L’importance de revoir son plan financier après un divorce

February 23, 2017

Bien des gens pensent que le taux de divorce est plus élevé parmi les médecins que chez d’autres professionnels, probablement à cause des longues heures de travail des médecins et du niveau de stress associé à la profession.

Pourtant, selon de récentes données américaines, le taux de divorce au sein de la profession médicale est inférieur à celui des autres professions du secteur de la santé et des secteurs non liés à la santé. Les données canadiennes les plus récentes remontent à plus longtemps, mais elles dénotent une tendance similaire. Dans le Sondage national des médecins de 2007, 4,1 % des médecins ont indiqué être divorcés, tandis que le taux de divorce au sein de la population canadienne de 15 ans et plus atteindrait les 8 % selon le Recensement du Canada de 2006.

Ces conclusions sont probablement rassurantes pour ceux et celles qui amorcent des études en médecine et qui s’interrogent sur les effets possibles de ce choix sur leur vie personnelle. En revanche, si vous avez vécu un divorce récemment, vous savez que ce genre de situation est rarement simple.

La planification financière est probablement le dernier des soucis d’une personne fraîchement divorcée. Mais tel ne devrait pas être le cas. Peu après un divorce, il est important de revoir l’entièreté de votre plan financier pour protéger votre actif et vous assurer que vous restez en position d’atteindre vos objectifs.

Voici certains points fondamentaux que vous devriez passer en revue.

Budget et placements

Si votre règlement de divorce prévoit le versement d’une pension à votre ex-conjoint ou à vos enfants, votre revenu s’en trouve vraisemblablement amputé. Vous devez donc déterminer si, malgré cette baisse de revenu, vous êtes encore en mesure de couvrir vos dépenses – à défaut de quoi, il vous faudra peut-être déménager dans un logement plus modeste ou voyager moins.

Il se peut aussi que votre règlement de divorce prévoie la répartition des biens et le transfert d’une partie de vos placements à votre ex‑conjoint. Vous devez donc prendre acte de l’état de votre portefeuille de placements après la séparation. Les placements qui restent vous permettent-ils d’atteindre les objectifs fixés? Sinon, avez-vous les moyens d’investir davantage afin de procéder au rééquilibrage nécessaire de votre portefeuille? Devez-vous plutôt revoir à la baisse certains objectifs, à tout le moins temporairement?

Protection d’assurance

Pendant votre mariage, vos besoins d’assurance étaient probablement différents. Par exemple, il est possible que vous ayez souscrit une police d’assurance vie au bénéfice de votre ex-conjoint et que vous n’en ayez plus besoin.

Vous disposiez peut-être aussi d’une source de revenus additionnelle sur laquelle vous pouviez compter dans l’éventualité où vous seriez soudainement incapable de travailler, source qui avait peut-être aussi été prise en compte dans le calcul de la protection d’assurance vie requise en cas de décès prématuré. Or, vous n’avez plus maintenant qu’un seul revenu, et il est bien possible que vos économies aient été amoindries par le partage de vos biens avec votre ancien conjoint. Assurez-vous donc de disposer d’une assurance salaire suffisante pour couvrir vos besoins en cas d’imprévu et de réévaluer vos besoins d’assurance vie en fonction de votre nouvelle situation.

Passez en revue toutes vos polices d’assurance et, si ce n’est déjà fait, modifiez-en les bénéficiaires.

Planification de la retraite

Si vous et votre ancien conjoint aviez établi des plans de retraite, ces plans ont peut-être changé. Il se peut aussi que vous ayez fondé votre plan de retraite sur vos besoins et vos sources de revenus combinés. Vous devez donc réévaluer vos objectifs et déterminer si votre plan financier actuel et les économies qu’il vous reste après le divorce vous permettent de les atteindre.

Réfléchissez également à ce que seront vos sources de revenus à la retraite. Si votre divorce a donné lieu à un partage des biens, cette mesure a-t-elle eu un effet sur votre régime de retraite d’entreprise ou sur vos prestations du Régime de pensions du Canada ou du Régime de rentes du Québec? Dans l’affirmative, tenez-en compte au moment d’établir vos nouveaux objectifs de retraite.

Planification successorale

Vous avez mis à jour les bénéficiaires de toutes vos polices d’assurance. Maintenant, vous devez revoir votre testament. Si le liquidateur, l’exécuteur testamentaire ou le mandataire désigné était votre conjoint, vous souhaiterez sans doute nommer une autre personne à sa place.

Il n’est pas obligatoire que cette personne assume deux rôles. En revanche, assurez-vous qu’elle est digne de confiance et fiable. En effet, il lui incombera de donner suite à vos dernières volontés et elle pourrait devoir un jour prendre des décisions financières en votre nom ou décider des soins qui vous seront ou non administrés.

Enfin, il vous reste un dernier point à éclaircir. Si vous êtes titulaire d’un REER, votre nouvelle situation matrimoniale fait en sorte que la valeur de ce REER sera incluse dans votre revenu l’année de votre décès, car le roulement au conjoint en franchise d’impôt ne s’appliquera plus. Votre succession pourrait donc devoir assumer une obligation fiscale importante. Assurez-vous d’avoir une protection d’assurance vie suffisante et d’autres éléments d’actif pour couvrir cette ponction fiscale.

À la suite d’un divorce, de nombreux éléments de votre plan financier pourraient devoir être modifiés. Assurez-vous de demeurer en position d’atteindre vos objectifs financiers en passant en revue votre plan actuel et en y apportant les ajustements nécessaires.

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