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Transition vers la pratique : six dépenses à prévoir

Votre formation s’achève et vous vous préparez à assumer votre nouveau rôle. Quant à votre situation financière, elle est sur le point de changer.

Lorsque vous commencerez à pratiquer, vos revenus et votre facturation augmenteront considérablement. Il est donc normal que vous vous mettiez à la poursuite d’objectifs financiers, comme le remboursement de dettes, l’achat d’une maison ou l’accumulation d’épargnes en vue de la retraite. Toutefois, en ce début de carrière, vous devrez aussi assumer de nouvelles dépenses, certaines importantes. Votre situation globale pourrait donc ne pas s’améliorer autant que vous l’auriez souhaité.

Voici six dépenses qui pourraient vous avoir échappé :

1. Frais

Même si certains frais sont facultatifs, vous en aurez plusieurs; votre facture totale pourrait donc être salée. Vous en payiez peut-être déjà certains lorsque vous étiez médecin résident, mais ces frais sont considérablement plus élevés pour les médecins en pratique.

  • Droits annuels pour votre permis provincial ou territorial d’exercice de la médecine1
    • Provinces : 600 $ au Nouveau-Brunswick; de 1 625 $ à 1 950 $ dans les autres provinces
    • Territoires : De 200 $ à 215 $
  • Cotisations à l’ACPM
  • L’appartenance à l’AMC ou à une AMPT est parfois facultative, mais néanmoins recommandée.
    • Dans les provinces à adhésion conjointe, les droits d’adhésion à une AMPT englobent ceux de l’AMC tandis que dans les autres provinces, l’adhésion à l’AMC est facultative2.
    • Association médicale canadienne : 98 $ la première année d’exercice, 195 $ par après.
    • Associations médicales provinciales et territoriales : De 1 000 $ à 3 000 $ pour les médecins en pratique.
  • L’adhésion à une association nationale de spécialistes est facultative, mais néanmoins recommandée.
    • Souvent peu élevés pour les médecins en formation, ces droits d’adhésion augmentent dès que vous passez à la pratique et sont de 150 $ à 1 000 $ par année.

2. Remboursement des dettes

Si vous avez emprunté pour financer vos études en médecine, votre résidence et vos stages, votre dette ne sera probablement jamais aussi élevée qu’à cette étape-ci de votre carrière.

Si cette dette a été en partie ou en totalité contractée sous la forme de prêts étudiants du gouvernement, vous avez peut-être commencé à la rembourser à la fin de vos études à temps plein.

Si vous êtes titulaire d’une marge de crédit pour étudiant, vous vous êtes probablement contenté jusqu’à maintenant de payer les intérêts. Certaines banques permettent de capitaliser ces intérêts, c’est-à-dire que vous n’êtes pas tenu de les rembourser pendant vos études ni pendant une période de 12 à 24 mois suivant la fin de votre résidence ou de vos stages (la « période de grâce »). Si c’est votre cas, n’oubliez pas que les intérêts continuent de s’accumuler sur les sommes que vous devez et qu’ils s’ajoutent au montant que vous devrez rembourser plus tard.

Après la période de grâce, vous devrez commencer à rembourser le principal (le montant initialement emprunté) plus les intérêts mensuels, ce qui peut représenter une somme substantielle.

3. Coûts de constitution en société

Si vous avez l’intention de travailler à votre compte (plutôt que d’accepter un poste salarié), vous déciderez peut-être de vous incorporer, c’est-à-dire de constituer une société. La constitution en société pourrait vous aider à gérer vos revenus, à faire fructifier votre patrimoine et à épargner grâce au report de l’impôt. De nombreux médecins canadiens qui travaillent à leur compte choisissent cette option, mais elle ne convient pas à tous, et certains prennent cette décision plus tard dans leur carrière. Pour savoir si l’incorporation est à votre avantage, lisez ceci.

