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En quoi les finances diffèrent lorsqu’on a un conjoint médecin

Couple qui déjeune en regardant une tablette et un téléphone

Si votre conjoint est médecin, les finances de votre ménage seront généralement quelque peu différentes de celles des autres ménages canadiens. Ses études prolongées entraînent de longues années de vaches maigres au cours desquelles les dettes s’accumulent. Vous devez également penser à la retraite, puisque la plupart des médecins n’ont pas de régime de retraite d’entreprise. L’élaboration d’un plan financier aidera votre famille à déterminer comment rembourser ses dettes, épargner pour la retraite et atteindre ses autres objectifs financiers. D’ailleurs, planifier en famille pourrait vous permettre d’atteindre vos objectifs plus rapidement.

Valeur nette des médecins et des non-médecins : fluctuations au fil du temps

Le graphique qui suit est présenté à titre indicatif seulement.

Un graphique linéaire qui illustre la valeur nette des médecins et celle des non-médecins

Comme le montre le graphique, les étudiants en médecine contractent de plus lourdes dettes que les autres étudiants au Canada, mais leur valeur nette peut augmenter rapidement une fois leurs études, leur résidence et toute formation additionnelle terminées. N’oublions pas toutefois que la valeur nette des médecins inclut l’épargne-retraite. En effet, contrairement à bon nombre de Canadiens, les médecins doivent financer eux-mêmes leur retraite.

Après les cinq à dix premières années de pratique, de nombreux médecins auront rattrapé les non-médecins pour ce qui est de leur valeur nette. Cette valeur nette, qui comprend les revenus professionnels et l’épargne-retraite, continuera d’augmenter au fil des années de pratique et dépassera souvent celle des non-médecins à l’approche de la retraite.

La planification financière pendant les années de formation de votre conjoint

Si vous êtes conjoint d’un médecin en formation, tous ces éléments ont aussi des répercussions sur vous. Même si vous gagnez un revenu plus élevé que votre douce moitié, votre carrière pourrait être perturbée s’il ou elle doit déménager pour faire sa résidence ou son fellowship.

Les nombreuses années d’études et de formation se traduisent souvent par des dettes considérables pour les médecins, qui atteignent leurs années les mieux rémunérées plus tard que les autres professionnels. En somme, les médecins peuvent consacrer jusqu’à dix ans à leur formation. Pendant cette période, ils accumulent des dettes et touchent des revenus relativement peu élevés.

Cela dit, si vous ou votre conjoint (ou les deux) travaillez et gagnez un revenu, il serait sage d’établir un plan financier pour vous aider à atteindre vos objectifs. Soyez méthodiques : les années où les revenus de votre ménage seront les moins élevés, vous devrez maximiser chaque dollar épargné.

Voici quelques stratégies à envisager pendant la formation en médecine.

  • Si vous le pouvez, cotisez à un REER : Les cotisations REER peuvent réduire le revenu imposable de votre ménage. Un revenu imposable moins élevé se traduit par des économies d’impôt et peut même accroître l’admissibilité à certaines prestations, comme l’Allocation canadienne pour enfants. Pour maximiser les avantages fiscaux, assurez-vous que les cotisations au REER sont effectuées par le conjoint qui gagne le revenu le plus élevé. Et rappelez-vous : les cotisations à un REER vous permettent non seulement d’obtenir une déduction fiscale, mais aussi de vous constituer une épargne-retraite qui va croître en franchise d’impôt.
  • Si vous avez des enfants : Même si vous n’avez pas beaucoup de liquidités, ouvrir un régime enregistré d’épargne-études (REEE) dès maintenant comporte de nombreux avantages. Par exemple, les ménages à faible revenu sont souvent admissibles à une aide gouvernementale supplémentaire (la Subvention canadienne pour l’épargne supplémentaire et le Bon d’études canadien). De plus, si vous commencez à cotiser tôt au REEE, vos cotisations auront davantage de temps pour fructifier.
  • Si vous ou votre conjoint avez un prêt étudiant : Les paiements d’intérêts sur les prêts étudiants donnent parfois droit à un crédit d’impôt, ce qui peut faire diminuer la facture fiscale de votre famille. Si vous remboursez des prêts, n’oubliez pas que certains d’entre eux ne portent pas intérêt1. Mettez-les de côté et concentrez-vous sur d’autres stratégies ou objectifs financiers.

