefeuilles MD sont précisément conçus en fonction de l’horizon temporel des clients et des buts qu’ils poursuivent. Par conséquent, même si la situation en Grèce est susceptible d’amplifier la volatilité à court terme des marchés, la probabilité de retombées importantes sur nos portefeuilles avec horizon à court terme est très faible, car ceux-ci sont composés d’une proportion inférieure d’actions. Les portefeuilles dont l’horizon temporel est plus long sont davantage exposés au risque de volatilité à court terme, mais nous sommes d’avis que les événements en Grèce n’auront pas d’effet durable sur la capacité de nos clients d’atteindre leurs objectifs de placement à long terme.

Le monde a connu des crises beaucoup plus graves et en est ressorti plus fort. Nous ne voyons pas comment la situation pourrait être différente. La Grèce ne représente qu’une petite partie de l’économie mondiale, et des facteurs beaucoup plus importants auront une incidence déterminante sur le rendement total au cours de la prochaine décennie. Nous vous invitons à maintenir un portefeuille diversifié, à travailler en étroite collaboration avec votre conseiller MD pour le suivi de votre plan financier à long terme et à vous assurer que la répartition stratégique de votre actif continue de correspondre à vos objectifs financiers.

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