Si vous constituez une société, vous aurez au départ des frais juridiques et des frais de constitution, et par la suite, des frais récurrents de comptabilité, d’administration et de conformité. Se chiffrant normalement à quelques milliers de dollars la première année, ces frais sont plus élevés pour les médecins aux besoins complexes.

Même si les frais de démarrage sont ponctuels, certains frais administratifs reviendront tous les ans. Vous devrez également prévoir d’autres dépenses, comme les cotisations à votre organisme de réglementation professionnelle et les coûts associés à l’enregistrement de votre société et au registre des procès-verbaux.

4. Assurance invalidité personnelle

De nombreux médecins canadiens exercent à leur compte et n’ont donc pas de congés de maladie payés – d’où l’importance de disposer d’une solution en cas de maladie ou de blessure grave.

L’assurance invalidité a pour objet de remplacer une partie de vos revenus si un accident ou une maladie vous empêchait de travailler. Le coût d’une telle assurance est fondé sur des facteurs personnels comme l’âge, le sexe, le statut de fumeur et l’état de santé général.

L’assurance invalidité est un produit très complexe; il est donc important que la protection achetée corresponde à votre situation et à vos besoins. Renseignez-vous d’abord auprès de votre association médicale provinciale ou territoriale. Lorsque vous passez à la pratique, certaines vous permettent de convertir la protection dont vous bénéficiiez en tant que médecin résident sans subir d’examen médical.

5. Frais juridiques

Les nouveaux médecins doivent prévoir des frais juridiques pour faire examiner les différents contrats qu’ils concluront en début de carrière. Par exemple, avant de signer un contrat d’emploi, il est recommandé de retenir les services d’un notaire ou d’un avocat en droit du travail pour qu’il en évalue les modalités. Il est souvent beaucoup moins coûteux de payer ces honoraires pour vous assurer que le contrat correspond à vos attentes que d’engager des procédures pour le résilier par après.

Selon votre situation, vous devrez peut-être aussi signer des baux, des contrats d’exercice en groupe avec convention de partage des frais ou d’autres ententes. Il est donc prudent de prévoir une réserve pour vos frais juridiques.

6. Impôt sur le revenu

En tant que nouveau médecin, vous toucherez probablement des « revenus d’entreprise », que vous soyez incorporé ou non. Pendant votre résidence, vous touchiez un salaire et l’impôt sur le revenu était prélevé à la source. Toutefois, lorsque vous passerez à la pratique, votre mode de rémunération et la manière dont vous payez l’impôt sur le revenu pourraient changer.

Si vous travaillez à votre compte, vous devrez facturer vos actes médicaux au ministère de la Santé de votre province. Ensuite, vous déduirez vos frais d’exploitation des sommes brutes qui vous seront versées et payerez l’impôt sur le revenu des particuliers sur votre revenu net.

Pendant votre première année en tant que médecin à votre compte, l’Agence du revenu du Canada n’exigera probablement pas que vous payiez des acomptes provisionnels. Sachez cependant que l’impôt à payer sur cette première année (partielle) pourrait être considérable. Prenez donc l’habitude de mettre de côté les sommes requises pour payer des acomptes provisionnels tous les trois mois – il est important d’avoir l’argent nécessaire pour payer l’impôt exigible au moment prévu! Pour bien comprendre tous les détails de votre situation fiscale, consultez un comptable.

Mettre un plan financier en place

Votre conseiller MD* peut être un élément important de l’équipe qui vous guidera au cours de cette étape enthousiasmante de votre carrière. Découvrez comment les conseils financiers de Gestion financière MD peuvent vous aider en ce début de carrière.

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2 Adhésion conjointe : Saskatchewan, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard, Yukon, Territoires du Nord-Ouest. Adhésion non conjointe : Colombie-Britannique, Alberta, Manitoba, Ontario, Nouvelle‑Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador. Aucune AMPT au Québec (les médecins adhèrent directement à l’AMC). Source : Association médicale canadienne.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.