La planification financière lorsque votre conjoint commence à exercer

Lorsque votre conjoint lancera sa pratique, son revenu pourrait augmenter rapidement. Toutefois, pour un médecin, le début de carrière vient avec son lot de dépenses, comme les coûts associés au permis d’exercice, à l’enregistrement et l’ouverture d’un cabinet. À cela peuvent s’ajouter des frais de déménagement ou de constitution en société (communément appelée incorporation).

Rappelez-vous aussi que le revenu de facturation brut de votre conjoint pourrait être très différent de son revenu après impôt. S’il exerce en société, le type de rémunération choisi (dividendes, salaire ou une combinaison des deux) aura une incidence certaine sur son impôt des particuliers.

À mesure que le revenu augmente, il est essentiel de souscrire une assurance dans l’éventualité où vous ou votre conjoint décédiez ou deveniez invalides. Une assurance vie et une assurance invalidité adéquates protègeront les finances de votre famille en cas d’interruption ou de perte du revenu, que ce soit en raison d’un décès prématuré, d’une maladie ou d’un accident.

Il serait aussi avisé de revoir votre plan financier et vos stratégies d’épargne. Ce qui allait de soi auparavant ne conviendra pas nécessairement plus tard.

Voici quelques points à garder en tête.

  • Inversion des rôles : Il se peut que vous soyez actuellement le principal soutien et investisseur de la famille. Toutefois, le jour où le revenu de votre conjoint augmentera, il pourrait alors prendre la relève. De fait, les avantages fiscaux (comme les déductions liées aux cotisations REER) sont généralement plus importants lorsque c’est le conjoint qui gagne le plus qui verse les cotisations. Si vous tenez compte du revenu familial au moment d’élaborer votre plan financier, vous pourriez réduire votre facture fiscale totale, avant et après le départ à la retraite.
  • Rémunération versée par la société : Si votre conjoint décide de constituer une société, il devra choisir avec soin le type de rémunération qu’elle lui versera. En effet, sa décision aura une incidence sur l’impôt à payer. Cette décision peut être complexe et aussi avoir une incidence sur vous (par exemple, si vous êtes actionnaire et que vous recevez des dividendes). Comme nous l’avons déjà mentionné, planifier vos finances en couple vous aidera à optimiser votre facture fiscale, tant pendant les années de pratique qu’à la retraite. Pour cela, vous aurez besoin de conseils spécialisés adaptés à votre situation.
  • Fractionnement du revenu : Si votre conjoint exerce la médecine en société et que vous faites partie de son personnel, le fractionnement du revenu pourrait aider à réduire l’impôt de votre ménage. Fractionner un revenu, c’est transférer le revenu imposable des membres de la famille qui paient le plus d’impôt à ceux qui en paient le moins. Pour en savoir plus sur cette stratégie, adressez-vous à votre comptable.

Des objectifs communs, une planification conjointe

Même si votre revenu familial augmentera au fil du temps, vous pourriez prendre jusqu’à 10 ans pour rembourser les dettes accumulées pendant la formation et la transition vers la pratique de votre conjoint. Cela est particulièrement vrai si votre ménage s’est fixé d’autres objectifs, comme rembourser une hypothèque, épargner pour la retraite ou mettre de l’argent de côté pour les études des enfants.

Si vous et votre conjoint avez des objectifs communs (prendre votre retraite en même temps, payer les études de vos enfants, vous protéger mutuellement en cas d’interruption imprévue du revenu, etc.), il est alors dans votre intérêt de dresser votre plan financier en couple. La planification conjointe peut se faire sans regrouper les actifs, et elle permet de s’assurer que toutes les possibilités ont été envisagées par les deux parties. Votre conseiller MD* pourra vous aider à fixer des objectifs communs et à choisir les bonnes stratégies pour les atteindre. 

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

1 Dans son budget présenté le 19 avril 2021, le gouvernement fédéral a proposé de suspendre les intérêts des prêts d’études canadiens jusqu’au 31 mars 2023. Cette proposition ne sera pas loi tant qu’elle n’aura pas reçu la sanction royale.

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.